mercredi 1 décembre 2021

Poussière dans le vent Leonardo Padura


 #Poussièredanslevent #NetGalleyFrance

Ils ont vingt ans. Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1990 dans le jardin de sa mère. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ces jeunes gens.

Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée. Les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba vont les affecter. Des grandes espérances jusqu’aux pénuries de la « Période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique, et à la dispersion dans l’exil à travers le monde. Certains vont disparaître, certains vont rester, certains vont partir.

Des personnages magnifiques, subtils et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des trahisons.

Depuis son île, Leonardo Padura nous donne à voir le monde entier dans un roman universel. Son inventivité, sa maîtrise de l’intrigue et son sens aigu du suspense nous tiennent en haleine jusqu’au dernier chapitre.

Ce très grand roman sur l’exil et la perte, qui place son auteur au rang des plus grands écrivains actuels, est aussi une affirmation de la force de l’amitié, de l’instinct de survie et des loyautés profondes.

Mon avis :

Voilà un pavé (plus de 600 pages) que j'ai lu, avec des hauts et des bas et dont je ne sais finalement comment vous en parler… C'est bête pour un partenariat … 

Alors, je dirais que c'est un livre qui questionne beaucoup l'esprit identitaire des cubains. 

Qui nous parle des cubains, plus que de Cuba, même si finalement une nation est avant tout faites de ses hommes et de ses femmes. 

Si vous cherchez comme moi, la mise en avant des paysages magnifiques de Cuba (découverts pour ma part en 2003 dans un cadre uniquement touristique enchanteur et privilégié) mais aussi de l'esprit cubain qui anime les gens de là bas (des gens d'une gentillesse incroyable, d'une énergie captivante et d'un esprit positif délicieux), alors vous serez comme moi un peu déçue… 

Mais, c'est sur, nous ne sommes pas dans la carte postale, mais bien dans la vie compliquée des cubains à cause d'une régime politique de dictature

Non pas que je mette de côté les difficultés du peuple cubain. Non, non, ce peuple est admirable tant il a dû et su s'adapter à ce régime restrictif.

Padura dissèque dans son livre, le dilemme douloureux et amoureux auxquels les cubains par la force des choses ont dû se livrer envers leur patrie. 

Rester ou partir aurait pu être le titre de ce livre. Même si "Poussière dans le vent" est si poétique et m'a mis dans les oreilles la belle chanson de Kansas 

Dust in the wind Kansas

Mais j'avoue ma lecture a été surtout dans la première partie un peu laborieuse, car on se place dans la tête de chacun des personnages qui sont très torturés.

J'ai eu aussi du mal à bien les identifier au départ et bien du mal aussi à comprendre les multiples fils conducteurs entre les uns et les autres… Oups

J'ai préféré quand le récit s'arrachait un peu des pensées de chacun pour faire vivre le relationnel dans la distance des exils voulus ou imposés de la plupart. 

De la même manière que Felipe Martinez et pour des raisons très semblables, Horacio fut condamné au déracinement. Les deux hommes, qui avaient lutter pour quitter Cuba, qui avaient renié l’environnement cubain et risqué leur vie dans la traversée téméraire du détroit de Floride, étaient deux êtres au cœur à jamais brisé : condamnés à être sans pouvoir être ce qu’ils étaient, à vivre une existence en suspension, avec les racines apparentes (déracinés), avec une tendance trop marquée à idéaliser un passé glorieux (presque toujours exagéré) de nuits de bringue, d’ivresse, pleines de musique et de jolies femmes, ce temps de l’apprentissage où ils avaient grandi. Plus que des exilés, tous deux avaient la complicité des réfugiés perpétuels, nourris de la mémoire affective et de la douce illusion d’un rêve de retour. Vivants ou morts.

Le fil conducteur de la disparition d'Elisa et de ses causes m'a un peu lassé à un moment mais j'ai apprécié découvrir sa fuite et le chemin qu'elle a essayé de prendre…


"Elle m'a seulement dit qu'elle venait de de Cuba et qu'elle préférait ne pas parler de son pays. Que cela lui faisait mal et qu'elle l'avait enterré … Le Pays je veux dire… et avec lui, son passé. Ce qui peut être une sage décision. Le grand enseignement de Bouddha, c'est que la seule façon de se libérer complètement de la souffrance est de se libérer radicalement du désir ; et le moyen d'y parvenir, c'est d'exercer  son esprit pour vivre la réalité telle qu'elle se présente. Je sais que ce n'est pas facile… L'un des dépassements les plus importants que nous indique Bouddha est justement celui du passé, parce qu'il a été déjà vécu, bien ou mal, il est écoulé et il n'est pas réparable. Et , en même temps, ne pas essayer de prévoir l'avenir… puisqu'il n'a pas encore eu lieu , et que vouloir le prédire est une source d'anxiété, et que l'anxiété génère de la souffrance."

