samedi 23 janvier 2021

Mille jours sauvages Cathy Borie

 



 #Millejourssauvages #NetGalleyFrance

Mon avis : 

Un partenariat Netgalley dont j'ai entamé la lecture sur ma tablette et terminé sur ma nouvelle liseuse.

Une belle lecture que celle ci. Ne vous attendez pas à quelque-chose de drôle, non non, on est dans le sombre, dans le désespoir et les renoncements. 

Ce récit post apocalyptique nous offre néanmoins de magnifiques portraits humains. 

Camille tout d'abord, cette jeune femme énigmatique dont Cathy Borie nous livrera l'histoire quand celle-ci se confiera à Jack. Le récit remontera non en dialogue mais en séance de flash back très bien écrits.

Alors avec Camille vous allez ressentir bien des émotions, vous allez les vivre au plus fort de votre intérieur dans la violence des renoncements mais aussi dans celles des premières fois si belles.

Et puis, il y a Jack avec qui par la force des choses, elle va partager cette vie dans ce monde sauvage qui ne correspond plus à rien à celui d'avant.

Le soleil n'est plus là, il n'y a plus d'électricité, plus rien pour communiquer et le froid qui se saisit de tout et la neige qui tombe sans discontinuer. On aurait presque à lire ce récit le sentiment que la crise du p... de covid que l'on traverse n'est finalement pas si grave ... Oui on a tout ce qu'il nous faut, on mange à notre faim, on a l'électricité et les moyens de communication ne sont pas coupés, on peut se réchauffer et se soigner... Les besoins essentiels sont garantis.

Ce livre nous fait nous interroger ainsi sur notre société où le tout informatique prend le pas sur l'humain... 

Dans ce livre, les livres reprennent leur importance de passeurs de savoirs, il ne reste que ça. Et j'ai trouvé cet aspect fort intéressant. Notre dépendance à la technologie peut nous affaiblir.

" Je me suis sentie soudain comme débranchée. Déconnectée.  . Moi, et tous ceux de mon âge, on n'avait jamais vécu sans les portables, les textos, les réseaux sociaux et toutes ces relations à distance où on se parlait, on se filmait, on s'envoyait des images et des symboles. Et là d'en coup, on n'avait plus que notre corps pour franchir les espaces qui nous séparaient les uns et des autres. Ça  parait dingue de dire ça maintenant, et je n'en avais absolument pas conscience sur le moment, mais c'est comme si on devenait infirme, handicapé, diminué, empêché..."

Et puis, il y a Camille et Jack et ce qu'ils vont construire entre eux deux. On va suivre l'évolution de leur relation dans ce contexte très particulier où il est finalement nécessaire de se soutenir.

"Camille quant à elle, ne regrette pas tant l'absence de paroles que le manque total de dialogue, comme s'ils ne faisait pas partie de la même espèce : vivre côté  à côte dans ces conditions lui pèse énormément, et ce vide résonne encore plus dans le vide alentour, écho d'un monde qui s'effondre face à un avenir muet, où rien ne paraît durer, si ce n'est le silence effrayant des paysages infinis, mer et terre confondues, toujours plus vertigineuses, c'est donc elle qui un de ces soirs sombres et glacés où la nuit les contraints à se réunir devant le poêle, bien avant l'heure du coucher, enfouis sous les pulls et les châles, se décide à combler cette distance avec des mots, cherchant dans la visions des flammes dansantes tout le courage qu'il faut pour vaincre sa réserve."

 "Il a traversé des épreuves (il s'agit de Jack) qui lui ont prouvé sa capacité de survie et son autonomie, et soudain, ce soir, il se sent faible, et surtout désarçonné : il n'est plus seulement circonscrit par la surface de sa peau ni par les limites de son corps, mais on dirait que l'aura d'un autre individu, cette espèce de manifestation diffuse et insaisissable, interpénètre son propre espace et qu'il ne peut rien faire pour y échapper. "

Alors oui, ce livre n'est pas marrant du tout, mais il nous interroge sur ce qui est important dans la vie, il nous pousse à nous retrancher dans des zones très obscures. Dans les retranchements de notre humanité.

Alors le titre de ce livre est fort et beau à la fois, je ne sais pas pourquoi j'aurais eu envie de l'appeler "Mille rivages sauvages"...

L'île est la Corse, mais vous n'aurez absolument pas l'impression d'y être, non, c'est à l'opposé de cette île et de surtout de mes ressentis de vacancière estivale de cette île de beauté.

