samedi 6 octobre 2018

L'oeil le plus bleu de Toni Morrison


Chaque nuit, Pecola priait pour avoir des yeux bleus. Elle avait onze ans et personne ne l'avait jamais remarquée. Mais elle se disait qu'avec des yeux bleus tout serait différent. Elle serait si jolie que ses parents arrêteraient de se battre, que son père ne boirait plus, que son frère ne ferait plus de fugues. Si seulement elle était belle, si seulement les gens la regardaient.
Quand quelqu'un entra, la regarda enfin, c'était son père et il était ivre. Elle faisait la vaisselle et il la viola sur le sol de la cuisine, partagé entre la haine et la tendresse....


"Premier roman de l'auteur de Beloved et de Jazz, le livre contient déjà tous les thèmes de l’œuvre, le monde noir, l'enfance, la servitude des femmes, portés à un rare degré de perfection ... atmosphère poignante de ce récit marqué par le désamour. L'écrivain y trouve d'emblée sa langue incandescente, épurée au creuset de William Faulkner et rythmée par la cadence lancinante du bleus." --Anne Pons, L'Express
 

Mon avis :  

Lecture  d'un livre acheté en occasion (1 euro !) lors de la vente de livres d'occasion de la médiathèque de ma ville.

Ma moisson ! @Didi

Cette lecture fût un peu déconcertante dans sa composition. On passe de personnage en personnage de façon pas très linéaire ... Le fils conducteur reste cette jeune enfant Pecola. Cette enfant qui n'a rien pour elle, la pauvre, et qui pense qu'avoir les yeux bleus changerait sa vie.

" - Que puis-je faire pour toi mon enfant ?
- Je ne peux plus aller à l'école. Et je me suis dit que tu pourrais peut-être m'aider.
- T'aider, comment ? Dis-moi. N'aie pas peur.
- Mes yeux ?
- Et bien quoi tes yeux ?
- Je veux qu'ils soient bleus. "
Soaphead a fait la moue et sa langue a caressé une de ses dents en or. Il a pensé que c'était la demande la plus  fantastique et la plus logique qu'on lui ait adressée. Voici une petite fille très laide qui demandait la beauté. Il a été submergé par un élan d'amour et de compréhension, vite remplacé par la colère. La colère devant sa propre impuissance à l'aider. De tous les souhaits que les gens lui avaient adressés - argent, amour, vengeance - celui-ci lui paraissait le plus poignant et lui semblait mérité le plus d'être exausé. Une petite fille noire qui voulait sortir de la fosse de sa négritude pour voir le monde avec les yeux bleus.

J'ai retrouvé l'écriture âpre de Toni Morisson, cette écriture qui colle si bien à la dure réalité de bien des hommes et des femmes de ce roman. 

J'ai lu en novembre 2012 Home (dans le cadre des matchs littéraires de P. M auxquels je vais participer encore cette année !). Vous pouvez cliquer sur le lien du titre :-)


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Le malaise est bien là, le malaise de ces vies malmenées par cette misère poisseuse et obsédante. 

Et l'écriture de Toni Morisson sur la vie la mort, si juste !

" Le repas a été joyeux après la beauté grandiose de l'enterrement . C'était comme une tragédie de la rue, avec la spontanéité cachée dans les coins d'une histoire tout à fait formelle. La défunte était l'héroïne tragique, les survivants les victimes innocentes ; il y avait l'omniprésence de la déité, les strophes et les antistrophes du chœur des pleureuses conduites pas le pasteur. Il y avait la douleur à propos de la perte de cette vie, de l'étonnement devant les voies insondables de Dieu, et, au cimetière, la restauration de l'ordre et de la nature. 
Aussi le repas d'enterrement a été l'exultation, l'harmonie, l'acceptation de la fragilité de la vie, la joie de voir s'achever une souffrance. Le rire, le soulagement, et une grande faim."

Et ce drame, cet inceste si dérangeant, mis en mots de façon exceptionnelle. On est là, on assiste impuissant à l'ignominie... 


Dérangeant, heurtant, 
un livre choc qui cogne là où sa fait mal !
Une lecture coup de poing ! 
A lire avec des yeux bleus, gris, verts, marrons ! 