J'ai donc découvert la plume de Leonardo Padura, écrivain cubain qui sait transcrire tous les sentiments de son peuple. 

Ce livre est presque un essai sur l'identité cubaine, car si il y a de la fiction elle ne représente pas l'essentiel du livre.

L’enfermement physique et mental auquel ils étaient soumis, sans en avoir vraiment conscience (sauf Elisa, la British), leur faisait voir le monde extérieur comme une carte divisée entre deux couleurs antagoniques : les pays socialistes (les gentils) et les pays capitalistes (les méchants). Dans les pays socialistes (ou il était en plus possible de se rendre) on construisait avec ardeur l’avenir radieux (même si pas très joli, disait Irving) d’égalité et de démocratie juste, régie par la dictature du prolétariat confiée à l’avant-garde politique du Parti durant la phase de construction du communiste dont l’avènement constituerait le point culminant de l’Histoire, le bonheur de l’humanité. Dans les Etats capitalistes décadents prédominaient le vol et la discrimination, l’exploitation de l’homme par l’homme, la violence et le racisme, l’hypocrite démocratie bourgeoise, des guerres comme celle du Vietnam y étaient générées, il se produisait des scandales comme celui du Watergate, il s’instaurait des dictatures sanguinaires comme au Chili, même s’ils devaient bien reconnaître que c’était de là que venait la musique qu’ils aimaient écouter, les vêtements qu’ils préféraient porter et même la majorité de ces livres qu’ils adoraient lire (comme le soutenait Bernardo).

J'ai tout de même apprécié le livre surtout dans sa deuxième partie qui nous embrouille moins dans les relations des uns et des autres et qui s'attache à faire les portraits de ceux qui restent et des exilés.

Le livre est un gros pavé et ma lecture en E book en a été un peu compliquée, du mal à me repérer dans mon avancée de lecture ...et le format ne me permettait pas de mettre des marques pages... Ainsi, j'ai perdu des citations.



J'ai trouvé une interview très intéressante de l'auteur que je vous invite à découvrir :

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/10/02/briser-cuba-padura/

À la question récurrente « Pourquoi êtes-vous resté à Cuba ? 

Leonardo Padura répond à chaque fois sans hésitation aucune : « Je reste ici parce c’est mon pays, je suis arrivé d’abord, avant le régime au pouvoir. Je suis cubain jusqu’à la moelle. Et cette réalité m’est indispensable pour écrire. » Poussière dans le vent, son nouveau roman, explore de manière obsédante ce dilemme douloureux auquel se trouve confronté le peuple cubain depuis plusieurs décennies : rester et s’exposer à la répression, la misère, à un avenir sans perspectives, ou bien partir et risquer de ne pas trouver un ancrage ailleurs, de se perdre dans l’anonymat et la solitude.

Je remercie NetGalley et les Editions Métailié 

pour ce partenariat !

Cette lecture est une invitation pour tenter de mieux comprendre les Cubains !


dimanche 7 novembre 2021

Respire ! Merci Clara Luciani !

 Ah-ah, ah-ah

Ah-ah, ah-ah
Ah-ah, ah-ah
Ah-ah, ah-ah
Elle respire l'odeur des corps qui dansent autour d'elle dans l'obscurité
Ils s'effleurent sans timidité
Une insolence chorégraphiée
Elle veut pas s'asseoir, elle veut s'oublier
Elle veut qu'on la drague, qu'on la regarde et qu'on la fasse tourner
Elle veut pas s'asseoir, ça a trop duré
L'immobilité forcée, ce soir la vie va recommencer
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, il faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, il faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Souvent sa nuque frôle le dancefloor, on croit qu'elle flanche mais elle s'en sort
Le rythme de son cœur s'aligne aux stroboscopes et bat un peu plus fort
Elle veut pas s'asseoir, elle veut s'oublier
Elle veut qu'on la drague, qu'on la regarde et qu'on la fasse tourner
Elle veut pas s'asseoir, ça a trop duré
L'immobilité forcée, ce soir la vie va recommencer
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, il faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Allez, respire encore
Allez, respire encore (allez, allez, allez, allez)
Allez, respire encore (allez, allez, allez)
Allez, respire encore (allez, allez, allez, allez)
Allez, respire encore (allez, allez, allez, allez, allez, allez)
Oh, il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, il faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça tremble, faut qu'ça transpire encore
Dans le bordel des bars le soir
Débraillés dans le noir
Il faudra réapprendre à boire
Il faudra respirer encore
Allez, respire encore
Allez, respire encore
Ah-ah, ah-ah, ah, ah
Ah-ah-ah-ah-ah-ah
Ah-ah, ah-ah, hah

Clara Luciani


Reprise des festivités musicales !!! Yes !!!!