J'ai beaucoup aimé ce livre, il m'a évoqué celui de Sandrine Collette :"Et toujours les forêts" de avec bien des points communs.

Une écriture très belle pour un univers presque totalement désespéré... Je n'hésiterais pas à lire à nouveau cette auteure : Cathy Borie.

Alors vous n'avez peut être pas envie de ressentir toute cette sauvagerie, mais au fond finalement moi ça m'a permis de relativiser. Et puis j'ai dit "presque" totalement désespéré pour la fin de ce livre ,parce que sans parler d'happy end, l'humain reste ici avec sa faculté d'adaptation plus forte que tout.

Et j'ai profondément aimé les personnages et comment ils évoluent lors de ces jours sauvages et Camille est admirablement décrite.

"Pour autant ça n'a rien de facile : il s'agit d'un dépouillement de plus, et il ne lui reste déjà presque rien, elle sait que si ça aussi échoue, elle ne s'en relèvera pas. Ce sera la fin de tout. mais sa personnalité profonde ne peut se résigner à renoncer aux envols, les chutes ne lui apprennent rien, elle ne vit vraiment que dans et pour ces élans majestueux, et ils lui sont interdits depuis trop longtemps..."

Merci à NetGalley et et à Cathy Borie pour cette lecture sous fond de neige en cet hiver froid ! Penser au pire nous fait nous reposer sur du plus doux !  

Belle lecture à vous, portez vous bien et gardez le moral ! 

"Juste une étreinte douce, ferme, comme un mouvement du bateau qui arrive à quai."

 




Découvrir cet auteur sur Babelio.com

mercredi 13 janvier 2021

Oiseaux Jonathan Elphick

 

Cet ouvrage vous invite à la découverte de l’art ornithologique, depuis la Préhistoire jusqu’aux peintures et illustrations de la période contemporaine.

Un merveilleux choix de gravures, d’aquarelles, d’huiles et de lithographies vous révéleront le talent d’artistes tels qu’Audubon, Gould, MacGillivray ou Bauer, qui ont su magnifiquement mettre en valeur les nuances colorées d’un plumage ou l’attitude d’un rapace à l’affût, transformant ainsi un rigoureux travail scientifique en un véritable plaisir esthétique. Source Delachaux Niestlé


 


 


 


 

Mon avis :

Quel plaisir de recevoir ce superbe cadeau de la part de Babelio et sa masse critique graphique de début décembre !

Merci merci. En plus il est arrivé juste pour les vacances de Noël et ainsi j'ai pris plaisir à le lire, le feuilleter y retourner l'admirer, l'avoir là à portée de main et de vue.

Un livre objet, un beau livre, avec un superbe format mettant en valeur les représentations de tous ces artistes. 

Véritable anthologie de l'art ornithologique on traverse le temps sur 4 périodes  :

- Les vieux maîtres et l'âge de l'exploration 1650 - 1800

- Audubon et les premiers lithographes : 1800-1850

- L'âge d'or de la Lithographie : 1850 - 1890 

- Une période de transition : de 1890 à nos jours

ICI un extrait à télécharger sur le site de l'Editeur 

Le texte qui accompagne toutes ces images est très riche de divers renseignements qui vont de la vie des peintres dans la pratique de leur art mais aussi dans leur vie d'artiste et aussi dans l'histoire de façon générale. On a l'histoire de l'ornithologie aussi à travers ce livre et parfois là on rentre dans un domaine scientifique qui est un peu plus compliqué à appréhender (pour moi du moins).

Riche et très bien documenté on nous parle de l'évolution des techniques artistiques qui sont très bien décrites et celles des techniques d'observations également. Les premières représentations se faisaient à partir d'oiseaux morts conservés par différents procédés ne permettant pas d'avoir une bonne représentation.  

Ce livre est si riche que je ne l'ai pas encore fini, oui j'avoue, mais ce genre de livre se déguste en plus d'un mois (j'ai lu les deux premières périodes à ce jour).

Si je dois émettre un petit bémol,  je dirais que je trouve que le texte aurait mérité qu'il y ait des renvois aux images des artistes cités dans le corps du texte, pour plus entrecroiser texte et image. Mais néanmoins, tous les dessins sont parfaitement légendés et sont un régal pour les yeux.

Oui assurément ce magnifique livre a su satisfaire ma curiosité et mon plaisir des yeux et il va rester à disposition dans mon salon étant à lui seul un beau tableau d'oiseaux.




Encore merci à Babelio et aux éditions Delachaux et Niestlé 

pour ce très beau livre riche d'enseignements et d'art ornithologique  ! 

