lundi 19 août 2019

Recettes d'Amour et de meurtre. Une enquête de Tannie Maria de Sally Andrew


Recettes d’amour et de meurtre
1 homme trapu qui maltraite son épouse, 
1 petite épouse bien tendre, 
1 dure à cuire de taille moyenne qui en pince pour l'épouse, 
1 fusil de chasse, 
1 petite ville du Karoo marinée en secret, 
3 bouteilles de brandy Klipdrift, 
1 poignée de piments, 
1 jardinier inoffensif, 
1 new-yorkaise chaude comme la braise, 
7 adventistes du septième jour (parés pour la fin du monde), 
1 détective amatrice avec un cœur d'artichaut, 
2 policiers pleins de sang-froid, 
1 poignée de fausses pistes et de suspects bien mélangés, 
1 pincée d'envie.
Jetez tous les ingrédients dans une grande casserole et laissez lentement mijoter pendant quelques années. SOURCE J'AI LU

Mon avis :



Ce livre est un cadeau de ma future ex-collègue Elsa ♥. Merci Elsa pour ce cadeau et sa housse de transport faite maison . Tu vas me manquer. 




Oui, oui, vous noterez qu'il y a un peu de nouveau dans ma vie professionnelle, oh pas grand chose ou si peu, pas de promotion, pas de changement pour un travail qui me conviendrait davantage mais le même travail dans un collège de la ville où j'habite désormais. Je quitte définitivement Saint-Etienne et surtout je n'aurais plus les trajets quotidiens en train à faire. Mais peut être cela va-t-il se sentir sur mes lectures ... Car je pense aller en vélo au boulot, ce qui sera du coup moins pratique pour lire ;-). Nouveau bureau au premier septembre 2019.

Voilà que j'étale une partie de ma vie, ici mais revenons à ce livre dont la recette m'a bien plu. 


Sur le coup, ma dégustation fût un peu surprise par nombre de termes afrikaans et sud africains et d'ailleurs comme il n'y avait pas de petit numéro de renvoi, ni de note de bas de page, j'ai bien cru devoir comprendre sans aide... Mais, en feuilletant le livre, j'ai trouvé le glossaire de Tannie Maria en page 527 et celui-ci m'a bien aidé. Pour certains termes également, je me suis surprise à pouvoir en saisir le sens sans aller voir le glossaire. 


Mais, faisant fi de mes craintes et faisant confiance aux goût de ma collègue Elsa, je me plongeais dans l'histoire à côté de Tannie Maria. Sachez que le terme Tannie, signifie "Tante", il est une marque de respect utilisée par les Afrikaners pour saluer une femme du même âge ou plus âgée.


Tannie Maria est préposée à la rubrique "Cuisine " d'un journal local mais hélas cette rubrique ne fait plus recette (rhô le jeu de mots) et la direction souhaite la supprimer au profit d'une rubrique courrier du cœur. 


C'est Hattie, la responsable locale du journal et amie de Tannie Maria qui vient lui annoncer la mauvaise nouvelle en début du livre.


Pour Tannie Maria c'est une grosse claque, cette rubrique elle l'aime comme elle aime cuisiner et dans sa vie c'est un peu la seule chose qui lui reste... 


Alors, ni une ni deux, Hattie et Tannie vont détourner la nouvelle rubrique ou du moins l'intégrer à ce que Tannie Maria sait le mieux faire : cuisiner !  


La nouvelle rubrique "Les recettes et conseils de tannie Maria " est lancée ! Très vite les lettres vont arriver au journal. 


L'équipe du journal est à 100 % féminine, car on rajoute à celle-ci, la journaliste,  la jeune et bouillonnante Jessie Mostert.


A partir de là, les choses vont prendre une tournure non prévue, en effet une femme ayant écrit au journal pour recevoir des conseils est peu de temps retrouvée assassinée ! 


J'ai beaucoup aimé ce livre qui prends le parti pris d'une enquête un peu particulière car menée en parallèle de celle de la police par l'équipe de la Gazette.