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mercredi 26 septembre 2018

Le bureau des jardins et des étangs Didier Decoin


Empire du Japon, époque Heian, XIIe siècle. Miyuki prend la suite de son mari, excellent pêcheur de carpes et fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, mort noyé dans la rivière Kusagawa. Elle entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes pour porter jusqu'à la capitale les précieux poissons. La mémoire des heures éblouissantes vécues avec l'homme qu’elle a tant aimé – et certaine qu'il chemine à ses côtés – donne à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Étangs. Source Livre de Poche

Mon avis : 

Une très belle lecture au goût de conte initiatique. On se retrouve transporté au Japon du XII ème siècle.

Sensuel, olfactif, naturel tous ces adjectifs me viennent en tête. 

J'ai senti, j'ai ressenti, j'ai vibré en accompagnant Miyuki lors de son périple pour sa précieuse livraison.

Miyuki est vraiment une belle personne, simple.

J'ai aimé ce livre comme j'ai aimé son personnage principal, cette femme veuve, Miyuki. Je l'ai suivi dans les étapes de son deuil, dans ce périple qui rend si bien hommage à son mari, ce pêcheur de carpes exceptionnel. 

J'ai aimé qu'elle se confronte à ce nouveau monde pour elle, celui très codé et différent du sien dans la cité impériale.

Ce livre est une belle leçon d'humilité et d'amour. 

" Elle attendit qu'il ait disparu. les dieux avaient créé le néant pour persuader les hommes de le combler. Ce n'était pas la présence qui régulait le monde, qui le comblait : c'était le vide, l'absence, le désempli, la disparition. Tout était rien. Le malentendu venait de ce que, depuis le début, on croyait que, vivre, c'était avoir prise sur quelque chose , or il n'en était rien, l'univers était aussi désincarné, subtil et impalpable, que le sillage d'une demoiselle d'entre deux brumes, dans le rêve d'un empereur. Un monde flottant. "

Il décrit à merveille les us et coutumes de l'époque. Il est très poétique et met en avant tout un art de vivre japonais. 

On ressent et on sent les personnages. J'ai eu envie que ce livre prenne vie en film d'animation. Mais attention, pas parce que je n'ai pas aimé cette lecture, non j'ai beaucoup aimé l'écriture de Didier Decoin.

Mais cette histoire est digne d'un film de Hayao Miyazaki. Peut-être parce que la couverture de ce roman de Yuji Moriguchi m'a totalement subjuguée. 

Une illustration très sensuelle, sexuelle même et qui illustre à merveille une des scènes du livre. 





Tous les sens sont mis à contribution dans ce roman. Et les odeurs, le sens de l'odorat est au centre de bien des ressentis. Je vous laisserais découvrir le concours de parfums : le takimono awase.

Alors humez chers amis,
humez toutes les odeurs de la vie,
et accompagnez Miyuki, son fantôme de mari 
et ses carpes, dans la cité impériale !




 " De belles carpes ? Le plus beau poisson de votre Yodogawa ne pourra jamais rivaliser avec aucun de notre rivière. Les nôtres sont les plus longues, les plus lourdes, les plus fuselées, les plus puissantes. Leurs écailles sont comme des éventails, ni tout à fait ouverts, ni tout à fait fermés. Quelle délicatesse, quelle harmonie ! Ce n'est pas diminuer les mérites de mon mari de dire que les eaux de la Kusagawa, étaient aussi riches que lui, était pauvre. Vous parlez de votre pêcheur comme si... -Oui, oui, l'interrompit vivement Miyuki, oubliant le respect qu'elle devait au maître du sanctuaire, vous devinez juste : Katsuro est mort, emporté comme les fleurs du prunier par un jour de grand vent. Pourtant, même si les fleurs ont été dispersées, foulées aux pieds, le prunier qui les a portées refleurira au printemps prochain - Mais quand, et dans quel monde, renaîtra l'âme de mon mari ? Les lèvres de Togawa Shinobu, qui n'étaient déjà pas bien épaisses s'affinèrent davantage encore - c'était sa façon de sourire, le sourire bienveillant qu'il adressait aux enfants, aux vieillards. - Je n'ai pas la réponse, jeune dame. Sans doute pourrais-je vous proposer des hypothèses, voire des espérances, mais rien qui soit certain. Car le plus infaillible des certitudes est précaire, inconstance, douteuse. Ce qui paraît encore vrai ce matin sous la pluie sera peut-être un mensonge lorsque le nuage sera passé. Ce que je crois c'est que l'âme - ne saute pas d'un corps dans un autre : elle est intimement chevillée à la créature qu'elle a animée, de sorte que l'extension de la chair entraîne nécessairement celle de l'esprit qui lui est associé. "
 
@Didi Thaïlande 2013



dimanche 2 septembre 2018

Septremble !!!!

