mercredi 11 mai 2022

Je chante et la montagne danse Irene Solà

 


Dans un village perché en haut des Pyrénées, on conserve la mémoire des drames familiaux, des persécutions guidées par l’ignorance, des exécutions sommaires de la guerre civile. Mais rien, jamais, ne vient altérer la profonde beauté du lieu, terre propice à l’imagination, à la poésie, aux histoires transmises de génération en génération.

Chaque voix raconte : d’abord les nuages et l’éclair qui foudroya Domènec, le paysan poète. Puis Dolceta, qui ne peut s’empêcher de rire lorsqu’elle se rappelle avoir été pendue pour sorcellerie. Sió, qui dut s’occuper seule de ses deux enfants. Puis les trompettes de la mort qui annoncent l’immuabilité du cycle de la vie. Le chevreuil, l’ours, la femme amoureuse, l’homme blessé par balle, et les autres.

Dans ce lieu hors du temps, amitiés, mariages, deuils, naissances s’entrelacent au fil des saisons.

Ode à la puissance de la nature, Je chante et la montagne danse mêle les légendes et le folklore catalans aux histoires bien réelles de ceux qui habitent ce lieu protégé par ses montagnes. Aussi limpide que poétique, la langue d’Irene Solà est un doux murmure qui enveloppe, transporte et résonne longtemps.

SOURCE ROMAN SEUIL 

Mon avis :

Les Pyrénées sublimes montagnes, nous enchantent et nous ensorcellent sous la plume d'Irene Solà.

"Je chante et la montagne danse" nous immerge dans ces montagnes, avec leur histoire, leurs richesses, leurs rudesses.

Le livre nous invite à découvrir les habitants de ces montagnes, ceux qui s'y accrochent et vivent dans ce lieu si beau et si aussi si dure .

On découvre leurs histoires, à ces gens d'ici, ces gens du haut, qui vivent dans un lieu magnifique. 

La nature sauvage qui règne dans les montagnes guide sa loi et sait offrir tant de belles choses.

Irene Solà nous offre un récit envoutant, onirique, poétique, où les saisons et le temps entrelacent les histoires.

Irene Solà va invoquer les dones d'aigua, les sorcières, des figures mythologiques. Ces dames de l'eau sont aussi des guérisseuses.

Elle invoque même La Montagne qui prend la parole dans le chapitre intitulé "Le choc".

La vie d'une montagne est si longue, qu'elle replace très facilement la vie des hommes dans une dimension très éphémère.

Elle fait parler aussi parler les animaux : chien, ours.

Irene Solà, nous offre de l'originalité dans son récit.

Dans ce livre il y a des deuils, de ceux qui bousculent la vie de ceux qui restent (une femme, un ami, une sœur, des enfants…).

Il y a toujours là, la montagne, qui donne mais peut tout prendre aussi et la folie des hommes.

Je suis friande des récits mêlant poésie, mythologie, légendes et histoires humaines au cœur de paysages façonnant les êtres, ainsi cette masse critique privilégiée a été pour moi une vraie belle découverte. J'ai trouvé l'écriture inventive.

J'ai pensé aussi à l'écriture de Jón Kalman Stefánsson, cet écrivain que j'aime beaucoup c'est une bonne référence pour moi.

L'histoire n'est pas linéaire et on peut ne pas aimer, ce n'est pas mon cas.

Cette belle lecture résonnera longtemps en moi. C'est une ode magnifique faite aux montagnes des Pyrénées. Ces montagnes qui ont su ravir mon cœur ♥ 

Je chante la lune quand elle est pleine,

croc rond de la nuit aimable,

chatte pleine.

Je chante la rivière gelée,

compagne de mon âme,

comme une veine, comme une larme.

Je chante la forêt généreuse, 

pleine de poissons, de lièvres, de ceps.

Je chante les jours magnanimes, 

la brise d'été, la brise d'hiver,

les matins, les soirs, 

la pluie ténue, la pluie rageuse. 

Je chante la pente, le sommet, le pré,

les orties, l'églantier, la ronce.

Je chante comme on fait son jardin, 

comme on coupe une planche, 

comme on bâtit une maison, 

comme on grimpe une colline, 

comme on mange une noix, 

comme on fait de la braie.

Comme Dieu créant les animaux et les plantes.

Je chante et la montagne danse.

Le livre est très joli avec sa couverture qui montre une partie de l'illustration de Joseph Anton Koch 1796. Mais en faisant quelques recherches, je me rends compte qu'il n'y a aucun rapport avec les Pyrénées car il s'agit d'une chute d'eau dans les hautes terres de Berne, le peintre est autrichien. Enfin, ce genre de cascade existe dans les Pyrénées...

Cette masse critique privilégiée était une très belle lecture 

et je remercie Babelio et les éditions Seuil pour ce cadeau !

Ce livre vous le trouverez dans vos librairies ce vendredi 13 mai 2022.