Cette enquête est menée par Tannie Maria qui se sent responsable de ce meurtre et Jessie la jeune journaliste, qui elle, a à cœur de découvrir la vérité et de pouvoir enfin faire du journalisme d'investigation. 


Le personnage de Tannie Maria est une femme agréable, douce. Sa vie n'a pas été facile, un passé avec un mari violent qui l'a rendu fragile et esseulée (celui ci est mort). C'est surtout une cuisinière excellente.



"Parfois, le silence m'effraie parce que je me sens seule. Mais ce jour là, c'était un plaisir à entendre. j'en avait pris plein les oreilles ses derniers jours et j'avais soif de tranquillité. Je sirotais le calme en même temps que mon jus de pastèque."

La galerie de personnage présente dans la recette en quatrième de couverture est bien trouvée et on les découvre avec plaisir. 

On extrapole, on cherche, mais qui a bien pu tuer Martine ? (la femme de l'appel à l'aide du début)... Tous passent au crible ! De son mari à son amie, de son premier amour à son cousin, on piétine on nage dans la semoule ... 


La police avec principalement Henk Kannemeyer est à la peine, l'équipe de Tannie et de Jessie prends bien des risques pour faire la lumière sur cette affaire.


Les ingrédients de cette Recettes d'Amour et de meurtre m'ont emballés, c'est pimenté à souhait, relevé aux épices nombreuses des recettes de Tannie Maria que j'adorerais avoir le plaisir de déguster et que l'on découvre en fin de livre.


L'Afrique du Sud est en toile de fond, sa faune, sa fleur et aussi une place pour Nelson Mandela.



" Le lendemain matin, mon téléphone a sonné. C'était Hattie. - Tu es au courant ? Nelson Mandela est mort cette nuit. Après avoir raccroché, je me suis préparée une tasse de café, j'ai pris deux biscottes et je me suis assise dehors dur le stoep. Avant que j'ai pu porter le café à mes lèvres, mes larmes ont commencé à couleur. Mandela avait beau avoir 95 ans et être malade depuis un certain temps, cette nouvelle était un choc. J'ai regardé le veld marron et les gwarries ridés et les montagnes au loin. Avec mes larmes on aurait dit que la pluie tombait, mais le ciel était dégagé à perte de vue. Je savais que partout dans le pays, on pleurait avec moi la mort de Tata Mandela."

Pour le petit clin d’œil, un des personnages secondaires et même "tertiaires" se prénomme Didi ! 






Un personnage principal attachant en la personne de Tannie Maria.

Une place importante pour la cuisine qui résout bien des problèmes.

Du suspens, du romantisme  et de l'Amour, 
les ingrédients d'une très bonne recette pour moi.

D'ailleurs je ne manquerais pas de poursuivre ma découverte 
car un deuxième tome est disponible !


tous les livres sur Babelio.com

De nouvelles recettes à découvrir,
 moi je dis que j'en reprendrais bien une tranche, 
des merveilleuses biscottes de Tannie Maria !

A déguster sans modération !

Merci Elsa ! 


" En remontant dans ma voiture, je me suis demandé ce que je ferais en cas de fin du monde. Comme je ne crois pas en Dieu, ni en l'Eglise ni à quoi que ce soit, je ne perdrais sans doute pas mon temps à prier ni à monter au ciel. Je pense que je mitonnerais un bon repas. Mais quoi exactement ? Et qui j'inviterais à ma table ? "

Une recette pas facile à faire avec beaucoup d'épices ! 
Attention si vous triez du piment à mains nues ça va chauffer !!!! 

Une recette pour les gourmandises de Syl. 

Il y en a d'autres toutes aussi étonnantes et succulentes sans doute, 
des spécialités d'Afrique du Sud !

Ce livre de 542 pages, compte pour ma participation au challenge Pavé chez BABELIO ! 