Concert au Fil à Sainté avec mon amie Cath' ♥ après deux reports 

Le jeudi 14 octobre 2021 !


mardi 2 novembre 2021

Le bruit du rêve contre la vitre Axel Sénéquier


 « Sandra doit arriver d’une minute à l’autre. Il faut qu’elle se dépêche car derrière la vitre, il y a le soleil bleu, la mer jaune et les étoiles violettes qui s’impatientent, il y a cette vie bourdonnante qui attend qu’on la libère, il y a ces rêves qui frappent au carreau et craignent de mourir emprisonnés. Alors épuisé mais heureux, je désigne la fenêtre. L’infirmière comprend et me sourit. Lorsqu’elle tourne la poignée, le vent impatient s’engouffre dans cette chambre close et renverse les fleurs. Le vase explose sur le sol. Et dans les morceaux épars répandus aux quatre coins de la chambre, la lumière du soir se réfléchit et nous fait plisser les yeux. »

Douze nouvelles sur le confinement, le Covid-19 et cette époque trop sûre d’elle-même qu’un virus a balayée.

Du 17 mars au 11 mai 2020, Axel Sénéquier est resté confiné dans son appartement parisien. Il a mis ce temps à profit pour faire la connaissance de ses trois enfants et écrire les 12 nouvelles qui composent ce recueil, le deuxième publié par les éditions Quadrature (après Les vrais héros ne portent pas de slip rouge). Il est aussi auteur de théâtre. Son dernier test PCR s’est révélé négatif mais il continue de se désinfecter les mains plusieurs fois par jour. SOURCE QUADRATURE


Mon avis :

Bonjour Sandrine

 J’espère que vous allez bien.

 

Je vous avais fait parvenir mon recueil de nouvelles Le bruit du rêve contre la vitre en mai. L’avez-vous reçu ? Avez-vous pris le temps de le lire ? Je suis vraiment intéressé par votre retour sur ce texte.

 

Merci d’avance de votre retour,


Amitiés littéraires,

 

Axel Sénéquier

Ma chronique sur YouTube (chaque vendredi à 20h)


Cher Axel, 


Je vais bien, ne vous en faîtes pas… Enfin, je crois


Je tiens tout d'abord à m'excuser auprès de vous, pour ne pas avoir pris le temps de chroniquer plus rapidement votre recueil de nouvelles "Le bruit du rêve contre la vitre " .


Vous avez eu l'extrême gentillesse de me le faire envoyer en service de presse via Quadrature votre éditeur et je vous en remercie sincèrement. 


Votre recueil, je l'ai lu au mois d'août (et nous sommes déjà en novembre …) alors que j'étais en vacances à la maison (avec terrasse et jardin c'est bien ça ;-)). 


Sans vouloir retourner en arrière dans cette période Covid-confinée et alors que l'on sentait un frémissement de liberté dans cet été très mitigé côté météo, j'ai dû tout de même me priver d'un certain nombre de sympathiques choses car j'avais prévu de me faire vacciner pour la rentrée ... Et là oh malheurs ce n'est pas à la rentrée pour bosser que j'en avais besoin mais bel et bien pour mes vacances estivales…. Grrrr, génial sensas cool, grrrr .


Alors, je me suis fait plaisir en lecture, au moins cette activité ne me demandait aucun passeport quelconque, non mais oh ! 


Bref, comme on peut le dire " N'est stupide que la stupidité" … Mais je m'égare pardon.


Monsieur Senequier, j'ai beaucoup apprécié les regards que vous avez portés dans vos nouvelles.


C'est si juste, caustique, tragique, poétique, satirique etc....  Sans hic.


Vous décrivez les situations avec beaucoup de réalisme et vos 12 nouvelles nous donnent une très bonne idée de ce que chacun et chacune (sans accent Macronien) avons pu vivre lors de cette période si particulière.  


Vous dressez une panorama large des situations en confinement et j'ai réellement apprécié les regards justes que vous portez sur les gens.


Je vous remercie sincèrement, Axel (je vous appelle Axel j'espère que ça ne vous dérange pas) pour votre prose jamais prise de tête , légère mais très réaliste et plaisante.


