vendredi 11 novembre 2011

Roméo et Juliette de William Shakespeare

Un billet inhabituel pour moi, cette année je me suis décidée à aller au théâtre. Merci à l'amie qui m'a permis de me décider, sans être seule à me faire une scène et je vais m'en faire trois comme les trois coups légendaire du théâtre (que d'ailleurs je n'ai pas entendu lundi soir ...) !

A Saint-Étienne c'est à La Comédie que l'on peut y assister ... J'avoue je n'y étais pas allée depuis des lustres ou peut être même jamais  d'ailleurs ... Mes souvenirs me font défauts ... n'est-est ce pas plutôt à l'opéra théâtre qu'enfant j'ai vu des spectacles ?...



Cette saison 2011- 2012 à bénéficier d'une sympathique campagne de promotion grâce au photographe Sacha Goldberger






La première pièce que je suis allée voir lundi 7 novembre 2011 et bien c'est une pièce connue de tous (même si vous ne l'avez pas lu, ni vu au théâtre ou en film ) : 

"Roméo et Juliette" de William Shakespeare

Oui comme la plupart d'entre vous je connaissais les grandes lignes de cette histoire d'amour impossible, légende éternelle ancrée dans la mémoire collective ! 

L'amour impossible, le balcon, les Montaigu, les Capulet, le tombeau, le poison, Vérone... Quelques vers aussi "Oh Roméo, mon Roméo !". Et toute l'imagerie qui va avec !



Néanmoins comme je le disais je n'ai jamais lu la pièce et suite à ma soirée et bien j'ai eu envie de la lire, alors je me suis rendue sur le site IN LIBRO VERITAS pour relire certaines scènes. Et j'adore, oui vraiment ! Bonne lecture !

Pour ce qui est des adaptations de ce chef d’œuvre, elles sont nombreuses et la pièce que j'ai vue en est une de plus.

La mise en scène est de Olivier Py.


"De la comédie musicale à l’opéra, en passant par la danse, le cinéma et même le sitcom, on ne compte plus les adaptations de la plus fameuse des pièces de Shakespeare. Olivier Py, en sait quelque chose. S’il a souhaité revenir aujourd’hui au texte original, c’est précisément pour y chercher autre chose que le cliché romantique, éculé et un peu réducteur qu’évoque le titre même de l’œuvre.

À la relecture s’est très vite forgé pour lui la conviction que : « s’ils s’aiment, ces deux amants sublimes, c’est parce que leur amour est impossible. Ce n’est pas malgré le monde, la société, les préjugés, l’hostilité entre leurs deux familles ou leurs propres penchants qu’éclate le coup de foudre — c’est bien plutôt à cause de tous ces obstacles ».
C’est la sauvagerie que libère cet amour incommensurable qui a frappé le metteur en scène. Pour rendre sensible ce bouleversement et son implacabilité, Olivier Py a donc choisi de faire le pari de la jeunesse, confiant les deux rôles principaux à de très jeunes comédiens.
Pour cette première approche du maître du théâtre élisabéthain, le metteur en scène a souhaité retraduire lui-même la pièce, en ramassant certains passages, afin de mieux faire résonner, selon sa propre expression, « le flamboyant état d’urgence de la grande langue shakespearienne ».

Comme je vous le disais, première expérience théâtrale pour moi et je suis ravie, je ne me suis pas été ennuyée et j'ai vécu intensément les 3 h 20 minutes de représentation (entracte compris) pourtant avouons au départ, j'avais un peu peur de m'ennuyer ou de ne pouvoir partir si c'était trop nul....

Je ne suis pas une critique de théâtre mais je peux vous dire que j'ai aimé les acteurs jouant dans cette pièce et j'ai été admirative de leur travail de comédien surtout dans le texte et leur diction !