J'avance vers le grade de souris :-) 







jeudi 15 août 2019

15 août 2019 : Le retable des sept joies de la Vierge



@Didi 14 août 2019 

Nous voilà déjà mi-août et en ce jour de l'Assomption je voulais partager avec vous la découverte de ce très beau retable dans L'église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou au Monastère Royal de Brou à Bourg en Bresse.  


L'autel de la chapelle de Marguerite d'Autriche, dédiée à la Vierge Marie, est surmonté du monumental retable des Sept Joies de la Vierge, d'une hauteur totale 5,50 environ et d'une longueur de 3,25 m, célèbre pour la richesse et la beauté de son décor sculpté. Pour sa réalisation, on a utilisé un albâtre veiné de gris et une pierre noire. il a également été sculpté par l'atelier brabançon travaillant à Brou.L'Annonciation et la Visitation sont représentés dans le registre inférieur. Au centre figure l'Assomption encadrée de la Nativité, l'Adoration des mages, l'Apparition du Christ à la Vierge et de la Pentecôte dans les compartiments latéraux. Au couronnement figurent sainte Marguerite, la Vierge à l'Enfant et sainte Marie Madeleine. Marguerite d'Autriche s'est fait représenter sur le retable en prière face à Saint Thomas.. Elle est vêtue du costume de veuve qu'elle porte depuis la mort de Philibert de Savoie en 1504. Source Wikipédia



L'Assomption @Didi 14 août 2019

Mes photos ne rendent hélas pas la délicatesse de ses sculptures. Un travail d'orfèvre ! Je suis restée en admiration devant ce chef d'oeuvre ♥ et vous invite à visiter ce très bel endroit.

LE RETABLE DES 7 JOIES DE LA VIERGE Réalisé en albâtre de Saint-Lothain (Jura), ce retable monumental étonne par la virtuosité de ses détails. On peut ainsi admirer les pompons du lit à baldaquin dans l’Annonciation (compartiment inférieur gauche), les murailles d’une ville imaginaire ainsi que les drapés élégants et le rendu parfait des gestes d’Elisabeth et de la Vierge (compartiment inférieur droit). Au-dessus, l’Adoration des bergers mais surtout celle des mages (compartiment central droit) évoquent des tableaux flamands contemporains, dans une recherche de réalisme impressionnante, comme si le sculpteur avait cherché à rendre de la façon la plus réelle possible des instants de vie ou d’éternité. L’Apparition du Christ ressuscité et la Pentecôte encadrent une haute niche centrale consacrée à l’Assomption de la Vierge présentée en apothéose entourée d’un envol d’anges. La sculpture monumentale qui couronne ce retable est uniquement féminine avec à gauche sainte Marguerite, au centre la Vierge, à droite Marie Madeleine. Les études récentes de l’iconographie et du style ont souligné deux courants artistiques: - des sculpteurs sans doute formés dans le Brabant (notamment à Bruxelles) ont d’abord travaillé sous la direction de Loys Van Boghem. On sait qu’en 1522 une grande partie des sculptures est achevée, en particulier les figures principales placées au premier plan des scènes, mais que le cadre architectural n’est pas réalisé. - à partir de 1526, moment où Conrad Meit passe contrat avec Marguerite pour les tombeaux, de nouveaux sculpteurs apparaissent. A cette étape postérieure de réalisation appartiennent plusieurs éléments du décor architectural (volumineuse architecture à l’antique dans la nativité par exemple), des statues plus maniéristes (petit cavalier qui franchit une porte en ruine dans l’adoration des mages), des putti à l’italienne (présents entre autres dans la Nativité). Dans ce retable, comme dans le vitrail, Marguerite a choisi de se faire représenter : petite figure féminine agenouillée à la place d’honneur à côté du tombeau vide de la Vierge (Cette sculpture a probablement été réalisée à partir du «modèle» du portrait officiel de Marguerite réalisé par Barend Van Orley vers 1518 et du buste de Conrad Meit). En levant les yeux, on peut également apercevoir les seules clefs de voûte polychromes du bâtiment. Cette chapelle se prolonge par un oratoire, copie conforme de celui situé au premier niveau. SOURCE 