Alors n'hésitez pas à offrir ou/et à vous offrir ce beau livre !


" La poésie doit être libre comme le rossignol. 

Comme le matin. Comme l'air léger du soir."



vendredi 29 avril 2022

La vague arrêtée Juan Carlos Méndes Guédez

 


Magdalena a quitté le Venezuela pour Madrid, elle est devenue une enquêtrice réputée, tout va bien pour elle, à l’exception d’un amant envahissant et indiscret. On lui propose une nouvelle affaire : un homme politique madrilène lui demande de retrouver sa fille et de la lui ramener, elle aurait été enlevée et retenue à Caracas.

Magdalena est sûre de ses compétences et elle a une arme secrète : des dons que lui a accordés María Lionza, la déesse guerrière vénézuélienne, bref elle est un peu sorcière et a des intuitions salvatrices. Mais rien ne va se passer comme prévu, sa magie est intermittente et Caracas, la ville la plus dangereuse du monde, a beaucoup changé.

De surprise en surprise, nous allons nous plonger dans une ville en crise et être confrontés à sa faune dangereuse. Un thriller palpitant avec une détective unique en son genre. SOURCE Métailié Noir 



Lecture de "La vague arrêtée" de Juan Méndez Guédez grâce à Babelio et les éditions Métailié Noir lors de la Masse Critique mauvais genre du 9 mars 2022.

En m'excusant pour le retard dans l'édition de mon avis 😇. Retard dû, non pas à ma vitesse de lecture, car j'ai englouti ce livre, mais j'ai été bousculée par mon séjour en Italie qui m'a accaparé loin du net.

Ce livre est un excellent polar vénézuélien. J'ai passé ma lecture au côté de la très "femme" Magdalena.

Avec ses dons de sorcière donnés par la Déesse Marià Lionza, Magdalena travaille comme enquêtrice indépendante. Elle est recrutée par un homme politique madrilène qui souhaite retrouver sa fille qui ne donne plus signe de vie depuis Caracas où elle est partie.

Ah Magdalena !!! C'est tout un personnage et si on suit son enquête avec intérêt pour retrouver Begonà dans les méandres tortueuses de la ville de Caracas, c'est bien elle qui a accaparé toute mon attention.

Une maîtresse femme, jouissant de dons capricieux, nous plongeant dans ce côté irrationnel qui est très présent dans la vie des Vénézuéliens.

Elle n'a pas froid aux yeux Magdalena et elle prend en général tout ce qui lui fait envie. Elle se l'offre. 

Elle attire les hommes et pas que, elle prend quand elle en a envie. Elle est sacrément "couillue" Magdalena ! Une vraie guerrière, un fort personnage féminin crée par Juan Méndez Guédez.

"Magdalena avait fait de la patience et la lecteur un art. Elle avait couché deux fois avec des hommes magnifiques mais souffrant d'éjaculation précoce ; elle était parvenue à leur enseigner l'art de la lenteur et de l'attente, et surtout, elle leur avait appris le trucs des tables de multiplication. Chaque fois qu'elle voyait qu'ils étaient sur le point d'éjaculer, elle leur murmurait à l'oreille : "Doucement, doucement, pense aux tables de multiplication ; récite-les dans ta tête sans t'arrêter, pense à la table de 9, et puis celle de 1, et encore celle de 9, et à celle de 1, et ainsi de suite..."

J'ai vous pouvez le constater, adoré ce personnage. 

Magdalena est Vénézuélienne et elle revient grâce ou à cause de son enquête à Caracas, ville de sa jeunesse. 

Caracas est un autre personnage de ce roman, tant elle est troublante et inquiétante.

L'enquête que mène Magdalena, nous plonge dans tout un imbroglio.

Si on se perd un peu dans toutes les parties : espionnages, contre-espionnages, politique de tout bord, groupes activistes, militaires, paramilitaires, on suit sans se poser de question notre enquêtrice de chic et de choc.

Une bonne lecture, trépidante que j'ai apprécié surtout grâce à son héroïne : Magdalena.

Elle est la force de ce roman, elle le porte à bout de bras. Elle nous embarque dans son univers pour notre plus grand plaisir. 

Un roman mettant le Venezuela en avant, mais pas pour une version touristique de sa découverte.  

Magdalena est déçue de ne pas retrouver le Caracas de son enfance et de son adolescence et de ses pas de jeune adulte. Le pays est à terre, victime de hautes violences, de comportements extrêmes, de corruption...

"Impossible de retourner à la ville que l'on avait aimée. les villes partaient avec vous. Y retourner, c'était retrouver la photocopie froissée de ce qu'on avait aimé un jour."

Merci à l'auteur, pour cette lecture trépidante et pour la création de cette Femme qui a su me conquérir et que j'ai pris plaisir à suivre dans Caracas au milieu des dangers multiples et des hommes de sa vie et/ou de passage.

N'ayez pas froid aux yeux amis lecteurs ! Foncez dans ce chaud Caracas

 en compagnie de la chaude Magdalena 

et des forces puissantes de Marià Lionza ! 