A l'heure de septembre, 

septremble...

Il fait bon se souvenir déjà, des bonnes choses engrangées lors de cet été !

En images (toutes les photos sont de moi) et en mots !


Terrasse sur cloché 


Capter l'énergie des arbres


Atteindre des cols et des sommets, vive le sport !



Se ressourcer en marchant, intégrer les scintillements


Admirer, s'éblouir des fabuleux paysages



Se cultiver et cultiver son jardin !


Trouver dans la nature des merveilles ♥


Flore et faune ! 




Observer des marmottes


Plonger dans le grand bain bouillonnant de l'océan !


Admirer tant de belles choses dans son propre jardin !

Se dire que tout est éphémère et tout est recommencement



Je voudrais vraiment être un chat moi :-) 

Mon Nougat ♥♥♥

 Je vous souhaite chers amis une belle rentrée !

mercredi 22 août 2018

Equateur Antonin Varenne

Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l’armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est un homme en fuite. Sur la piste de l’équateur, là où le monde tourne à l’envers et où les rêves sont vrais, trouvera-t-il cette terre promise qui changera son destin ?

Roman de l’errance et de la quête, Équateur confirme la virtuosité d’Antonin Varenne, l’auteur de Fakirs et de Trois mille chevaux vapeurs. Des grands espaces de l’Ouest américain ravagés par la guerre civile au Guatemala de la révolution libérale jusqu’à la frontière entre Guyane et Brésil, l’odyssée envoûtante et poétique de Pete Ferguson célèbre et renouvelle le grand roman d’aventures. Source Albin Michel

Mon avis :

Antonin Varenne fait parti de mes chouchous et je ne manque pas de venir le croiser au QDP.

Ma sœur aussi et d'ailleurs cet exemplaire d 'Équateur est le sien. Pas de Didicace sur celui-ci, mais un dédicace pour Nath'

Antonin Varenne je commence à bien le connaitre, vous trouverez mes avis de lectures en cliquant sur les titres.

Première lecture en 2012 :


deuxième lecture en 2016 :


troisième lecture en 2017 :



@Didi QDP 2017 Dédicace d’Équateur


Et alors mon avis il arrive oui !

Pete Ferguson est le personnage principal de ce livre et là il fuit, il fuit le ranch où le héros de trois mille chevaux vapeur, le sergent Arthur Bowman l'avait recueilli.

Fuite au sud, fuite à l'infini pour ce personnage que j'ai eu du mal à comprendre au fond...

J'ai moins apprécié ce livre que trois mille chevaux vapeurs.

Je trouve que la fuite du personnage n'est pas tellement expliquée, enfin pas assez pour moi...

Mais Pete Ferguson semble finalement fuir plus ses propres démons.

Antonin Varenne en profite pour nous décrire les pays traversés, des contrées âpres et  exigeantes !

Pete Ferguson croise également des personnages hauts en couleurs. Certaines associations seront plus qu'explosives !

On trouve encore des chasseurs de bisons, mais pour combien de temps encore... Des révolutionnaires, des bandits, des corsaires, des poètes, des politiciens...

Certaines populations sont tout simplement mis de côté, quand elles ne sont pas éliminées. Les indiens Xincas tentent de survivre sur leur terre conquise par les espagnols.

Cette fuite place Pete Ferguson au cœur de ses choix. Son corps va être mis à rudes épreuves.

Sa fuite pourra-t-elle servir une quête plus que personnelle ? 

Lors de la narration Pete Ferguson écrit à différents personnages de sa vie. Ces lettres il ne les enverra jamais mais elles nous serviront à nous lecteurs pour tenter de comprendre la psychologie de ce personnage complexe et tourmenté.

Sa rencontre avec Maria une indienne Xinca va être déterminante pour lui, il la sauvera et cet acte permettra qu'il se sauve de lui-même.

Ce livre est le deuxième d'une trilogie, après trois mille chevaux vapeur celui-ci m'aura moins plu et les liens avec le premier sont très tenus (peu de référence à Bowman...). 