@Didi 14 août 2019




vendredi 9 août 2019

D'acier de Silvia Avallone


Il y a la Méditerranée, la lumière, l’île d’Elbe au loin. Mais ce n’est pas un lieu de vacances. C’est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l’aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant… Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d’évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s’emparer de l’avenir. Source LIANA LEVI
Mon avis :


Livre emprunté lors du dernier comité de lecture du samedi 6 juillet 2019 de la bibliothèque où travaille mon amie Wal. Ma meilleure amie qui m'a fait une trouille bleue le jour de mon départ pour les vacances... Mon amie, tu vas mieux et j'en suis très heureuse ♥  

Cette lecture, je l'ai faite au gîte près de Nantes dans le beau jardin sous de grands chênes centenaires. 

"D'acier" c'est avant tout l'histoire d'une amitié entre deux jeunes filles de 14 ans : Anna et Francesca.

Silvia Avallone dresse ici un tableau plombant de cette ville en bord de mer au passé et au présent très industriels mais à l'avenir compromis... 

"Plombant" c'est bien le terme qui me vient à l'esprit quand je pense à ces vies écrasées par le travail harassant à l'usine d'acier, phagocytant cette cité de bord de mer, la rendant différente et bien loin des images de cartes postales de villes italiennes méditerranéennes. 

Piombino une ville usine où coule l'acier. L'envers du décor est si triste.

L'écriture de Silvia Avallone est une écriture de sensations, charnelle. Une écriture touchante, tranchante, sans concessions sur la situation économique et sociale. 

Anna et Fransesca nous permettent de nous infiltrer dans le quotidien des habitants de Piombino et celui-ci est loin d'être reluisant. 

Même la vie de ces deux jeunes filles au moment de tout les possibles semblent sans grand espoir... Seule leur relation fusionnelle semble les préserver de la dureté extérieure. Un vrai cocon d'amitié et peut être même d'amour, se tisse à l'heure des choix de vie... 

Les familles de l'une et l'autre sont bancales, les pères absents et ou violents. Attachés et même enchaînés à l'usine ou au contraire en rébellion à la recherche d'espoir. 

Les corps sont mis en avant, les corps de ces deux adolescentes qui changent, qui grandissent, s'épanouissent en même temps que leurs rêves, leurs vies.
"Elle leva la tête, s'arrêta pour regarder Anna, sa meilleure amie, au milieu d'un nuage de queues et de pattes. Elle devait le dire maintenant, se décider. Une quinzaine de chats se frottaient contre ses jambes et Anna les laissait faire, se penchait sur eux, les retournait pour les caresser sur le ventre, là où le poil est rare et rose.Francesca restait là, en effervescence . Sentait couler sous sa peau quelque chose de fluide chaud, vibrant, qui irradiait en elle et lui faisait peur. Anna approchait son nez du museau humide des chats et Francesca remarquait combien elle avait changé. Comme une douceur liquide dans ses gestes, dans ses yeux. Elle est devenue féminine. La voix plus rauque, un ton plus bas, en ce moment où elle parlait, sans que Francesca comprenne les mots. Et au fond de son corps anguleux et muet, quelque chose se dénouait."

Leur relation très charnelle ne prend pas la même trajectoire chez l'une et l'autre et le cocon se déchire... Dans la violence des sentiments adolescents. 

" Anna se pencha sur le visage de son amie, pose à peine sa bouche sur la sienne. C'était beau de sentir son souffle chaud mêlé au sien, ce voile de salive humide sur ses lèvres. Et rien ni personne ne pouvait changer cela. Francesca ferma les yeux. "On ne peut pas", dit Anna sans s'éloigner, "ce n'est pas bien". Francesca rouvrit d'un seul coup ses yeux d'un vert plus sombre. "Pourquoi ?" "On n'est plus des enfants. Si on s'embrasse, ça n'est plus comme à l'école primaire, ça ne peut plus dire pareil". Elle hésita un instant. "Il m'arrive des choses... qui ne devraient pas m'arriver avec toi".
"Mais moi, ces choses là, elles ne m'arrivent qu'avec toi !"