On navigue dans vos 12 nouvelles dans cette période différente, que j'espère à un moment ou un autre nous aurons presque oublié, ou que nous nous remémorons avec émotions et sans nostalgie.


Une belle découverte que votre plume et votre esprit vif et joyeux.


J'invite tout le monde à se confiner pour lire "Le bruit du rêve contre la vitre". 


Enfin, ce qui est bien c'est que vos lecteurs n'ont pas besoin de pass-sanitaire (que j'ai finalement hein...) pour vous lire. 


J'espère que vous trouverez encore de l'inspiration pour d'autres nouvelles à nous faire déguster.


En attendant merci merci sincèrement.


Portez-vous bien ! 


Didi




" Les semaines, les mois et les années ont surgi du quotidien monotone et se sont accumulés sans effort, comme des coussins de lave qui jaillissent de la croûte terrestre sous la mer et durcissent instantanément au contact de l'eau. Tout est passé si vite, la vie dans ses milliers d'insignifiances a fini par former une île. Je n'ai pas vu le temps passer, me démenant dans ma roue, je n'ai pas senti les années , pourtant elles étaient là. La preuve la croûte terrestre s'est épaissie. Elle s'est gonflée d'une existence. Si c'était à refaire, je changerais tout. Je ne laisserais pas le vain et le futile remplir mes semaines? Je proposerais à Sandra ne refaire un enfant, même après ce qu'il s'est passé, je serais fou et ridicule, je mangerais des étoiles et fendrais ma poitrine? J'arrêterais d'écouter le bruit agaçant que font les rêves quand ils se cognent obstinément contre la fenêtre. C'est parce qu'il n'est plus temps, que l'urgence m'étreint. Je sens sur mon visage les larmes couler toutes seules." 



lundi 25 octobre 2021

La bonne chance Rosa Montero

 


Qu’est-ce qui pousse un homme à descendre d’un train à l’improviste et à se cacher dans un village perdu ? Il veut recommencer sa vie ou en finir ? Il fuit quelqu’un, ou quelque chose, peut-être lui-même ? Le destin l’a conduit jusqu’à Pozonegro, un ancien centre minier à l’agonie. Devant chez lui passent des trains qui peuvent être son salut ou sa perte, tandis que ceux qui le cherchent sont à l’affût.

Mais dans ce lieu maudit, où tout le monde a un secret, certains plus obscurs et dangereux que d’autres, cet homme rencontre des gens comme la lumineuse et généreuse Raluca, peut-être un peu cinglée aussi, qui croit que la joie est une habitude.

Une intrigue ensorcelante, d’une précision d’horlogerie, dévoile peu à peu le mystère de cet homme et, ce faisant, explore nos pulsions : la peur, la culpabilité, la haine et la passion.

Rosa Montero nous parle du Bien et du Mal, elle écrit un roman vivifiant et lumineux qui met l’amour, l’espoir et la rédemption au premier plan. La plume de Rosa Montero est un heureux antidote contre les temps qui courent. SOURCE Editions Métaillié


Mon avis : 

J'ai coché ce livre dans la sélection du 8 septembre 2021 de la Masse Critique de chez BABELIO, car j'avais déjà entendu beaucoup de bonnes choses concernant cette auteure espagnole Rosa Montero.


J'ai donc eu "La bonne chance"  de recevoir ce livre en échange de mon avis. 

Merci à Babelio qui m'offre toujours (ou presque) de belles lectures et aux Editions Métallié pour ce partenariat.

J'ai tout simplement adoré cette lecture ♥

L'histoire de cet homme qui prend une étrange décision en achetant et en s'installant dans un appartement minable dont il a vu l'affiche à vendre à bord d'un train.

Nous ne savons pas grand chose de lui et Rosa Montero va alterner les chapitres en s'emparant de divers personnages. Ceux qui vont croiser son chemin mais aussi ceux qui l'ont perdu en chemin.

On sent bien chez cet homme, Paco, une immense peine, que c'est un homme blessé, à terre.

Une très grande détresse l'a poussée à se retirer et même à se retrancher d'une vie a priori ordinaire.

"Il y avait longtemps que Pablo n'y pensait plus, il y a longtemps en fait qu'il ne pense pratiquement plus à rien et qu'il essaie de se métamorphoser en morceau de liège, en branche, en pierre, en une chose immobile et tranquille concentrer sur le fait d'exister à défaut d'être."

Rosa Montero tout en finesse, en nous dressant toute une galerie de personnages tous plus intéressants, étranges, fascinants, malfaisants, attendrissants, les uns que les autres. 