Quant au dernier de la trilogie il sort aujourd'hui même. 



Dans Équateur c'est le corps de Pete Ferguson qui est au centre de tout. Le corps qui souffre, se surpasse, aime et se marque tel le tatouage corporel que Pete se ferra faire comme pour inscrire sa vie à même sa peau.

Ce tatouage représente son histoire, sa vie. 

" Le prix du tatouage comprenait le travail du Marin, la fabrication de l'encre, l'achat à Cayenne des crayons, des feuilles de papier et du laudanum.
- T'es un costaud , Pete, mais après deux heures de marteau personne ne peut tenir, à part les Maoris, qui sont des guerriers trois fois plus grands que nous, et même eux finissent en transe, tellement la douleur les vide de leurs forces. En fait, c'est pas un corps solide qu'il faut pour supporter ça, c'est une âme en pierre."

Alors, si vous n'avez pas peur, de la faim, de la soif, 
de la mort ou de de vous perdre,
partez vous aussi à la quête de l’Équateur 
auprès de cet homme complexe et torturé 
sur des territoires mystérieux et durs !

"Sais-tu Maria, que le destin commence quand nous échappons à ce que nous devrions être ? On vous attend ici-bas. Des parents, un pays, une langue, une histoire, il y a une place déjà prête pour nous.  Un nez au vent, une cheville baladeuse, un mollet impétueux, un genou fier et des cuisses solides, un pas de côté et nous ne sommes plus ce que nous étions préparés à être. Notre destin : rien, sinon une histoire digne d'être racontée, une lettre valant d'être écrite, la vie devenue une aventure, aussi modeste soit-elle, contenant une plus grande part de risque, d'inconnu."

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jeudi 16 août 2018

Les heures rouges Leni Zumas

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère.
Ro, professeure célibataire, se débat avec le projet de biographie d’Eivør Mínervudottír, exploratrice islandaise du XIX ème siècle injustement méconnue. À quarante-deux ans, elle tente un autre pari : concevoir un enfant. Mais l’enfant ne vient pas, et ni l’horloge biologique ni le calendrier politique ne militent en faveur de Ro, qui ressasse les drames de son passé. Des enfants, Susan en a : deux bambins tendres et turbulents. Pourtant Susan est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, de la banalité des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Et elle peut compter sur l’amour de ses parents adoptifs. Par curiosité, Mattie se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture. Ne sait-elle pas, pourtant, que la curiosité a un prix ? Et enfin, Gin. Gin la guérisseuse, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a refusé qu’ils se servent des femmes.
Il y a du Virginia Woolf et du Margaret Atwood dans le récit polyphonique qui émane de ce chœur de femmes aux âges et aux aspirations divers. Il y a de l’engagement, de la colère dans le traitement d’un sujet si tristement prophétique, si fatalement universel. Il y a beaucoup d’ironie dans les instantanés de cette petite ville américaine, empêtrée dans ses tabous et ses préjugés. Mais il y a surtout de l’espoir, et une foi immense dans les ressources de chacune pour s’affranchir de sa condition. Âpre et lumineux, Les Heures rouges annonce l’arrivée en France d’un écrivain. Source Les Presses de la Cité

Mon avis :

Nous sommes le 16 août (déjà...) et les Presses de la Cité font paraître ce roman aujourd'hui pour la rentrée littéraire de 2018 ! 

J'ai eu le privilège de le découvrir en avant première grâce à une Masse Critique particulière de mon cher Babelio ♥♥♥

Il est l'heure ( rouge...) de vous dévoiler mon avis et de vous inciter à le lire.

Tout d'abord je tiens à vous signaler que ce livre est un bel objet, avec une belle couverture rouge au graphisme suggestif et aux rabats intérieurs.

On suit dans cette histoire 5 femmes, 4 dans le présent et une dans le passé. 

Les chapitres sont nominatifs et suivent alternativement ces différentes femmes. Ainsi Leni Zumas en dresse les portraits et nous donne une vision plus généraliste des femmes.

Il y a l'exploratrice au XIX ème siècle, il y a la biographe, la fille, l'épouse et la guérisseuse.

Un élément est au centre du destin de ces femmes, l'avortement sera interdit très bientôt. 