Merci à Babelio et aux Editions Métailié Noir !



dimanche 10 avril 2022

Le sens de nos pas Claire Norton


« À tous nos grands-parents qui nous ont tant de fois rebattu les oreilles de :
‘‘Tu verras, quand tu seras grand(e) ...’’,
‘‘Tu verras, quand tu auras mon âge...’’,
et dont les paroles prennent de plus en plus de sens au fur et à mesure que nous marchons dans leurs pas... »
Claire Norton


Rien n’aurait dû réunir Auguste, quatre-vingt-cinq ans, et Philomène, quinze ans.
Pourtant, la quête que le vieil homme et la jeune fille vont entreprendre ensemble et loin de chez eux se révélera le plus précieux cadeau que la vie pouvait leur réserver, à l’un comme à l’autre. SOURCE Lisez !

Grâce à Babelio et les Editions Robert Laffont j'ai lu "Le sens de nos pas" de Claire Norton en épreuves non corrigées.

Une sympathique Masse critique particulière de chez Babelio, avec une petite demande particulière supplémentaire, que j'ai pris plaisir à respecter dotant que le livre sera en librairie le 7 avril 2022... Une bonne date pour une naissance ;-)

          Attention, si vous acceptez toujours de recevoir le livre, merci de lire ceci :

Nous réaliserons fin mars avec Claire Norton une vidéo Entre les pages, un format que vous pouvez découvrir ici, pour lequel nous avons besoin de vous. Vous devrez effectivement, en plus de votre critiquem’envoyer à la fin de votre lecture une ou plusieurs questions liées au livre. Que ce soit des questions à poser à l’autrice sur son univers, ses sujets, sa manière d’écrire, etc. Le jour du tournage, elle en piochera certaines que nous aurons glissées dans le roman et y répondra tour à tour en vidéo.

Pouvez-vous me confirmer que vous avez bien lu cette demande ?

Par avance, merci pour votre aide !

 Remarque : veuillez bien noter également que vous allez recevoir les « épreuves non corrigées du roman ». Ne soyez donc pas surpris de recevoir une version non définitive du livre (sans couverture finale, avec quelques éventuelles coquilles, et marquée « Épreuves non corrigées » dessus). Vous recevrez ensuite un exemplaire « normal » du roman, à sa parution, début avril !

 

Mes questions :

- Claire Norton avait-elle une idée précise du lectorat qu'elle souhaitait "toucher" avec son livre ? N'a-t-elle pas hésité à se tourner vers un lectorat jeunesse ? (en effet je trouve que le livre est à la fois un livre sur et pour la jeunesse mais aussi, pas tant que ça en traitant du sujet de l'euthanasie et de la vieillesse également )

- L'auteure souhaitait-elle délivrer un message précis quant à la législation de l'euthanasie en France ? ( et plus indiscret de ma part, a-t-elle vécu des situations difficiles où cette question délicate est venue).

Merci Nathan pour tout le travail que vous réalisez chez Babelio !

Amicalement blog.

Didili

Mon avis : 

Cette lecture fait la part belle aux bons sentiments.

J'ai oscillé entre douceurs et agacements avec cette lecture ! Entre complicité et rupture.

Ce que j'ai apprécié dans ce livre, c'est le mélange des générations et la belle complicité entre Auguste et Philomène qui naît dans le livre petit à petit. Dans ce qu'ils s'apportent l'un et l'autre sans forcément le vouloir, dans leur belle association par la force des choses.

Les deux personnages principaux sont en effet, à des âges très différents. Auguste est en fin de vie et Philomène au début de la sienne.

" C'est merveilleux, Auguste ! Je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie ! Rien de surprenant, sa vie ne faisait que commencer…"

"Bien sûr, à quatre-vingt-cinq ans, la peur de la mort faisait partie de chaque instant du quotidien. Auguste n'échappait pas à cette fatalité. Il avait ainsi appris à ne plus agir en fonction de ses capacités, mais de ses craintes : celle d'une mauvaise chute, d'une agression, et plus encore celle de tomber dans l'oubli. Vieillir lui avait enseigné la fragilité. Il découvrait aujourd'hui la vulnérabilité. La différence, de l'un à l'autre, résidant dans le degré de dépendance."

La mort s'invite dans ce roman. La mort dans ce qu'elle a de plus dure et imprévu, avec l'accident mortel qui fauche la mère de Philomène mais aussi dans ce qu'elle a d'inexorable,  quand la vieillesse est là et la maladie aussi.

Ce que j'ai moins aimé dans ce livre, ce sont les personnages secondaires très caricaturaux :

L'histoire d'amour d'Aurore ( personnage que je vous laisse découvrir) est tellement caricaturale … Et celle des retrouvailles avec l'ami d'enfance d'Auguste...Et la belle fille puante… 

Il y a néanmoins une belle réflexion sur la fin de vie qui émerge dans ce roman.