Avec tous ces personnages, elle va nous faire découvrir ce que cet homme a fui, ce que cet homme est, a été et sera.

J'ai aimé tous ces portraits que l'auteure nous décrit avec humour, tendresse mais aussi de façon caustique et amer. Je vous laisserai les découvrir pour ne pas tout vous dévoiler...

Ce livre c'est aussi et surtout,  l'improbable rencontre de Paco et Raluca.

Là où se trouvait le vide, là où était l'improbable, va surgir l'étincelle, de celle qui peut raviver le merveilleux entre deux. 

" Raluca est une planète, Raluca est la Terre flottant dans l'espace, bleue et verte et blanche de la crème fouettée des nuages, une boule ensoleillée et fulgurante, aussi belle que la plus belle des perles dans la noirceur solitaire du cosmos, et Pablo est une météore qui tombe frénétiquement vers elle, piégé par l'inexorable loi de la gravité."

Les thématiques de la famille, de la paternité sont au cœur de ce livre, tout comme celles de la reconstruction, de a rédemption, de l'empathie et de la bienveillance.

Les parcours de vie ne prennent pas toujours les chemins que l'on aurait souhaités et les relations familiales ne vont pas toujours de soi… 

Il faut compter parfois sur sa bonne chance, celle qui nous fait avancer vers un futur plus beau.

Un très beau roman, que j'ai vraiment apprécié ♥♥♥♥

Une plume alerte, joyeuse et néanmoins profonde 

qui délivre de bien beaux messages. 

Une très bonne chance avec cette lecture !

Rosa Montero, je vous lirai à nouveau c'est certain.

Merci Merci Merci ! 


"Raluca est imparfaite. Glorieusement imparfaite. Sans cet enchevêtrement de dents et sans cet œil paresseux qui semble parfois se rapetisser ou s'endormir, elle serait une femme trop belle. Pablo admire le kintsugi, l'art japonais de réparer les céramiques brisées à l'aide d'une résine mélangée à de la poudre d'or ou d'argent, de sorte que la fissure reste bien visible, brillante, soulignée, ennoblie par le métal. Les japonais pensent que ces cicatrices, cette histoire, cette faille, sont la beauté de l'objet? Pablo se rappelle maintenant ce bol délicat du XVIIe siècle qu'il avait acheté à Kyoto, la nervure dorée de son ancienne blessure bien visible."


tous les livres sur Babelio.com

jeudi 7 octobre 2021

Un autre pas vers la rivière Pierre Pelot

 


#UnautrepasdanslarivièreNouvelleédition #NetGalleyFrance

Version revue et corrigée de La Montagne des bœufs sauvages, sorte de récit de voyage  au pays natal de l’auteur : les Vosges ; récit qui mêle joyeusement souvenirs d’enfance  et descriptions des paysages vosgiens, au rythme des saisons.

Je suis né, dans cette vallée de la montagne des bœufs sauvages étroitement serrée par les hauteurs rondes aux couleurs délavées, rousses et bleuies, comme des ressacs pétrifiés de vagues écumées.

Vosges.

Pays de vent, de rivières à eaux d’ambre, de forêts profondes, de montagnes au sommet fatigué, les Vosges sont l’âme et le cœur de l’œuvre de Pierre Pelot.

Elles s’incarnent ici au fil des souvenirs d’enfance lumineux de l’auteur. Il y raconte les siens, le quartier ouvrier du tissage où ses parents se sont rencontrés, ses rêveries, sa maison au bord de l’eau, dans un récit qui se savoure comme une invitation au voyage au plus près d’une nature rugueuse, secrète, et d’hommes et de femmes forgés par des histoires qui n’appartiennent qu’à eux.

Une mémoire et une terre partagées avec les mots magnifiques de Pierre Pelot.

Mon avis : 

L'écriture du paysage, l'écriture façonnée par la nature et la nature façonnant l'écriture de Pierre Pelot. 

Un très beau livre, un livre d'amour à son pays. 

A ses racines et à ses souvenirs d'enfance.

"Les derniers jours des vacances sentaient déjà vilainement la rentrée, des fraîcheurs sereines flottaient les soirs, comme des haleines , sur les bords de l'eau. Les forains installaient sur la place du village leurs caravanes immenses, pour la fête patronale...

On avait la peau brune et les genoux crouteux, des cicatrices et des griffures de vacances remontées haut sur les mollets. Dans quelques semaines, pas davantage, on remettrait des pantalons longs. Les années n'en finissaient jamais."