Un très beau livre à offrir ou s'offrir pour les amoureux des oiseaux, 

de l'art en général et de l'ornithologie en particulier.





tous les livres sur Babelio.com

samedi 9 janvier 2021

Bilan de mon année 2020 en lecture et en partage ! Première partie en 12 questions

Voici mon bilan lecture de cette année 

2020 bien particulière !

J'ai autant lu qu'en 2019 et je compte 28 livres dont deux BD à mon actif. 

Fait nouveau : Mes lectures numériques sont plus importantes qu'avant avec notamment les partenariats sur NetGalley et mes emprunts à la Médiathèque numérique de la Loire.

Néanmoins je lis toujours des livres en version papier et je remercie encore le site Babelio qui m'en procure de nombreux. 

D'ailleurs il y a égalité entre version numérique et version papier : 14 à 14 ! 

Cette tendance va-t-elle bousculer vers le numérique avec ma liseuse en cadeau pour Noël ? Pas obligée, car je reste profondément amoureuse de l'objet livre avec ses couvertures, son papier, ses marques page que l'on insère à l'intérieur et ma bibliothèque qui conserve les livres comme des amis et que je peux prêter amicalement.


Comme l'année dernière je vais vous parler de presque toutes mes lectures (24 questions et 28 livres) par le biais d'un questionnaire que j'ai trouvé sympa (et qui est sensiblement le même qu'en 2019). Mon bilan 2019 ICI

1-  Ma première lecture de l'année 


La part des flammes de Gaëlle Nohant 

Ce livre m'a transporté dans cette époque, 

il est criant de vérité et profond. 

Merci Mme Nohant de m'offrir vos belles histoires, 
oui merci ♥ Pour cette première lecture de 2020 très forte,
 qui porte haut la part des femmes.

Et merci pour cette belle Didicace ♥

2- Le livre que j'attendais à tout prix



Il s'agit de "Oh happy Day" de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

voilà ce que j'en ai dit sur l'article que vous pouvez lire ICI

"J'ai lu néanmoins avec plaisir ce livre, mais je l'ai beaucoup moins aimé que le premier ( "Et je danse aussi" ), qui avait beaucoup plus de fraîcheur et d'humour. Émotions des premières rencontres sans doute..." 

3 -Un auteur découvert cette année 2020

Jon Kalman Stefansson

et quelle découverte ♥♥♥♥


J'adore ! J'en redemande encore et encore cet homme là 
et terriblement poétique, excitant, mélancolique, et amoureux des femmes !
Un coup de foudre pour moi et je ne demande qu'à le découvrir encore !





4 - Un livre lu sur les conseils de mon libraire

Alors ça va peut être vous étonner mais si je vais en librairie, je ne demande pas conseil auprès des libraires ... 

Et oui, étant sur la blogosphère littéraire et sur Babelio, les conseils que je peux suivre sont donnés par les lecteurs eux-mêmes par mes amis et ma famille ! 
 
Ainsi je sais ce que j'ai envie de lire avant d'arriver en librairie.

5 - Un livre dont l'écriture m'a ébloui 

Voir ma réponse en question 3 et c'est "Lumière d'été puis vient la nuit " qui arrive en tête des étoiles mis dans mes yeux avec cette lecture.
" Le clair de lune est blanc et parfois transparent, il fait naître des pensées, des sentiments que nous peinons à maîtriser, certains tirent les doubles rideaux pour ne pas perdre la raison, à d'autres, il pousse des ailes. Aucun mot ne pleuvait du nuage qui se desséchait peu à peu au sommet de la feuille, le soleil entrait par la fenêtre, l'encre pâlissait, ce qu'est la vie d'un homme."

6 - Un livre décevant, le flop ! Et même les Flops pas glop !

Quelques déceptions cette année et quand même deux flops 

Deux partenariats un version papier de Babelio et un version numérique de NetGalley.

Nuuk de Mo Malo voir ICI POURQUOI

et "Le serveur" VOIR ICI PARCE QUE  !!!



7 - La plus belle couverture 



Celle de "Patagonie route 203" ! Dommage qu'elle soit en numérique car je l'aime beaucoup cette route toute droite qui tutoie le ciel de Patagonie ! Et d'ailleurs c'est aussi une lecture qui m'a enchantée. 