Même si les thèmes de la mort et de l'euthanasie rodent dans ce roman, autour des gens et bien, je le classe dans la catégorie feel good.

De plus, je trouve que ce roman se prêterait volontiers à un lectorat jeunesse…

Enfin presque, car la jeunesse n'est pas encore à se poser la question d'avoir à choisir de sa fin de vie alors… 

Pourtant quand Auguste et Philomène partagent des instants de vie, des expériences c'est très riche et j'ai aimé ces échanges de points de vue. 

Pour résumé mon avis sur ce livre et bien je dirais que j'ai vraiment oscillé entre des sentiments divers  et sans n'avoir pas du tout aimé, je n'ai pas adoré non plus. 

Un sentiment mitigé, mais quelques bons moments et une complicité intergénérationnelle agréable entre deux personnages qui me sont apparus attachants et attachés l'un et l'autre.

Et un beau regard sur la vie et le temps qui passe trop vite ! 

Merci Babelio ♥ et les Editions Robert Laffont 

Merci d'avoir fêté par ce partenariat, mon anniversaire !


" Vieillir, c'est beau lorsqu'on n'oublie pas que chaque jour qui nous est offert est une chance de profiter des plaisirs de la vie, ou encore des gens que l'on aime. De goûter et se délecter de chacun de ces instants en prenant conscience de a chance que l'on a … Mais pour s'en rendre compte, il faudrait en avoir conscience en permanence du temps qui passe, vite, si vite… " 



 "- Finalement, nous sommes dans le même bateau. Cela devrait te faire plaisir ! 

- Non, parce que nous appartenons à des saisons différentes. Tu vois ce peuplier ? Toi tu es la jeune pousse qui s'accrochera à sa branche. Le vent peut souffler, tu n'en est qu'au printemps  et tu es solide. Lorsque tu grandiras, tu seras comme les feuilles de cet arbre : bien verte, belle, grande, forte. Les feuilles auront jauni lorsque l'été passera le relais à la saison suivante. La feuille marbrée de l'automne sera fragile, moins résistante au vent. Parfois, la moindre bourrasque la fera chuter.

- C'est toi ça ? 

Il laissa échapper un petit rire étouffé.

- Pour moi cela fait bien longtemps que la fin de l'automne est arrivée. Je fais partie de ces rares feuilles qui ont réussi, Dieu sait par quel moyen, à rester accrochées à l'arbre. Mais la feuille nervurée et transparente de l'hiver est très fragile... 

La vidéo en ligne ! Merci Babelio, merci Claire Norton !


Bonjour Didili,

Vous avez participé le mois dernier à la Masse Critique Le Sens de nos pas et proposé des questions pour notre vidéo avec Claire Norton. J’espère que le livre vous a plu !

Si jamais vous ne l’avez pas déjà vue, je vous propose de visionner l’interview-vidéo de l’autrice. Merci encore pour vos très nombreuses questions, parmi lesquelles nous avons malheureusement dû faire un choix !

Voici la vidéo : 

https://www.youtube.com/watch?v=N61kKb9p3bo&list=PL5x35nQ1aXL8E90UeuPpaLbUVOoSeMB4w&index=3

Je me tiens à votre disposition si vous avez des questions ou remarques,

Belle journée et à bientôt,

Nathan Lévêque

 Le sens de nos pas par Claire Norton

tous les livres sur Babelio.com

dimanche 20 mars 2022

Un long, si long après-midi Inga Vesper

 


Dans un quartier riche et ensoleillé de Los Angeles, tout semble parfait. Mais la perfection n’existe pas, et là où il y a soleil, il y a ombre.

Secrets et tragédies se cachent à chaque coin de rue.

Dans une veine qui rappelle La Couleur des sentiments ou Desperate Housewives, Un long, si long après-midi est un premier roman époustouflant au cœur d’une Amérique asphyxiée par son sexisme et son racisme ordinaires.

« Hier, j’ai embrassé mon mari pour la dernière fois. Il ne le sait pas, bien-sûr. Pas encore. En réalité, j’ai du mal à y croire moi-même. Pourtant, quand je me suis réveillée ce matin, j’ai su que c’était vrai. »

C’est l’été 1959, les pelouses bien taillées de Sunnylakes, en Californie, cuisent sous le soleil. Dans la chaleur étouffante d’une trop longue après-midi, Joyce, une mère de famille comme on en rencontre dans les belles histoires du rêve américain, s’ennuie. Ses enfants crient, son mari va bientôt rentrer, les minutes rampent comme des limaces.

C’est l’été 1959 et Ruby, la femme de ménage de Joyce, rejoint la maison où elle doit effectuer ses dernières heures de travail de la journée. Mais Joyce a disparu et ne subsiste plus dans la cuisine qu’une mince tâche de sang sur le sol.