Il y a aussi dans ce livre le portrait des amitiés masculines avec Alessio le frère (presque père) d'Anna, Mattéo le petit ami d'Anna et Cristiano l'ami d'Alessio

Silvia Avalonne dresse un portrait édifiant et moderne de cette jeunesse sacrifiée. 

Alessio le frère d'Anna est l'une des figures phares de cette histoire. L'homme de la maison remplaçant ce père fuyant et absent. J'ai été subjuguée par sa beauté, sa fougue, sa fierté.

"Toi et moi (Alessio parlant à son père) on n'est pas pareil, dit Alessio en détachant bien les mots. Te fatigue pas. Ça me plaît de me faire enculer, de verser de l'acier dans les poches de coulée et de jouer le rôle du plus con de la terre. Ce qui me plaît pas, à moi, c'est d'enculer les autres".

L'auteure a su me captiver, me plaquer sur le sol brûlant de cette ville. Son écriture et ses personnages m'ont fascinés et éblouis.

Comme un soleil rasant cognant très fort, l'auteure a réussi à m'éblouir, me faire suffoquer, et cligner des yeux pour verser quelques larmes "a-mer". Car oui, la vie n'est pas toujours à l'image d'un été au bord de mer.

Une excellente lecture vous l'aurez deviné !

Une lecture brûlante aux sentiments entiers de l'adolescence en fusion.

Une image de carte postale brûlée à l'acier coulant dans les hauts-fourneaux. 

Une chronique sociale et économique d'une Italie qui se délite, 
prenant en étau une jeunesse bouillonnante. 

Chers amis lecteurs, maintenant que nous voilà habitués aux canicules, 
laissez-vous brûler à l'acier de cette histoire 
en espérant ne pas vous faire éblouir par quelques mirages...

Lecture juillet 2019

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mardi 6 août 2019

Divin Vinci Léonard de Vinci L'Ange incarné de Daniel Salvatore Schiffer


2019 marque le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, génie universel, modèle par excellence de cet âge d’or que fut la Renaissance.
 Un anniversaire en majesté ! Mais aussi un hommage original et inédit. Car si, comme l’a dit Oscar Wilde, le dandy fait de sa personne une oeuvre d’art vivante, alors Léonard de Vinci en est, tant par son allure que par son esthétique, le plus emblématique des précurseurs, avant même un Lord Brummell, arbitre des élégances, ou un Lord Byron, icône du romantisme. Renouveler en son entier la connaissance que nous avions de Léonard de Vinci, tel est le défi passionnant que relève l’auteur, l’un des meilleurs spécialistes du dandysme. Et en effet, du grand et moderne Léonard, qui inspira jusqu’au « pop art » d’Andy Warhol, c’est cette vie ainsi construite entre l’Italie et la France, depuis sa naissance à Vinci sur les collines de Florence jusqu’à sa mort à Amboise, en passant par Milan et la cour des ducs Sforza, que retrace cet ouvrage unique en son genre. Avec, pour guide, l’analyse de ses principaux tableaux, depuis sa célèbre mais énigmatique Joconde jusqu’à son mystérieux Salvator Mundi, en passant par sa céleste Cène ou son élégiaque quoique sensuel Saint Jean-Baptiste. La vie de Léonard de Vinci illustrée à travers son oeuvre, et inversement : tel est l’objet de ce livre, aussi érudit qu’attrayant, conçu sous forme de triptyque biographique, philosophique et artistique. Ce Divin Vinci se conclut par un « manifeste prismatique », où l’auteur en appelle, conformément au prisme de l’intelligence léonardesque, à un nouvel « humanisme esthétique ». ______ Daniel Salvatore Schiffer est agrégé de philosophie. Humaniste, Italien de naissance mais de culture française, vivant entre Milan et Paris, il arpente les mêmes chemins philosophiques et intellectuels que Léonard de Vinci, dont il lit les écrits dans le texte original. Il enseigne la philosophie de l’Art. SOURCE ERICKBONNIER éditions 

Mon avis : 

Attention mon avis est très très subjectif et se base sur la cinquantaine de pages que j'ai tenté d'ingurgiter...