En version papier j'ai le très beau livre des éditions Actes Sud " L'intimité " d'Alice Ferney Merci Babelio ♥


8 - Le livre que je n'aurais pas lu si 

Si je n'avais pas participé au Mois de Emmanuel Chastellière chez les cops de Book en stock et bien je n'aurais pas lu l'excellent recueil de nouvelles " Célestopol " ! Les filles me permettent d'oser dans des univers où je ne vais pas spontanément ... A tord d'ailleurs car je suis souvent conquise !

le blog de mes vieilles amies copinautes  : j'ai nommé Dup et Phooka !"


9 - Le plus gros livre de l'année, le pavé !
Il y a eu quelques pavés cette année et j'ai participé au challenge 2020 sur la lecture des pavés chez Babelio

4 pavés lus de plus de 500 pages ! Voir sur le tableau de suivi ICI 

Le plus gros pavé c'est mon amie Cath' qui me l'a prêté il a 624 pages ! Une lecture que j'ai appréciée !


10 - Le meilleur personnage de l'année 

Corentin le personnage principal du roman de Sandrine Collette dans "Et toujours les forêts" 

" J'ai aimé grandir et me battre
au côté de cet homme qui n'a pas beaucoup reçu
mais qui a donné beaucoup
et qui a tenu bon, coûte que coûte pour faire perdurer la vie.

Ce livre m'a fait pleuré, autant vous prévenir.

Mais ce livre je l'ai beaucoup apprécié,
un des meilleurs que j'ai lu de Sandrine Collette. "



11 - Le prix littéraire lu cette année 



12 - Le livre le plus dépaysant 
Il y a eu Patagonie route 203 dont j'ai vanté également la couverture et ce voyage en Patagonie, mais pour vous parler d'un autre livre  "De pierre et d'os " de Bérengère Cournut  où nous sommes immergés dans la culture des Inuits.



vendredi 1 janvier 2021

Belle et heureuse année 2021 à vous tous !

 


Belle et heureuse année 2021 à vous !

La santé, celle qui est le centre de tout 

mais également je vous souhaite 

des millions de bonheurs de découvertes, d'échanges,

 d'amitié et d'amour !

J'espère sincèrement que cette année se rouvre à tous les plaisirs mis en sourdine ! 

Partages, échanges, solidarité et paix !

Que cette année 2021 nous réserve du bon, du doux,

des rêves et des scintillements !

 Que nous sachions l'enrichir de toutes les étoiles possibles ♥

Je vous embrasse sous le gui !


Je voulais ici même sur mon blog en profiter pour remercier toutes les personnes qui me lisent et me font lire ! A ceux qui me font rêver et qui m'enrichissent de leurs découvertes !

MILLE MERCIS les amis de la blogosphère !

A tous les blogueurs et blogueuses que j'aime suivre et que je continuerais à suivre pour 2021 et au delà ! 

A ceux qui me lisent tout simplement aussi ;-) 


Merci particulièrement à BABELIO et sa fabuleuse équipe 

qui est une formidable plateforme de lecture 

et qui m'a toujours fait faire de merveilleuses découvertes 

et gâtée avec les superbes Masses Critiques !


Cette année 2020, il y a eu aussi NetGalley  fort pourvoyeur 

de lecture en cette année 2020 !


et dernièrement La Médiathèque Numérique de la Loire qui m'a offert des E books que je pourrais lire désormais avec ma liseuse que j'ai trouvé sous le sapin le jour de Noël cadeau de mon chéri ♥



Et puis cette année 2020 je me suis amusée avec mes amies 

Dup et Wal avec nos défis dessins ! 

J'espère que l'on poursuivra 

ces sympathiques, enrichissants et très amusants échanges ;-) 

pour 2021 !

J'ai déjà des tas d'idées de thèmes les filles,

et tous les crayons nécessaires 

dans une belle trousse 

merci grande Sœur ♥ 

(vive les posca ! hihihihi)


En avant 2021 !!!!! 

mercredi 16 décembre 2020

Ásta Stefansson Jón Kalman

 


Ásta

Livre numérique

Stefánsson, Jón Kalman. Auteur

Edité par Grasset - 2018

Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant –à une lettre près –amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence  : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur. Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques et les pays pour nous raconter l’urgence autant que l’impossibilité d’aimer. À travers l’histoire de Sigvaldi et d’Helga puis, une génération plus tard, celle d’Ásta et de Jósef, il nous offre un superbe roman, lyrique et charnel, sur des sentiments plus grands que nous, et des vies qui s’enlisent malgré notre inlassable quête du bonheur.