C’est l’été 1959 et quand on suspecte un crime, la femme de ménage noire et célibataire est toujours la meilleure des suspectes. Le fusible à faire sauter pour éviter que n’explose le grand miroir des faux semblants. Si ce n’est que Ruby a décidé de se saisir de son propre sort. L’émancipation féminine et raciale n’est pas encore à la mode, mais elle est déterminée à faire entendre sa voix.

L' auteure : Née en Allemagne, l’auteure anglaise Inga Vesper a longtemps travaillé comme aide-soignante, avant de se tourner vers le journalisme. Elle a travaillé comme reporter en Syrie et en Tanzanie.

Un long, si long après-midi est son premier roman.


#Unlongsilongaprèsmidi #NetGalleyFrance

Mon avis : 

Une lecture bien sympathique offerte par NetGalley et les Editions La Martinière.

Attirée par cette couverture à l'allure vintage et par les thèmes, j'ai postulé pour avoir cette lecture en partenariat et je l'ai obtenu. Merci ♥

C'est une écriture très visuelle qui s'est offerte à moi avec cette lecture. 

Une écriture fluide, avec des chapitres courts, alternants les 3 personnages principaux : Joyce, Ruby et Mick. 

Tiens, je remarque que dans le résumé on ne parle pas de lui… Etonnant, car il a une place importante dans cette enquête et dans cette histoire et j'ai d'ailleurs bien aimé ce personnage qui écoute les femmes et leur donne leur chance. 

Cette enquête pousse la porte d'un univers qui semble lisse et sans histoire. Là, où il est important de sauver les apparences et où chacun joue le rôle qui lui est dévolu.

J'ai apprécié le combat de ces femmes qui se démènent dans cet univers macho et raciste.

Le personnage de Ruby, cumule les deux désavantages, en étant une femme et en étant noire.

A tout moment au cours du livre je me suis attendue à ce qu'elle soit jugée coupable. 

Je trouve que l'auteure n'a pas été très agréable avec l'inspecteur Mick. Pourtant celui-ci n'a pas été, ni macho, ni raciste… Je l'ai bien aimé cet inspecteur moi. 

Une lecture sympathique et fluide que je verrais bien adaptée au cinéma, par contre je ne trouve pas que nous soyons dans la même veine que les deux films cités...

Alors chers amis je vous invite à un long si long après-midi en lecture, 

celui-ci passera très vite à coup sur !


samedi 5 mars 2022

Ton absence n'est que ténèbres Jón Kalman Stefánsson


 
Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l’ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C’est comme s’il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l’inscription « Ton absence n’est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l’amener chez sa sœur qui tient le seul hôtel des environs. L’homme se rend alors compte qu’il n’est pas simplement perdu, mais amnésique : tout le monde semble le connaître, mais lui n’a aucune souvenir ni de Soley, la propriétaire de l’hôtel, ni de sa sœur Runa, ou encore d’Aldis, leur mère tant regrettée. Petit à petit, se déploient alors différents récits, comme pour lui rendre la mémoire perdue, en le plongeant dans la grande histoire de cette famille, du milieu du 19ème siècle jusqu’en 2020. Aldis, une fille de la ville revenue dans les fjords pour y avoir croisé le regard bleu d’Haraldur ; Pétur, un pasteur marié, écrivant des lettres au poète Hölderlin et amoureux d’une inconnue ; Asi, dont la vie est régie par un appétit sexuel indomptable ; Svana, qui doit abandonner son fils si elle veut sauver son mariage ; Jon, un père de famille aimant mais incapable de résister à l’alcool ; Pall et Elias qui n’ont pas le courage de vivre leur histoire d’amour au grand jour ; Eirikur, un musicien que même sa réussite ne sauve pas de la tristesse – voici quelques-uns des personnages qui traversent cette saga familiale hors normes. Les actes manqués, les fragilités et les renoncements dominent la vie de ces femmes et hommes autant que la quête du bonheur. Tous se retrouvent confrontés à la question de savoir comment aimer, et tous doivent faire des choix difficiles.

 #Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance 

Mon avis :

Alors que dire sur cette lecture... Je vais sans doute me perdre dans un labyrinthe des sentiments. Il aura des " j'ai aimé" et des " je n'ai pas aimé". Les histoires d'amours finissent-elles mal en général ?

Quand NetGalley a proposé cette lecture, j'ai foncé tête baissée, il me le fallait ! Oui oui, oh oui Jón Kalman Stefánsson c'est de la bonne came !

D'ailleurs, j'ai déjà lu trois de ces romans et j'ai adoré les trois. Bon oki, il y en a un que je n'ai pas chroniqué encore ici et d'ailleurs je n'en parlerais peut être pas car trop bon pour le déflorer. Il fait partie d'un coffret de 3 livres de poches dont deux titres me restent à lire.

Je me suis plongée dans cette lecture qui comme une histoire d'amour, ou l'histoire de la vie est passée par des hauts et des bas cette fois ci. Pas ma première histoire d'amour avec cet auteur, ceci expliquant cela

Les hauts, c'est la philosophie de vie qui transpire dans ses lignes. J'ai noté tant de pages que si j'avais eu le livre en version papier il aurait ressemblé à un porc épic ! Beaucoup de phrases comme des citations puissantes sur la vie, l'amour, la mort.