J'ai avec regret renoncer à lire ce livre, pourtant c'est avec plaisir que j'avais postulé pour la dernière masse critique de chez Babelio. 

En fait je pense m'être lourdement trompée quant à ce livre. Je m'attendais sans doute à un livre illustré des œuvres de Léonard de Vinci ou tout ou moins d'un peu d'images de ces tableaux...

Attirée par la belle couverture aguicheuse du sourire du Saint-Jean-Baptiste et de son doigt pointé comme par malice au ciel... 

Pour ma part ce sont mes yeux qui se sont portés au ciel. Je joue toujours le jeu dans mes lectures pour les masses critiques et il est très rare que je jette l'éponge. Je suis plutôt taciturne même quand je n'aime pas. Mais là, non pas possible, je n'arrive pas à comprendre le propos, bourrés de références (voir le nombre de notes de bas de pages !). 

Avouons que la période des vacances n'a pas été propice à ce que j'accepte de me triturer les méninges. Et puis je me suis trompée sur ce livre qui est plus un essai de la part de l'auteur qui est un philosophe de l'art.

J'ai tenté et retenté mais non ce livre n'était pas pour moi. 

Les phrases sont alambiquées, les démonstrations sans doute intéressantes mais je ne les comprends pas... Le niveau est trop haut, ou l'écrivain n'a pas su se mettre à hauteur de ses lecteurs...


Ainsi comme dirait Daniel Pennac en tant que lecteur on a le droit d'abandonner ! Alors stop ce sera mon premier abandon sur une Masse Critique...





Je m'excuse auprès de Babelio pour cet abandon. 



Pour ce qui est de l'auteur,
 j'espère qu'il trouvera son lectorat,
 il peut sans problème se passer de moi pour promouvoir son livre.




vendredi 12 juillet 2019

Regain de Jean Giono

Tous sont partis. Panturle se retrouve seul dans ce village de Haute-Provence battu par les vents au milieu d'une nature âpre et sauvage. Par la grâce d'une simple femme, la vie renaîtra. Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans Regain avec un lyrisme sensuel les liens profonds qui lient les paysans à la nature.

Mon avis :

Me procurer ce livre lors d'une vente de la médiathèque de ma ville en septembre, acheter ce livre 0.50 centimes d'euros. Lire un classique dont le nom de l'auteur m'évoque la Provence et la nature.


Ce livre a l'odeur de mes livres d'enfance , ceux pris à la bibliothèque quand j'étais enfant. 

Il sent l'ancien temps, comme le temps que Jean Giono nous décrit là.

Une écriture qui rend hommage à la nature, à celle que les paysans façonnaient à la sueur de leur front il y a longtemps mais peut être pas tant... 

Je pense ainsi à mon grand-père maternel, mon pépé, ouvrier agricole ayant vécu quand on travaillait la terre avec les chevaux, quand on aiguisait sa faux sur sa pierre. 

Mon grand-père tuait les lapins et en vendait même parfois la peau.  Je l'accompagnais sur la terre pour ramasser les patates et mes souvenirs remontent en vagues nostalgiques comme une mer de blé aux touches rouges des coquelicots et bleus des bleuets.

Un livre, un classique, une écriture qui rend hommage à la terre et aux gens qui la vénèrent et qui en ont besoin. 

Un autre temps, mais une ode intemporelle à la nature et à ce qu'elle nous offre. 

Des portraits tout en humilité et en fragilité mais aussi en force et en adaptabilité.

Une rencontre d'amour ♥ Arsule et Panturle pour un regain.