Mon avis :


Deuxième lecture pour cet auteur qui m'agrippe à chaque fois ! J'ai retrouvé cette trame déstabilisante, qui semble être la marque de fabrique de Jon Kalman Stefansson. 


Une lecture addictive comme de ces rencontres que l'on espère vivement, que l'on vit intensément et que l'on garde longtemps en tête dans ses souvenirs et que l'on prend plaisir à se remémorer ...


Il faut lâcher prise avec ce livre qui peut paraitre parfois un peu exigeant, il ne se donne pas facilement . On passe d'époque en époque, on glisse d'un personnage à un autre dans les souvenirs de Sigvaldi qui victime d'un accident d'échelle vit sans doute ses dernières heures ...


On jongle entre passé, présent et futur tout ce qui construit les âmes et les corps des gens.


Astà est la fille de Sigvaldi et Helga et l'auteur va décrire dans son livre l'histoire entre ces deux là mais aussi les histoires d'amour d'Astà.


Astà c'est la fougue, c'est la beauté à l'état brut, c'est aussi la commissure de ses lèvres qui en ferra fondre plus d'un. 


Car Astà va se définir par tous les hommes qui traverseront sa vie. Femme avant d'être mère, elle avancera dans la vie en trébuchant souvent mais en allant haut également... Les hommes papillonnent autour de cette étoile et s'y brûlent souvent. 


Dans ce livre j'ai senti comme une inversion des responsabilités qui se distribuent entre hommes et femmes. Comme si l'auteur voulait nous montrer que les hommes et les femmes pouvaient assumer ou du moins essayer d'assumer des rôles différents que ceux prédéfinis dans notre société.


L'écriture de Jon Kalman Stefansson est lyrique et charnelle. On a de la poésie et du sexe aussi et tout ça se mélange avec une belle fantaisie lubrique. Je trouve ça bien délicieux.


" Elle sait que je ne vais pas bien. Je fais évidemment de mon mieux pour dissimuler... Ma tristesse en sa présence comme devant n'importe qui. Pour tromper mon monde, je m'habille avec élégance chaque fois que je sors pour que personne ne remarque ton absence au fond de mes yeux."


Et l'amour la liberté sont au centre de tout. Ce livre porte bien son nom car Astà c'est l'amour à une lettre près.


"Pourtant je recommencerais si c'était à refaire. Est-ce si affreux ? Je ne renoncerais à aucun de nos baisers. Je ne retirerais aucun mot de ceux que j'ai prononcés. Je sais que je fais là insulte à Dieu et aux hommes, je dois être une pêcheresse impénitente, mais je voudrais revivre tous les instants que nous avons vécus ensemble. Je voudrais les revivre à nouveau. Encore et encore." 


De beaux portraits se dégagent de ce livre aussi bien féminins que masculins, ainsi que de magnifiques rencontres. 


Mon seul petit regret est de ne pas en avoir su assez sur l'amour qui a rapproché puis éloigné Astà et Josef... Oui, monsieur l'écrivain, j'aurais vraiment aimé lire vos mots sur ces deux là !


Je suis sûre que votre texte aurait été beau sauvage et poétique et que je l'aurais aimé. En attendant, c'est ici le lecteur qui doit composer au gré des pages et aux travers des souvenirs subjectifs des deux protagonistes les lignes délicieuses de cet amour.


J'ai lu ce livre en temps et en heure avec le prêt sur la médiathèque numérique de la Loire mais j'ai aussi prolongé ce prêt pour revenir sur les nombreux marque pages envahissant mon livre numérique.


Un réel plaisir de lecture comme un coup de foudre 

qui vous déstabilise

 mais vous fait allez plus loin, plus haut !


Merci Monsieur Stefansson,

 je vous retrouve très vite dans vos mots si délicieux 

car il me reste encore d'autres livres à découvrir, j'en suis ravie ♥

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dimanche 29 novembre 2020

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon Jean-Paul Dubois

 



Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit. Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman. Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice. Edité par Editions de l'Olivier - 2019

Mon avis :

Cette lecture je l'ai faite grâce à la MEDIATHEQUE NUMERIQUE DE LA LOIRE qui permet à tous les ligériens de s'y inscrire gratuitement et de lire avec le même principe qu'une bibliothèque mais en version numérique des tas et des tas de livres !

Alors bien sur, je n'ai pas résisté à la tentation d'emprunter numériquement des livres (que je n'ai pas encore dans ma PAL pourtant très très grande...) 

Je ne suis pas arrivée à être raisonnable, mais faut-il l'être vraiment par ces temps de restriction en tout genre et de stress "covidienprotocolaireattestation..." ???? 