Et Jón Kalman Stefánsson à même réussi à me faire pleurer et rire tout à la fois et c'est sacrément bien.

Et des histoires d'amour il y en a dans ce livre. Elles constituent ce lien dans la vie des divers personnages de ces familles au cours des siècles.

Il y a aussi les paysages de cet univers des fjords islandais et cette campagne reculée, si belle que les habitants s'en servent d'exutoire, de refuge, ou de lieu de perdition.

Il y a aussi, tout un côté où l'auteur pose une réflexion sur la création littéraire. En effet, l'homme que l'on trouve au début ressemble sacrément à un écrivain (Jon lui même ?) et il se trouve comme le créateur de toutes ces histoires, de toutes ses vies. 

Il a le pouvoir de les faire avancer comme bon lui semble. Enfin, pas tout a fait non plus, car la mort, cette grande faucheuse est là toujours tapie dans les ténèbres de silence. 

Les morts et les vivants tissant une grande toile sur terre et au-delà.

L'auteur parle aussi, pas directement, de la place de la religion dans la vie.

Comme toujours chez l'auteur on fait fi des chronologies et on progresse dans l'histoire, dans les histoires à travers les âges. 

Alors, que dire sur ce que je n'ai pas aimé. 

C'est quand l'auteur se répète, se répète, se répète… Il n'est pas rare de voir sur la même page plusieurs fois les mêmes phrases. Encore une fois, sans doute, c'est une manière pour lui de parler de la création littéraire. De celle qui nécessite de déposer tant de fois son ouvrage sur la table, mais en tant que lectrice ça m'a agacé, ça n'avançait pas

Et puis la dernière partie m'a presque énervée, tant on se perdait en conjectures, tant on laissait de côté certains personnages que j'avais adorés pour creuser un peu sur d'autres mais sans non plus trop en dire. On n'avait pas tous les tenants et aboutissants et les multiples personnages étaient parfois laisser pour compte par l'auteur. Soupir.

Ah oui j'oubliais de vous dire ! Je finirais ma chronique par cette note musicale et positive. Dans ce livre la musique est en haute place et accompagne les personnages dans leur vie.

Je vous ai concocté une liste musicale avec la liste donnée par l'auteur en fin de livre .

Merci à lui, car c'est une très belle liste ♥ avec des découvertes pour moi (surtout sur des chanteurs islandais et aussi un peu de rap) et des chansons et des interprètes que j'aime beaucoup (Bowie, Dylan, Nina Simone, Springsteen et j'en passe ). 


Bonne lecture à vous chers amis d'ici ! Je vous invite à découvrir cet auteur que j'aime et qui m'attends encore au détour de ces lignes. 

 Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat !


jeudi 17 février 2022

" La chienne " Pilar Quintana



La chienne

Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent dans un cabanon de fortune Damaris et son mari pêcheur. Si elle est mélancolique, ce n’est pas à cause de son existence précaire : Damaris n’a jamais réussi à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus.
Alors, quand elle adopte un chiot sur un coup de tête, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans cet univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.
Une exploration féroce et bouleversante du désir maternel. Une lecture choc qui dépayse autant qu’elle bouscule. Source Éditions J'ai Lu  



Mon avis :

Ce petit livre de 153 pages a été lu avec plaisir et rapidité. Nous sommes presque dans le format d'une nouvelle.

J'ai accroché tout de suite à cette histoire qui nous parle du désir d'enfant, des liens d'attachement entre un animal et un humain, tout ça au cœur d'une nature sauvage et dure.

C'est Damaris le personnage principal de cette histoire et pour elle la vie n'a jamais été vraiment facile. La nature ne l'a jamais gâtée. Des épisodes douloureux dans son enfance vont la marquer à jamais et son désir de mère, une fois adulte, ne sera jamais combler.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayer et d'avoir mis toutes les chances de son côté avec son mari Rogelio. Un homme qui nous parait rustre au départ mais qui ne l'est pas vraiment.

" Le chamane vit Damaris pendant longtemps. Il lui donna des boissons, lui prépara des bains et des encens, et l'invita à des cérémonies au cours desquelles il la baigna, la frotta, la plongea dans des nuages de fumée et des bains d'huiles, lui psalmodia des prières et lui murmura des chansons. Ensuite ce fût au tour de Rogelio, qui, cette fois ne fit pas la tête ni ne baissa les bras. Et tout celà n'était que les préparatifs. Le traitement en tant que tel consistait en une opération que Damaris devait subir, mais sans être ouverte d'aucune manière. Il s'agissait juste de nettoyer les espaces qui devaient accueillir son œuf et le sperme de Rogelio et préparer le ventre pour recevoir le bébé.  Le tout était très coûteux et ils durent économiser durant toute une année pour pouvoir se le payer."

