dimanche 29 novembre 2020

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon Jean-Paul Dubois

 



Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit. Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman. Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice. Edité par Editions de l'Olivier - 2019

Mon avis :

Cette lecture je l'ai faite grâce à la MEDIATHEQUE NUMERIQUE DE LA LOIRE qui permet à tous les ligériens de s'y inscrire gratuitement et de lire avec le même principe qu'une bibliothèque mais en version numérique des tas et des tas de livres !

Alors bien sur, je n'ai pas résisté à la tentation d'emprunter numériquement des livres (que je n'ai pas encore dans ma PAL pourtant très très grande...) 

Je ne suis pas arrivée à être raisonnable, mais faut-il l'être vraiment par ces temps de restriction en tout genre et de stress "covidienprotocolaireattestation..." ???? 

Un peu de culture, de détente et d'évasion ne font pas de mal ! 

Il y avait longtemps que je voulais découvrir la plume de Jean-Paul Dubois, dont j'ai entendu le plus grand bien par des blogueurs que je suis et dont les goûts sont assez proches des miens (Jérôme, Violette, Keisha et bien d'autre) et bien sur les Babeliens dont on dénombre pas moins de 2000 lecteurs sur le site et 464 chroniques pour ce livre !

Prix Goncourt 2019 il n'en fallait pas plus pour que je me lance, à la faveur de l'offre de la médiathèque et de ce mois de novembre 2020 qui n'en finit pas d'être privé de biens des plaisirs.

Je me lance dans cette lecture et en guise d'évasion voilà que je me suis retrouvée en prison avec Paul Hansen ! Et bien bravo pour l'évasion oki la prison est au Canada alors ça compense. 

Oui, Paul écoule sa peine au pénitencier de Montréal et son meilleur moyen d'évasion c'est de repenser à sa vie et plus particulièrement à trois personnes ayant compté dans sa destinée : son père le pasteur Johanes Hansen, sa femme Winona et sa chienne Nouk.

Les premières années, j'avais eu énormément de difficulté à accepter l'idée de devoir vivre avec mes morts. (...) Pour Winona, le trouble se dissipa très vite tant elle m'avait préparé à la légende de cet infra-monde algonquin à l'intérieur duquel se côtoyaient les vivants et les morts. Elle disait souvent qu'il n'y avait rien de plus normal que d'accepter ce dialogue avec les défunts qui vivaient désormais dans un autre univers. " nos ancêtres poursuivent une autre existence. Et si on les enterre avec tous leurs objets c'est pour qu'ils puissent, ailleurs, poursuivre une autre existence. E " J'aimais bien la fragile logique de ce monde bricolé d'espérance et d'amour.

On sent chez lui de multiples fêlures et ainsi ne pas savoir vraiment dès le départ pourquoi il purgeait une peine de 2 ans d'emprisonnement n'a pas été capital pour moi. Même si on le comprendra dans l'histoire rassurez vous.

J'ai eu pour ma part tout de suite confiance en cet homme, en me disant qu'il avait dérivé sans le faire exprès. 

En fait Paul Hansen a attiré ma sympathie et j'étais intimement persuadée que c'était un homme bon et loyal, un homme avec ses failles et ses doutes.

Il y a donc toute une partie hors de la prison mais il y a aussi la vie dans la prison avec l'inénarrable Patrick Hobson, son colocataire de cellule à la prison.

Si le récit aurait pu être limite plombant (la vie d'adulte de Paul n'est pas super excitante..., Jean-Paul Dubois en invitant le personnage de Patrick Hobson, vivant 24 h sur 24  avec Paul  va distiller une bonne dose d'humour et de dérision dans son récit.

Lorsque l'embarras de soi et le poids du temps deviennent un fardeau trop lourd, il suffit de renoncer et de s'abandonner au rythme lent et têtu de l'horloge de la prison.

J'ai adoré et j'ai eu le sourire aux lèvres bien des fois. Patrick Horton porte un regard sur le monde pas piqué des vers ! 

T’as vu le curé ? Putain, je le sens pas. Il a une tête à clouer les pattes des chats.

Je crois que c'est la marque de fabrique de l'auteur et bien je suis heureuse de savoir que pleins d'autres livres de lui m'attendent ! 

La vie de Paul est déployée de sa naissance en février 1955 à sa sortie de prison et j'ai aimé connaître sa vie et celles de ses parents. Ses racines profondes vont le construire et le conduire de la France au Canada avec un retour au Danemark pays originaire de son père, bouclant la boucle. Tout son travail de superintendant à l'Excelsior et ses rencontres en tant qu'homme.