Les Vosges région étant elle-même un personnage en lien en osmose avec ses résidents.

" Ces gens sont les printemps qui s'insinuent sous les cieux délavés, tremblants d'un reste de froidure et poussant d'un bord à l'autre des montagnes un troupeau de nuages caillés. Quand les prés se défroissent et que les terres gelées suent la boue de sous leur épiderme craquelé. Des matins encore frissonnants, la pluie sans averse semble monter du sol, emperle les herbes qui pointent en vert fragile à travers l'entrelacs des vieilles fenaisons manquées, couchées à plein coteau, dessine au fusain les ramures qu'elle rehausse de craie, brille à la pointe des bourgeons pleureurs et étonnés."

On se promène en pays sauvage, en pays rude mais si beau. 

" Dans la rivière coulent de l'encre et de l'argent fondu, des glaires de mercure, des filaments diamantifères, qui murmurent et se coulent dans le paysage encore ouvert entre les berges éléphantiasiques méconnaissables sous leurs boursouflures de glace. du surnaturel suinte dans l'air figé de ces sortes de nuits posées dans la grimpée vers le perpétuel mystère caché. Vous n'êtes pas sitôt dehors que le froid se dépose sur vos cils et s'insinue dans vos narines et vous mord le bord des dents par l'interstice entrouvert de vos lèvres, il vous lèche les joues, vous pince les oreilles, il est sur vos cuisses et vos genoux à travers la grande culotte, vous auriez dû, comme maman vous le disait, mettre des caleçons longs. "

On sent la neige, le froid, le vent, on s'immerge dans les rivières, les espaces, les montagnes, on admire, les arbres, les animaux et on s'insinue chez les gens d'ici… 

"L'animal avait sans doute été touché par une voiture. Il s'était traîné jusque-là, ou bien on l'y avait jeté. Il était couché dans les empreintes moulées de centaines de pas, en travers du trottoir, devant l'ancienne Ecole des Filles. Sombre, un animal sombre, sous la neige qui poudrait son pelage d'argent dans la lumière des guirlandes. Un renard d'un an à peine, la pointe de la queue grise. Il avait du sang sur les dents, les yeux entrouverts.  Il l'a prise, comme on porte un chat, ça ne pèse guère plus un renard, et l'a ramenée chez lui et les flocons fondaient dès qu'ils touchaient ses yeux."

J'ai ressenti très fort cet attachement à la terre, à son ultime respect.

"Il avait appris, dans sa vallée à l'abri de la montagne, les couleurs et les senteurs des saisons de passage, attardées et couchées les unes après les autres sur les prés diversement coiffés et barbouillés pour chacune des occasions, toutes ses odeurs sculptrices d'invisible, soulevées et dégringolées comme la cavalcade des âmes des bêtes à travers la forêt." 

L'écriture m'a fait penser à celle de l'auteur islandais Jon Kalman Stefansson surtout avec "Lumière d'été puis vient la nuit" 

J'ai aimé cette lecture qui parfois m'a fait perdre pieds dans les songes et les failles que Pierre Pelot n'hésite pas à ausculter tout en perdant parfois son lecteur comme au cœur d'une forêt bien sombre. Mais ce n'est pas ça que je retiendrai de ma lecture qui a su m'envouter.

Une lecture qui met en valeur ces Vosges et aussi de ceux qui vivent là car ils y sont nés.

" De chairs et d'os, de pensées et de sentiments, des gens de peines et de bonheurs - ont vécu là. Ici et partout. Dans l'ombre des arbres d'aujourd'hui entrelacées aux ombres de leur souvenir. Il suffit d'un rien, pour que la mémoire enfouie somnolente à jamais se réveille tout à fait, que se dressent les présences couchées sous les épaisseurs des feuilles mortes. Les fantômes surgis. les fantômes ne sont pas hostiles, ils sont juste des histoires qui dorment au bord du présent qui nous suit pas à pas comme une ombre."

Un pays où la nature est l'essentiel et qui forcément saura me plaire… 

Futures découvertes d'un coin de mon beau pays, la France.