" Elle n'a pas retiré sa main. Au contraire, au bout d'un moment, il n'était plus besoin de la tenir ; elle avait fermé ses doigts sur le main de Panturle comme sur un museau de bon chien. Et il parlait à voix basse : - Je suis serviciable plus qu'un autre... Elle a fermé ses doigts sur la main de Panturle. Elle touche la peau qui est comme une écorce avec des verrues et des entailles. Une peau chaude ! Des fois selon ce qu'il dit, le gros index enjambe les petits doigts et les écarte, entre au milieu d'eux et serre. Des fois c'est le pouce qui appuie là, au creux sensible de la paume comme s'il voulait la crever, et entrer et traverser. Des fois c'est tous les gros doigts qui serrent toute la petite main.Ça fait chaud dans tout son corps comme si d'un coup l'été avec toute ses moissons se couchait sur elle."

Une très belle lecture. 
Il est toujours agréable de découvrir des classiques. 



Je suis heureuse de l'avoir lu, 
il m'a emmené au cœur de la terre dans toute sa poésie.

" Cette aubépine où se pose le soleil dès qu'il dépasse la colline, elle a un rossignol dans ses feuilles. On dirait que c'est elle qui chante. Il est venu dans le petit pré une ondulation d'herbe et il ne faisait pas de vent ; à cause de ça, Panturle a vu la couleuvre qui s'en allait sa route toute frétillante, vêtue de neuf. Quant elle a été au bout du pré, elle s'est retournée ; on voyait qu'elle n'avait rien d'autre à faire que de nager de tout son corps dans la fraîcheur verte. Il y a maintenant, sous l'auvent des tuiles, un petit essaim qui cherche un abri. On dirait une poignée de balles de blé que le vent porte."


" Le vrai, c'est qu'ils ont soifs d'être seuls dans leur silence. Ils ont l'habitude des champs vides qui vivent lentement à côté d'eux. Là, ils sont cimentés, chair contre chair, à savoir d'avance à quoi l'autre réfléchit, à connaître le mot avant qu'il ait dépasse la bouche, à connaître le mot quand on est encore à le former péniblement au fond de la poitrine. Ici, le bruit les a tranchés comme un couteau et ils ont besoin, tout le jour, de se toucher du bras ou de la main pour se contenter un peu le cœur. "

En Ardèche Didi @2019


samedi 29 juin 2019

Venise n'est pas en Italie Ivan Calbérac le film et le livre



Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l'invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l'accompagner... C'est l'histoire d'un adolescent né dans une famille inclassable, l'histoire d'un premier amour, miraculeux et fragile, d'un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.Un road-book dans l’esprit de Little Miss Sunshine et dans la lignée de La Vie devant soi, où l'humour se mêle à l'émotion. Source Livre de Poche 

Mon avis : 


Après quelques livres plutôt noirs, voir très noirs ( Celui de Karine Giebel et celui de Franck Bouysse)

Mais après aussi du plus doux, avec "Azami" de Aki Shimazaki, et "Des hommes sans femmes " un recueil de nouvelles de Haruki Murakami 

Après des BD également : "Les beaux étés" de Zidrou et Jordi Lafebre tome 1  Cap au Sud ! Et la BD "Les vieux fourneaux de Lupano et Cauuet Tome 5  Bons pour l'asile, que j'ai lus avec plaisir mais que je n'ai pas chroniqués faute d'énergie et de temps en ce mois de juin toujours compliqué côté boulot et chaud dans tous les sens du terme !!! 

Purée qu'elle est longue ma phrase, aussi longue que cette fin d'année scolaire qui s'éternise et se prolonge même, la rendant chaude, chaude, et bien je me suis offert, ou plutôt on m'a offert : Merci aux éditions Livre de Poche, une parenthèse décalée et pleine d'humour avec deux places pour voir le film et lire le livre "Venise n'est pas en Italie"d'Ivan Calbérac.

Le 9 juin dernier, direction cinéma et j'ai passé un bon moment, un moment léger en compagnie d'Emile et de sa famille en route pour Venise en tractant leur caravane. 





Emile à 15 ans et c'est lui qui raconte à travers son journal intime cette virée familiale et imprévue pour Venise. Ses parents ont décidé en effet de l'accompagner, car Emile a été invité par Pauline à un concert à Venise. 