Une très bonne lecture que j'ai appréciée pour sa finesse d'esprit, son humour et sa nostalgie. Par sa peinture de l'univers carcéral par l'intermédiaire de Patrick Horton, ce compagnon de cellule qui m'a très souvent fait beaucoup rire et qui sans le savoir a été pour Paul un compagnon de cellule incroyable !

Je vous invite à faire la connaissance de tous les personnages qui jalonnent la vie de Paul. Je ne veux pas tout vous raconter ce n'est pas le but de ce billet 

Je vous laisse ce plaisir de lecture !

Quant à moi je lirais Jean-Paul Dubois avec plaisir.

Portez-vous bien !


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mercredi 18 novembre 2020

Nuuk Mo Malø


Saluée par de nombreux festivals et prix littéraires, traduite dans plusieurs langues, la série des enquêtes de Qaanaaq Adriensen fascine et surprend. Une poursuite hallucinante contre le mal et contre soi-même.

Dans les villages du Groenland, une étrange épidémie de suicides touche les jeunes gens. La misère sociale et la rudesse climatique n’expliquent pas tout.
Après un long passage à vide, la hiérarchie de Qaanaaq Adriensen l’a autorisé à reprendre son poste de chef de la police de Nuuk, la capitale du pays. Mais sous deux conditions : être suivi par une thérapeute et renoncer aux expéditions sanglantes qui ont fait sa réputation. Hélas, ses démons le reprennent vite, au grand dam de son adjoint inuit, Apputiku Kalakek.
Qaanaaq découvre que les différentes morts sont liées par les traces du passage d’un mystérieux chamane chez plusieurs victimes. Et partout où se rend le policier, lui sont livrées, colis après colis, les pièces d’un puzzle macabre. Paranoïaque, disent-ils ? Qaanaaq veut prouver à tous que ses failles n’ont pas atteint ce qu’il a de meilleur en lui : son instinct de chasseur.

Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages sous d’autres identités. Il vit en France. Nuuk est la nouvelle enquête de l’inspecteur Qaanaaq Adriensen. Sa série a été finaliste des Prix du meilleur polar des lecteurs de Points, du prestigieux prix Michel Lebrun et a reçu le prix Découverte du festival des Mines noires ( Diskø). Tous les ouvrages de la série peuvent se lire indépendamment les uns des autres.


Mon avis : 

Ce livre je l'ai obtenu à la masse critique mauvais genre chez mon BABELIO.



Merci aux Editions La Martinière Noir  et à Babelio pour ce livre !

J'ai bien lu que nous pouvions lire ce livre indépendamment des autres (les deux premiers) alors j'ai tenté ma chance pour cet opus là et bingo je l'ai eu.

Un polar, le Groenland, tout était réunis pour semblait-t-il un bon moment lecture ... Mais alors, non, pardon, mais non, cette lecture n'a pas su me plaire. 

C'est un peu court ma "brave dame" mais pourquoi cette déception ?!!! Et bien figurez -vous que je n'ai pas accroché au personnage principal l'inspecteur Qaanaaq Adriensen. 

Peut-être est-il important de lire les premiers opus de la série pour mieux cerner le personnage, dans ce cas, il est dommage sous prétexte de vendre le livre, d'en indiquer le contraire.

Mais, si en effet, en lisant les premiers  livres, on pourrait sans doute un peu mieux le cerner, je trouve que l'auteur n'arrive pas à nous le rendre intéressant et que le personnage sonne creux bien des fois.

Et puis, que dire des situations dans lesquelles Mo Malø le mets et l'en sort. Sans vouloir vous dévoiler toutes les actions de l'histoire, j'ai pesté quand il a eu son accident d'hélicoptère en pleine mer, mer déchainée par une tempête incroyable. L'hélico s'abimera en mer, tuant sur le coup le pilote, mais laissant Qaanaak indemne, en rajoutant, parce que ce n'était déjà pas assez, une terrible morsure à la jambe par un requin géant et très vieux (mais avec toutes ses dents ...)

Alors non seulement les séquelles physiques sont minimes (à se demander si le requin avait bien toutes ses dents...?!!!) Mais, en plus la mort du pilote est reléguée aux oubliettes et ne ressort que tardivement et si brièvement dans le déroulé de l'intrigue que ça m'a blasée ... 

En fait, Qaanaak est fait de glace, c'est ça,  à l'intérieur et à l'extérieur ? Et je ne vous relate pas les éléments de sa vie privée qui semblent lui glisser dessus comme peau de phoque sur neige damée ...

Pardon je m'emballe, je m'emballe. Mais, je vous assure j'aime les personnages de polar, mais j'aime quand ils ont une âme, des failles, des creux et qu'ils sont aussi forts et doués et surprenants. 