" Après le 15 janvier, lorsque la loi "Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère" (UPUM) entrera en vigueur, aucun enfant adopté n'aura a souffrir du manque de temps d'une femme célibataire, de sa faible d'opinion d'elle-même, de son pouvoir d'achat insuffisant. Chaque enfant adopté récoltera les avantages que procure un foyer avec deux parents. S'il y a moins de mères célibataires, disent les membres du congrès, le nombre de criminels , toxicomanes et bénéficiaires de l'aide sociale diminuera? Il y aura moins de cultivateurs de grenades. Moins d'animateurs de talk-shows. moins d'inventeurs de nouveaux traitements. Moins de présidents des États-Unis. "
Les répercussions sont immenses sur leurs destins et la vie de ses 5 femmes font se croiser, se mêler, se lier...

" Ce qui (l'incrédulité) était stupide. Elle savait - en tant que professeure d'histoire, c'était son métier - combien d'horreurs étaient légitimées au grand jour, contre la volonté de la plupart des gens.

Une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires. Mais les choses ne s'étaient pas passées ainsi."


Leni Zumas a réussi à m'intéresser à toutes ses femmes. Qu'elles soient mère ou pas, qu'elles exercent une profession ou pas, qu'elles soient reconnues ou pas ... Elle met leurs forces en avant et pointe aussi leurs fragilités.

Le message de l'auteur sur la liberté de disposer de son corps est distillé de façon intelligente. 

L'auteure nous démontre aussi qu'il 'y a pas qu'un modèle de vie à prôner. Qu'une femme peut ne pas se qualifier uniquement par sa condition de mère. 


" N'être ni l'une ni l'autre. 
Elle ne veut pas limiter sa vie à "en avoir un".
Ni à "ne pas en avoir un "
Cesser de réduire la vie à une case à cocher, à une case de calendrier."

Les hommes par contre ici ne sont pas tellement mis en avant, non ils sont même un peu effacé... Trop peut-être ...  Je serais d'ailleurs curieuse d'un avis masculin sur ce livre. Messieurs n'hésitez pas à le lire.

Les Presses de la Cité nous parle de la naissance d'une grande auteure féministe. Je ne sais pas qu'en penser...

J'ai lu et apprécié ce livre que j'ai lu rapidement, le rythme de ces petits paragraphes nous entraînant à tourner les pages facilement.

Toutes les fragilités de ces femmes et toutes leurs forces m'ont séduites. J'ai eu tout de même un faible pour la guérisseuse, un personnage "différent" très touchant.

Un livre à découvrir et à vous procurer 
dès aujourd'hui 16 août 2018 dans votre librairie. 

Faites connaissances avec ces femmes, 
et par leurs intermédiaires avec les femmes !

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Et gardons en tête de sauvegarder nos acquis précieux, 
merci Madame Simone Veil ♥
et de veiller à nos droits fondamentaux en tant que femme.


mercredi 15 août 2018

15 août 2018 - Ave Maria



Une rencontre,

Une belle rencontre avec cette sculpture sur bois du 15ème siècle d'une vierge à l'enfant.

Leurs expressions sont si joyeuses et douces.


Une douce énergie.

Cette sculpture sur bois du 15ème siècle a su me toucher. 


Je suis restée longtemps en admiration devant elle. 

Je l'ai rencontrée dans le Musée diocésain dans la basilique de Santa Maria del Coro à San Sebastian en Pays Basque Espagnol. 

En ce 15 août je souhaitais la partager avec vous.

Bel été les amis !



 

lundi 13 août 2018

Vernon Subutex Tome 2 Virginie Despentes

On retrouve Vernon, toujours SDF, et mal en point. L'ancien disquaire est déconnecté du monde réel, sans ambition ni projets. Il apprend à vivre dans la rue, au côté de Charles, un poivrot collant. Les anciens amis de Vernon continue de le traquer comme il possède l’interview inédite du rockeur Alex Bleach, enregistrée peu avant sa mort…

Mon avis : 

Suite de la vie de Vernon Subutex qui est désormais dans la rue et qui s'y complet... Mon avis sur le tome 1 est ICI sur mon blog.

Toujours plus galerie de personnage que véritable histoire, j'ai trouvé que l'histoire de Vernon n'était pas assez mise en avant.  

Ce livre est encore une fois l'occasion pour Virginie Despentes de nous dresser où même brosser (à la paille de fer) le portrait de notre société à travers ses divers concitoyens.