Merci à NetGalley et Les Presses de la Cité pour cette belle lecture !



samedi 18 septembre 2021

Les miracles du bazar Namiya Keigo Higashino



En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes délinquants se réfugient dans une vieille boutique abandonnée pour s’y cacher jusqu’au lendemain. Dans le courant de la nuit, quelqu’un glisse une lettre par la fente du rideau métallique. Lorsqu’ils l’ouvrent, les trois compères découvrent qu’elle contient une requête adressée à l’ancien propriétaire, qui s’était taillé une petite notoriété dans le quartier en prodiguant des conseils de toutes sortes à ceux qui lui écrivaient. Mais la lettre a été écrite… trente-deux ans auparavant. Ils décident de répondre à cette mystérieuse demande de conseil et déposent leur missive dans la boîte à lait à l’arrière de la boutique, comme l’ancien tenancier avait coutume de le faire. Aussitôt, une nouvelle lettre tombe par la fente du rideau métallique, elle aussi venue du passé… L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont infléchir le cours de plusieurs destinées, sans se douter qu’ils vont peut-être aussi bouleverser la leur.

Admiré pour la mécanique parfaite de ses intrigues policières, Keigo Higashino fait une incursion dans le fantastique et réussit un petit miracle de roman, touchant et profondément humaniste.



Mon avis : 

Ce livre était lauréat du GpP catégorie SFFF et il a obtenu LE BOOK DE BRONZE chez mes amies Dup' et Phooka  du blog "BOOKENSTOCK". Ce grand petit prix est une belle réussite et nous offre toujours des belles découvertes. VOIR ICI 

Et en plus,  j'ai eu la chance de l'avoir en cadeau de leur part en participant à leur Grand petit Prix édition 2021. 

Merci merci les filles et bravo pour votre blog et entre autre vos Mois 2 et le GpP !


Un livre que j'ai apprécié et qui a accompagné mes vacances au Pays Basque ! (lu en juillet, je suis considérablement en retard dans les avis des livres que j'ai lus cet été, ici sur mon blogounet).

J'ai apprécié l'originalité de ce livre, son ambiance hors du temps. Là encore, j'ai voyagé dans le temps et l'espace puisque l'histoire se passe au japon.

Le voyage dans le temps se réalise à travers des lettres déposées dans une boite à lait du bazar Namiya.

Trois jeunes gens ont trouvé refuge dans ce vieux bazar fermé depuis longtemps… 

On ne sait pas ce qu'ils fuient et pourquoi ils se cachent ici, mais très vite on comprend que ce bazar est le lieu de dépôt de lettres venant du passé et que ces lettres sont des demandes de protagonistes divers souhaitant avoir des réponses pour résoudre des problèmes divers.

Boîte à soucis 
"N'hésitez pas à faire part au bazar Namiya de toutes les questions qui vous préoccupent."

Ces garçons vont alors se prêter au jeu, jeu qui n'en est pas vraiment un. En effet, ils répondent aux missives tout en ayant connaissance du futur et peuvent donc infléchir sur des décisions difficiles à prendre sans ces éléments pour les protagonistes du passé

Tout le talent des jeunes gens, sera alors d'infléchir sans trop en dire et aussi de ne pas rester coincés dans cet espace temps étrange au sein du bazar de Namiya.

On va croiser des personnages nous aussi à travers ces lettres et outre le bazar Namiya, un foyer pour jeunes enfants va occuper une place très importante dans le récit.

C'est un vieux monsieur qui était au bazar et s'amusait à répondre à toutes les questions des plus insignifiantes au plus ardues !

Au fur et à mesure, son rôle est devenu très sérieux et il a toujours eu beaucoup de respect pour les gens.

Je me suis attachée à tous ces personnages et me suis prise à imaginer ce que je pourrais leur suggérer. Mais comme le dit le vieux monsieur, il faut laisser les décisions aux personnes, ne rien leur imposer.

Si les prénoms japonais peuvent un peu nous perdre parfois, j'ai trouvé ce livre très bien fait.

Il jette des ponts entre les époques et les personnages.

Le "travail" de conseils à l'autre, sert tout aussi bien à soi même.  Celui qui donne des conseils bénéficie lui même de cette aide. C'est gagnant - gagnant !

Le changement dans les technologies à une place importante mais au fond ce qui reste toujours et avant tout ce sont bien les liens humains.

L'entraide est au cœur de tout et l'écoute également.

Ce livre est une très belle mise en valeur de la bienveillance et de la reconnaissance que l'on cherche souvent.

Alors, je vous invite à découvrir "Les miracles du bazar de Namiya", 
et tous les protagonistes attachants de cette histoire fantastique ;

Le lapin de la lune, Le poissonnier musicien, La fille de Green River,
 Paul Lennon ou encore le chiot qui doute. 

Mais aussi, Shôta, Kohei et Atsuya les trois jeunes coincés dans ce bazar pas comme les autres et bien sur la famille Namiya.

Pour ma part, ce fut un plaisir fabuleux de lecture 
avec cet auteur japonais dont j'ai aimé le style et l'originalité  !