C'est Ivan Calbérac qui a réalisé le film d'après son livre et ainsi il se permet de se détacher quelque peu de son livre. J'y reviendrais.

Le livre je l'ai lu directement après avoir vu le film, je me suis dit que ça serait sympa. 

Le film m'a plu, attention, il n'a pas plu à tout le monde et mon amie Pascale du blog "Sur la route du cinéma", ne l'a pas aimé du tout, vous pouvez voir son avis en cliquant sur le lien) car il arrivait à point nommé dans mon envie de légèreté et de rires. Il m'a fait du bien ;-). 

L'équipe de comédien est très sympa et j'ai eu plaisir à retrouver Benoit Poelvoorde à qui se personnage décalé correspond bien et Valérie Bonneton. 



Le jeune comédien Hélie Thonnat, est également tout en fragilité et est adorable (même en blond ou surtout en blond selon sa mère). 




Comme j'ai lu le livre directement après j'ai forcément pu faire un petit comparatif non exhaustif entre les deux !

Le premier truc qui m'a marqué c'est la chanson que le père chante à tue tête dans la voiture 

Dans le film on a ça, j'adore ! Un défoulatoire Hihihihihi ça m'a bien amusé !






Dans le livre :
" Je me suis retrouvé dans la bagnole, assis à l'arrière avec Natacha entre mon frère et moi. Mon père à allumé l'autoradio et lancé sa chanson fétiche : "ASIM... BONANGA !!!" Natacha a eu un moment de profonde perplexité, c'est sûr que sa surprend, surtout la première fois, surtout au saut du lit. Elle avait dû en voir, des numéros de cirque, mais là c'est sans chapiteau. - Allez chantez avec moi au lieu de tirer la tronche ! "

 Certains personnages sont différents :


Pauline 

Dans le film : 




Dans le livre : Pauline n'a pas le même physique (couleur de cheveu, couleur d'yeux) et elle joue du violon et non de la harpe.

Le frère d'Emile, Fabrice

Dans le film : il est cuisinier et joué par Eugène Marcuse

Dans le livre : il est militaire 

" Le journée a commencé de très bonne heure. Mais ça n'a pas l'air de gêner Fabrice, parce que les militaires se lèvent tôt même en temps de paix, histoire d'avoir le maximum de temps à ne rien faire."


La voisine de la famille

Dans le film :

Elle héberge dans son sous sol Emile car la caravane n'est pas assez grande 

Dans le livre :

Elle a un rôle plus important et à la fois plus évasif....

Les décors sont différents 


La maison de Pauline

Dans le film :

Une maison très moderne au milieu d'un parc avec des pins

Dans le livre :

Une ancienne maison bourgeoise 


Venise 

Dans le film :

Venise est bien mis en valeur et on voit le côté moins joli

Dans le livre :

Moins mise en avant dans les descriptions 


Des scènes changées ou non présentes

Dans le film :

Le vol de la moto n'est pas dans le livre enfin de façon différente. La relation entre Emile et Natacha est différente.


Dans le livre :

Il y a une scène dans le cimetière que j'ai adorée et qui aurait eu sa place dans le film !

" En attendant le mythe familial en prenait sacrément un coup. Les Chamodot, qui soit disant possédaient leur étoile personnelle dans le ciel, eh bien ils finissaient à la fosse commune."


Pour finir je dirais que le film fait du bien, il est léger et m'a fait rire.

Le livre quant à lui est très sympa 
avec les répliques et les reflexions d'Emile qui font mouches ! 


Un film et un livre que je conseille pour un début d'été joyeux et entraînant !


Gracias, Ivan Caldérac
Comment ça ce n'est pas de l'italien ??? 
Ah oui mais tout le monde comprend ;-)

C'est la fête du cinéma,  alors pourquoi pas ;-)
pour la climatisation en ces jours de canicule ce n'est pas négligeable ?

Ou le livre au bord de la piscine ou à la plage !
Les vacances arrivent !!! En route !