Le lien autour de Vernon ne tient pas à grand chose, juste un petit fil de rien du tout qui rassemble les désenchantés. Une histoire qui va où le vent la porte.

Si moi aussi j'ai été désenchantée, je ne l'ai pas été par la vision de l'auteure sur notre société. 

Il faut être bête comme un trou du cul bouché de merde séchée pour frayer avec l'extrême droite, quand on est un prolo, comme lui. Elle ne risque pas de le plaindre. Les gens comme elle, oui, elle peut comprendre qu'ils trouvent leur intérêt dans la poussée de l'extrême droite. Beaucoup se placent à des postes mirifiques, qu'il leur aurait fallu attendre des années sans cette opportunité. Ils devraient réussir à s'exonérer d'impôts plus confortablement, le jour où on pourra fusiller les responsables syndicaux en les accusant de terrorisme. Mais un minable comme Loïc, il attendait quoi ? Une place dans la milice ? 

C'est une force pour cette auteure de rien nous épargner et de gratter là où ça fait mal.

Les filles, c’est facile pour elles : dès qu’elles l’ouvrent pour dire qu’elles se sentent salies ou non consentantes, on arrête toutes les rotatives et on les écoute pleurnicher. Lui se sent Sali par la pornographie. Il se sent abusé, mais il va s’en plaindre à qui ? Les bonhommes, ils doivent supporter tout ce qu’on leur impose sans jamais la ramener avec leur sensibilité. On part du principe qu’ils sont forcément partants. Personne ne se demande si ça leur plait de se faire choper les couilles à tout bout de champ, pas plus qu’on se préoccupe de savoir s’ils ont envie d’être père ou pas, pas qu’on se préoccupe de savoir s’ils ont les moyens de payer la pension alimentaire qu’on leur impose… tout est sur le même mode. La masculinité, c’est « bande et raque » sans alternative. 

Une gamine comme Aïcha aurait pu devenir scientifique - elle avait cette chance incroyable d'être douée pour les maths, à l'époque, les meilleures filières lui étaient ouvertes.
Mais sa rencontre avec le Coran lui interdit d'étudier la science. Elle évite également la littérature, qui l'exposerait à trop d'ordures morales, le cinéma, bien sûr, puisque là-dedans ça fornique à tout-va. Il lui reste l'étude des langues - la grammaire ne lui pose aucun problème éthique -, le commerce et le droit. Plus pragmatique qu'elle ne veut l'admettre, elle a choisi le droit fiscal, consciente de ce que au grand dam de son pays natal, les capitaux viennent aujourd'hui de gouvernements qui ne s'offusqueront pas de son voile. Au contraire. 

ça le fait rire, Charles, les gens qui font des gamins en pensant que c'est une assurance vieillesse. Il a l'âge d'avoir observé qu'on ne fait que nourrir de futurs vautours impatients? Personne n'aime les vieux, pas même leurs propres enfants.

Ma lecture a été moins enthousiaste que pour le premier tome car les acteurs prennent le pas sur le scénario et Vernon s'efface un peu trop... Mais c'est si juste au niveau du regard sociétal !

Je lirais le troisième tome (que j'emprunterais à ma grande sœur) pour clore cette trilogie et suivre ses personnages et cette vision si juste de notre société.

Ah oui, je sais désormais que Subutex fait référence à ça (merci à mes belles-sœurs qui connaissaient... attention juste parce qu'elles travaillent dans le milieu médical)  :
Le subutex ® est le nom commercial d'une molécule proche de la morphine, la buprénorphine. Il est prescrit pour les personnes qui présentent une forte dépendance à l'héroïne ou à des drogues apparentées à celle-ci lors du début du sevrage. La prise de Subutex® est sous contrôle étroit d'un médecin, qui ne peut le prescrire que pour des durées maximums de 28 jours. La prescription est particulière, répondant à des règles précises, les doses sont écrites en toutes lettres et le patient doit aller se fournir de façon hebdomadaire dans la même pharmacie. La quantité est diminuée très progressivement pour permettre un sevrage de la dépendance à la substance. SOURCE

Vous aussi n'hésitez pas à suivre Vernon Subutex 
comme ses amis ou ses ennemis ...

Vous croiserez  surement des personnes que vous reconnaitrez !