Alors l'arrivée de cette chienne dans la vie de Damaris va révéler en elle, la mère qu'elle n'a pas été.  Le prénom donné à la chienne est celui qu'elle aurait donné à une fille: Chirli.

On voit alors Damaris devenir mère, on la voit nourrir, langer, nettoyer, chérir la petite chienne. On va aussi très vite la voir s'inquiéter aussi quand la chienne va disparaitre une première fois.

" Face à elle, il n'y avait que la jungle, silencieuse, tranquille comme un monstre qui vient d'avaler sa proie. Damaris retourna à la cabane, mis ses grandes bottes de caoutchouc, prit la machette et la lanterne, et s'avança dans les broussailles, dans la direction des chiens. A aucun moment elle n'eut peur de tout ce qui l'effrayait habituellement dans cette jungle : l'obsurité, les équis, les bêtes sauvages, les morts, les défunts Nicolasito, Josué et le senor Gene, les fantômes dont elle avait entendu enfant... Elle ne s'étonna pas non plus de son courage. Elle ne pensait qu'à une seule chose : le chienne était en danger et elle devait la sauver."

Puis, la chienne va devenir adulte et elle va alors devenir fugueuse et mère à son tour.... Ce qui va profondément bouleverser Damaris...

"Damaris ne pleura plus la perte de la chienne, mais son absence lui pesait dans la poitrine comme une pierre. Elle lui manquait tout le temps. Quand elle rentrait du village et qu'elle n'était pas en haut de l'escalier à l'attendre, la queue battante, quand elle préparait le poisson et qu'elle n'était pas là à la regarder avec insistance, quand elle jetait les restes sans garder le meilleur pour elle ou quand elle buvait le café le matin et n'avait personne à qui caresser la tête."

Ce livre est une petite pépite d'émotions où dans un court espace Pila Quintana nous parle de maternité, de mal de vivre, d'amour, tout ceci dans le décor sauvage et rugissant de la côte océanique Colombienne. 

" Cette jungle est terrible, explique-t-elle. Il y avait beaucoup trop de falaises comme celles-ci, avec des rochers recouverts de mousse glissante et des vagues comme celle sui avait emporté le petit Nicolasito, des arbres immenses que les éclairs coupaient en deux, des glissements de terrains, des couleuvres venimeuses ou capable d'avaler un cerf, des chauves-souris qui saignaient les animaux, des plantes avec des épines qui pouvaient transpercer un pied, et des ruisseaux puissants qui naissaient après les averses et dévastaient tout sur leur passage..."
Il va résonner longtemps en moi ce petit livre et je vous invite à le découvrir et ainsi mieux connaitre Damaris et la chienne. 

Une pépite qui se dévore comme l'océan dévore les falaises de la côte bolivienne.

Je remercie sincèrement Babelio et les Editions J'ai Lu pour ce partenariat lors d'une masse critique Littérature (Masse critique qui a lieu à 7 heure du matin ce qui me convient tout à fait).



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lundi 14 février 2022

De l'or dans les collines C Pam Zhang

 

















Au crépuscule de la ruée vers l’or, deux sœurs traversent les États-Unis avec les restes de leur père et un fusil pour tout bagage…

Lucy et Sam, filles d’immigrants chinois, sont désormais orphelines. Ma est partie depuis un moment, Ba vient de mourir dans la nuit. Les deux fillettes livrées à elles-mêmes entament alors un long périple au cœur d’une nature inhospitalière, peuplée d’individus agressifs et souvent racistes, à la recherche de l’endroit idéal pour enterrer leur père. L’une est raisonnable et avide de connaissances, l’autre arbore et assume une identité de garçon, refusant de se plier aux règles du monde. Très vite hors-la-loi dans un univers qui ne veut pas d’elles, Lucy et Sam vont se confronter au rêve amer de l’Ouest américain, portées par leur imaginaire où se mêlent tigres et bisons géants.

C Pam Zhang est née en 1990 à Beijing, en Chine, puis est arrivée aux États-Unis à l’âge de quatre ans. Elle a étudié à la Brown University, à Providence et à Cambridge. Ses nouvelles ont paru dans The New YorkerThe New York TimesMcSweeney’s QuaterlyBest American Short Stories, entre autres. Son premier roman, De l’or dans les collines, a été nominé dans plus de dix prix littéraires aux États-Unis, dont le Booker Prize, et a déjà été traduit dans dix-sept pays.

Source les Editions Seuil


Bonjour Didili,

Je me permets de vous écrire pour vous rappeler que j'attends avec impatience votre critique du livre De l'or dans les collines que vous avez reçu dans le cadre de Masse Critique.

Les éditeurs risquent de ne plus nous faire confiance et de ne plus proposer de livres pour Masse Critique si les membres ne jouent pas le jeu et ne publient pas leurs critiques dans le temps imparti.