Je n'aime pas dans un polar, quand je suis amenée à ne pas y croire et dans ce livre au résumé pourtant très alléchant (chamanisme, tradition inuits, enquête, Groenland, jeunesse en mal d'être ...), l'intrigue à force de circonvolutions aura fini par me perdre et un peu m'exaspérée. 

Et si j'en rajoute une couche et bien j'ai été très dubitative devant le terme utilisé et répété : "Pis " ! 

Bon tant "pis" je suis passée à côté de cette lecture,

 Mo Malø ne m'a pas embarquée au pays du froid 

avec son héros récurrent Qaanaak qui aurait gagné en profondeur... 

Quant à vous et bien faites ce que vous voulez !

Portez-vous bien et lisez pour vous évader !


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dimanche 8 novembre 2020

Patagonie route 203 Eduardo Fernando Varela

 

 #Patagonieroute203 #NetGalleyFrance




Au volant de son camion, un énigmatique saxophoniste parcourt la géographie folle des routes secondaires de la Patagonie et subit les caprices des vents omniprésents.

Perdu dans l’immensité du paysage, il se trouve confronté à des situations aussi étonnantes et hostiles que le paysage qui l’entoure. Saline du Désespoir, La Pourrie, Mule Morte, Indien Méchant et autres lieux favorisent les rencontres improbables avec des personnages peu aimables et extravagants : un journaliste qui conduit une voiture sans freins et cherche des sous-marins nazis, des trinitaires anthropophages qui renoncent à la viande, des jumeaux évangéliques boliviens gardiens d’un Train fantôme, un garagiste irascible et un mari jaloux…

Au milieu de ces routes où tout le monde semble agir selon une logique insaisissable, Parker tombe amoureux de la caissière d’une fête foraine. Mais comment peut-on suivre à la trace quelqu’un dans un univers où quand on demande son chemin on vous répond : « Vous continuez tout droit, le jeudi vous tournez à gauche et à la tombée de la nuit tournez encore à gauche, tôt ou tard vous allez arriver à la mer » ?

Ce fabuleux premier roman est un formidable road-trip, dans un paysage dévorant, sur les routes les plus inhospitalières et sidérantes du sud du monde où rien ni personne n’est ce qu’il semble être.


Mon avis : 

Une excellente lecture où les paysages et la météo accompagnent Parker, ce camionneur en fuite sur les routes de Patagonie. 

Un livre étonnant et onirique. Les éléments de la nature y sont comme la vie et les sentiments.

J'ai aimé que l'auteur entremêle les sentiments de ses protagonistes dans ce grand "tout". 

Le vent est omniprésent et fait souffler le chaud et le froid sur l'histoire. Comme quand on fait du vélo, selon que le vent nous pousse, ou au contraire, quand celui-ci est en vent contraire et que l'on n'avance pas d'un pouce.

Le vent violent provoquait, toujours chez lui un dérèglement intérieur, la sensation que rien n'était à sa place, que toutes les choses de la vie étaient précaires ou inutiles et qu'il ne lui restait qu'à trouver un endroit où s'abriter.

Ce livre nous imprime des images oniriques et on sent bien chez l'auteur qu'il a déjà travaillé pour le cinéma. 

Cette lecture laisse en moi des tas de beaux instantanés, des images qui trottent encore et encore dans ma petite tête : le parc d'attraction, le train fantôme, la plage, les routes infinies, le camion et son installation maison, le désert de sel, les villages presque fantômes ...

Et que dire des personnages qui traversent cette histoire, de la belle Mayten dont Parker aura un vrai coup de foudre, à ce journaliste bizarre cherchant toujours l'improbable, aux jumeaux péruviens qui sont des aides précieuses pour Bruno le patron de la fête foraine et mari de Mayten. Et j'en passe vous aurez le plaisir de les croiser sur la Route 203.

Une belle histoire d'amour, très différente des romans à l'eau de rose mais qui nous offre tout une foule de sensations qui tourbillonnent en ces temps moroses.

"La vie ne lui accorderait pas une seconde chance: la Patagonie était tellement immense et illimitée qu'ils risquaient de ne jamais se retrouver, mais par un paradoxe de la géographie, il arrivait de cette immensité rapproche les personnes et que leurs chemins se croisent de nouveau."

Merci NetGalley, Merci Eduardo Fernando Varela et merci aux Editions Métaillié pour cette envolée livresque qui m'a fait tutoyer les étoiles au sommet des montagnes de Patagonie !

Quant à vous je ne peux que vous inciter à ne pas avoir peur et de monter à bord du camion de Parker comme l'a fait Mayten  pour vivre intensément la vie au milieu du vent et les étoiles !