Un peu de culture, de détente et d'évasion ne font pas de mal ! 

Il y avait longtemps que je voulais découvrir la plume de Jean-Paul Dubois, dont j'ai entendu le plus grand bien par des blogueurs que je suis et dont les goûts sont assez proches des miens (Jérôme, Violette, Keisha et bien d'autre) et bien sur les Babeliens dont on dénombre pas moins de 2000 lecteurs sur le site et 464 chroniques pour ce livre !

Prix Goncourt 2019 il n'en fallait pas plus pour que je me lance, à la faveur de l'offre de la médiathèque et de ce mois de novembre 2020 qui n'en finit pas d'être privé de biens des plaisirs.

Je me lance dans cette lecture et en guise d'évasion voilà que je me suis retrouvée en prison avec Paul Hansen ! Et bien bravo pour l'évasion oki la prison est au Canada alors ça compense. 

Oui, Paul écoule sa peine au pénitencier de Montréal et son meilleur moyen d'évasion c'est de repenser à sa vie et plus particulièrement à trois personnes ayant compté dans sa destinée : son père le pasteur Johanes Hansen, sa femme Winona et sa chienne Nouk.

Les premières années, j'avais eu énormément de difficulté à accepter l'idée de devoir vivre avec mes morts. (...) Pour Winona, le trouble se dissipa très vite tant elle m'avait préparé à la légende de cet infra-monde algonquin à l'intérieur duquel se côtoyaient les vivants et les morts. Elle disait souvent qu'il n'y avait rien de plus normal que d'accepter ce dialogue avec les défunts qui vivaient désormais dans un autre univers. " nos ancêtres poursuivent une autre existence. Et si on les enterre avec tous leurs objets c'est pour qu'ils puissent, ailleurs, poursuivre une autre existence. E " J'aimais bien la fragile logique de ce monde bricolé d'espérance et d'amour.

On sent chez lui de multiples fêlures et ainsi ne pas savoir vraiment dès le départ pourquoi il purgeait une peine de 2 ans d'emprisonnement n'a pas été capital pour moi. Même si on le comprendra dans l'histoire rassurez vous.

J'ai eu pour ma part tout de suite confiance en cet homme, en me disant qu'il avait dérivé sans le faire exprès. 

En fait Paul Hansen a attiré ma sympathie et j'étais intimement persuadée que c'était un homme bon et loyal, un homme avec ses failles et ses doutes.

Il y a donc toute une partie hors de la prison mais il y a aussi la vie dans la prison avec l'inénarrable Patrick Hobson, son colocataire de cellule à la prison.

Si le récit aurait pu être limite plombant (la vie d'adulte de Paul n'est pas super excitante..., Jean-Paul Dubois en invitant le personnage de Patrick Hobson, vivant 24 h sur 24  avec Paul  va distiller une bonne dose d'humour et de dérision dans son récit.

Lorsque l'embarras de soi et le poids du temps deviennent un fardeau trop lourd, il suffit de renoncer et de s'abandonner au rythme lent et têtu de l'horloge de la prison.

J'ai adoré et j'ai eu le sourire aux lèvres bien des fois. Patrick Horton porte un regard sur le monde pas piqué des vers ! 

T’as vu le curé ? Putain, je le sens pas. Il a une tête à clouer les pattes des chats.

Je crois que c'est la marque de fabrique de l'auteur et bien je suis heureuse de savoir que pleins d'autres livres de lui m'attendent ! 

La vie de Paul est déployée de sa naissance en février 1955 à sa sortie de prison et j'ai aimé connaître sa vie et celles de ses parents. Ses racines profondes vont le construire et le conduire de la France au Canada avec un retour au Danemark pays originaire de son père, bouclant la boucle. Tout son travail de superintendant à l'Excelsior et ses rencontres en tant qu'homme.

Une très bonne lecture que j'ai appréciée pour sa finesse d'esprit, son humour et sa nostalgie. Par sa peinture de l'univers carcéral par l'intermédiaire de Patrick Horton, ce compagnon de cellule qui m'a très souvent fait beaucoup rire et qui sans le savoir a été pour Paul un compagnon de cellule incroyable !

Je vous invite à faire la connaissance de tous les personnages qui jalonnent la vie de Paul. Je ne veux pas tout vous raconter ce n'est pas le but de ce billet 

Je vous laisse ce plaisir de lecture !

Quant à moi je lirais Jean-Paul Dubois avec plaisir.

Portez-vous bien !


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