Merci les filles Dup' et Phooka ♥♥♥ 

"Je comparerais volontiers les personnes qui viennent me consulter à des gens qui ont perdu leur chemin. 
Dans la majorité des cas, ils ont en réalité une carte, un plan qui leur indique le chemin, mais ils ne le consultent pas, où bien ils ne savent pas où ils se trouvent sur ce plan. Mais votre cas est différent. Votre plan est à l'échelle de feuille blanche. Et vous êtes dans une situation où vous ne savez même pas où trouver le chemin qui vous permettre de définir un but.
Pourquoi ne pas changer de point de vue ?
On peut dessiner n'importe qu'elle carte sur une feuille blanche. Tout dépend de vous.
Votre liberté est infinie, comme vos possibilités. C'est une chose merveilleuse.
Ayez confiance en vous, et je prie pour que vous viviez sans regret." Bazar Namiya


 

  

lundi 13 septembre 2021

La Dame d'argile Christiana Moreau

 


Sabrina est restauratrice au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Elle vient de perdre sa grand-mère, Angela, et a découvert, dans la maison de celle-ci, une magnifique sculpture en argile représentant un buste féminin, signée de la main de Costanza Marsiato. Le modèle n’est autre que Simonetta Vespucci, qui a illuminé le quattrocento italien de sa grande beauté et inspiré les artistes les plus renommés de son temps.

Qui était cette mystérieuse Costanza, sculptrice méconnue ? Comment Angela, Italienne d’origine modeste contrainte d’émigrer en Belgique après la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle pu se retrouver en possession d’une telle œuvre ? Sabrina décide de partir à Florence pour en savoir plus. Une quête des origines sur la terre de ses ancêtres qui l’appelle plus fortement que jamais...
Dans ce roman d’une grande sensibilité, le fabuleux talent de conteuse de Christiana Moreau fait s’entremêler avec habileté les voix, les époques et les lieux, et donne à ces quatre destins de femmes un éclat flamboyant.

Mon avis :

 #LaDamedargile #NetGalleyFrance 

Une très belle lecture où une sculpture d'argile va relier les personnages féminins de ce livre.

Des destinées nous permettant de naviguer dans le temps et l'espace pour une plongée dans l'histoire.

La femme de notre époque : Sabrina est celle qui découvre le buste dans le grenier de sa grand-mère Angela qui vient de mourir. Sabrina est restauratrice au musée des Beaux Arts en Belgique et elle va enquêter sur cette statue et remonter dans le temps.

Cette statue d'argile est signée Costanza Marsiato. Nous allons donc découvrir l'histoire de cette femme sculptrice à l'époque de la Renaissance mais également on va découvrir la vie du modèle de cette sculpture : Simonetta Vespucci.


La Renaissance italienne quelle époque fabuleuse pour les arts. L'auteure nous en parle très bien, sans prétention, et nous fait découvrir cette époque à travers des regards féminins, aussi bien dans les ateliers que dans les palais avec la famille des Médicis et ce modèle féminin de Simonetta Vespucci.

On visite aussi Florence avec Sabrina, avec tout ce que nous pouvons admirer dans cette ville magnifique, héritage du Quattrocento !

Les chapitres alternent entre les divers personnages féminins : Sabrina, Angela, Costanza, Simonetta. 

Avec  en toile de fond ce que ces femmes on eu a subir mais aussi à vivre, dans leur métier, dans leur statut social, mais aussi dans leur vie intime et amoureuse.

On remonte jusqu'à la Renaissance à l'époque d'aujourd'hui et on voyage à Florence en Italie aussi en Wallonie.

La grand-mère Angela, elle,  a dû rejoindre son mari en Wallonie suite à un accord bilatéral qui a conduit des hommes italiens à travailler dans les mines de Belgique pour que l'Italie puisse avoir du charbon en échange. 

Angela ayant apporter avec elle précautionneusement dans une valise la belle sculpture qui était dans la famille de génération en génération. 


Je remercie NetGalley et les Editions Préludes 
pour cette lecture que j'ai beaucoup appréciée 
et qui m'a fait voyager dans le temps et l'espace 
au travers des vies féminines captivantes
 avec cette sculpture en fil conducteur.

Un livre qui nous apprends des choses et nous divertit que demander de plus !

tous les livres sur Babelio.com


P.S : De quoi me redonner envie de retourner à Florence que j'ai découvert quand j'avais 15 ans en voyage scolaire.  J'avais caressé le groin du Porcellino alors je suis sensée revoir Firenze et sa Galerie des Offices