N'hésitez pas à me contacter si vous rencontrez des problèmes dans la rédaction de votre chronique.

Merci et à bientôt,
Cordialement,

PIERRE KRAUSE

Mon avis : 

Désolée, oui vraiment je suis désolée pour cet important retard dans cette lecture.

Livre partenariat d'une masse critique particulière de mon cher et tendre Babelio (bonne Saint Valentin à lui ♥) et des éditions Seuil.

Merci à vous pour la confiance accordée et pour laquelle ce retard ne jouera pas en ma défaveur... Alalalalala le temps, la course contre la montre, les retards... Bref, je m'aviserais d'être plus respectueuse la prochaine fois.

Voilà enfin mon avis, il arrive en même temps que les vacances d'hiver, déjà là, mais qui sont toujours les bienvenues après cette période où la pandémie, la fatigue et un autre livre adoré ont  accaparé mon temps…

Un beau titre, une belle couverture hennissante et me voilà embarquée en compagnie de deux jeunes filles qui fuient... Elles ont pour compagnie dans une malle, le cadavre de leur père.

" Qu'est-ce qui fait un homme ? Elles font basculer la malle. est-ce un visage à montrer au monde ? Des mains et des doigts pour le façonner ? Deux jambes pour le parcourir ? Un coeur qui bat, des dents et une langue qui chantent ? A Ba, il ne reste plus grand chose de tout cela. Il lui manque même la forme d'un homme. Il a la forme de la malle comme le ragoût celle de la casserole."

Nous sommes dans l'ouest américain, l'ambiance est posée par la décor et les sensations. On va suivre ces deux jeunes filles  aux origines chinoises,  mais nées sur le territoire américain.

Nous sommes dans l'ouest, celui de la ruée vers l'or, de cet or dans les collines qui n'est plus vraiment là...

Il y a 4 périodes dans le livre nous permettant d'explorer ainsi, le passé, le présent, le futur et l'au-delà dans l'histoire de cette famille d'immigrés chinois.

C Pam Zhang rend très bien les atmosphères, les paysages, les sensations ressenties par Lucy et Sam. 

L'auteure pointe la difficulté pour des personnes venues d'ailleurs de trouver leur "chez soi".

Le racisme est ici d'autant plus présent que la quête de l'or devient de plus en plus dure et que la violence se porte sur les gens différents, même si ceux-ci sont nés dans ces collines, même si ce sont eux qui ont arrachés à la sueur de leurs fronts et aux calles de leurs mains l'or de ces collines. La difficile vie des immigrés qui est toujours d'actualité même dans notre monde moderne, peut être même encore plus.... 

"Ba serre les poings. Les hommes derrière lui se rapprochent ,commencent à hurler. Tu ne sais pas compter, mon gars ? Dis plutôt que tu n'y vois rien. Pas avec ces yeux là !  Quelqu'un dit : Autant essayer de faire entrer une vache dans un citron. "

La conquête de l'or ne s'accommode pas de philosophie et de compréhension surtout quand les collines on déjà été ratissées jusqu'à la moëlle.

Lucy, Sam, Ma et Ba leurs parents nous transportent dans cette conquête que tous un chacun porte en soi.  La recherche d'un "chez soi" sans manque, grâce au travail et en paix avec tout le monde.

Une construction originale et entrainante mais dont l'écriture a pu me perdre par manque de fluidité et que j'ai eu parfois du mal à intégrer. Un sentiment d'écriture saccadée qui a retardé ma lecture...

Il me reste toutefois de bonnes impressions dans le sens où l'auteure a réussi à m'intéresser au sort de ces deux jeunes filles, à mieux comprendre d'où elles venaient et ce que l'époque leur permettait de réaliser (ou pas). De plus C Pam Zhang sait créer des atmosphères et nous faire ressentir des sensations avec justesse.

"Le soleil brûle ; l'eau abandonne Lucy a une vitesse stupéfiante. Où est-elle passée, toute cette eau perdue ? Un lac peut-il sans enterrement digne de ce nom, devenir un fantôme ? Un lieu peut-il se souvenir , et souffrir et fulminer contre ce qui le fait souffrir ? Elle pense que c'est possible. Elle pense : Pas moi je ne t'ai pas fait souffrir. Aide-moi.

Elle découvre un fossile de poisson, elle découvre un gros morceau de quartz. Elle découvre que l'espérance fait davantage souffrir que l'absence d'espérance."

Je m'excuse encore pour le retard pris pour cette lecture et je remercie Babelio et les Editions Seuil pour ce partenariat (honoré tardivement, mais honoré quand même).

Quant à  vous, filez dans l'or des collines 

au côté de Lucy et Sam dans cet Ouest 

à la conquête d'un chez soi qui vaut tout l'or du monde !

" Parce que cette contrée est une contrée de choses disparues. Une contrée dépouillée de son or, de ses rivières, de ses bisons, de ses tigres, des ses chacals, de ses oiseaux, de sa verdure et de sa vie. "