Roméo Matthieu Dessertine


Juliette Camille Cobbi


Mercutio Frédéric Giroutru
Benvolio Benjamin Lavernhe
Capulet/Paris Olivier Balazuc
Frère Laurent Philippe Girard
La Nourrice Mireille Herbstmeyer
Tybalt/ Lady Capulet Quentin Faure
Le Prince/Clown… Bathélémy Meridjen
Le Musicien/Abraham Jérôme Quéron


Je mets en lien deux critiques une positive et une négative :

La négative qui reproche au metteur en scène d'avoir excessivement exagéré et dérapé dans la vulgarité ... 
"Etait-il indispensable d'abord de nous livrer un dit texte intégral, relu, “adapté” et augmenté par lui-même parfois selon ses fantasmes, c'est à dire souvent vulgaire et racoleur ?" Philippe du Vignal
 et une positive qui vante :
"Une mise en scène tendue portée par un groupe de comédiens pleins de fougue." Jean-Pierre Bourcier
Pour ma part je serais plus du côté positif mais peut être parce que je ne suis que novice en la matière. 

La chose que j'ai moins aimé sans doute les éléments de scène très contemporains et trop épurés qui ne correspondaient pas à l'imagerie baroque et poétique que je me faisais de cette pièce mais finalement c'est peut être bien pensé ... ou pas ...




Au niveau des acteurs les deux jeunes interprétant les rôles de Roméo et Juliette sont prometteurs c'est sur, mais je mets également un point d'admiration pour Mercutio joué par Frédéric Giroutru. Et non ce n'est pas parce que je l'ai vu nu, mais franchement ce lâcher ainsi sur scène par le texte et le corps, dans le délire de cette adaptation, chapeau bas au comédien !


Une autre chose qui a pu m’agacer et un peu troublée, c'est que certains acteurs jouaient plusieurs rôles au féminin et au masculin. ainsi, Tybalt est aussi Lady Capulet ... 
Quoi ce grand type fort bien charpenté est une Lady ...

Néanmoins et pour conclure je dois dire que j'ai été charmé et voilà que j'ai envie de retourner au théâtre !


Merci Monsieur Shakespeare !

En attendant j'ai mis quelques extraits de cette pièce, c'est si beau et si fort. 

Car oui, dans Roméo et Juliette c'est bien avant tout un texte qui me bouleverse et m'enchante.

" Par saint François ! quel changement ! Cette Rosaline que tu aimais tant, est-elle donc si vite délaissée ?
Ah ! l'amour des jeunes gens n'est pas vraiment dans le coeur, il n'est que dans les yeux. Jésus Maria ! Que de larmes pour Rosaline ont inondé tes joues blêmes ! Que d'eau salée prodiguée en pure perte pour assaisonner un amour qui n'en garde pas même l'amère-goût ! Le soleil n'a pas encore dissipé tes soupirs dans le ciel : tes gémissements passés tintent encore à mes vieilles oreilles. Tiens, il y a encore là, sur ta joue, la trace d'une ancienne larme, non essuyée encore ! Si alors tu étais bien toi-même, si ces douleurs étaient bien les tiennes, toi et tes douleurs vous étiez tout à Rosaline ; et te voilà déjà changé ! Prononce donc avec moi cette sentence :
Les femmes peuvent faillir, quand les hommes ont si peu de force. " frère Laurence

 

"Ah ! si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! " Roméo


 "Retournez au galop, coursiers aux pieds de flamme, vers le logis de Phébus ; déjà un cocher comme Phaéton vous aurait lancés dans l'ouest et aurait ramené la nuit nébuleuse... Étends ton épais rideau, nuit vouée à l'amour, que les yeux de la rumeur se ferment et que Roméo bondisse dans mes bras, ignoré, inaperçu ! Pour accomplir leurs amoureux devoirs, les amants y voient assez à la seule lueur de leur beauté ; et, si l'amour est aveugle, il s'accorde d'autant mieux avec la nuit... Viens, nuit solennelle, matrone au sobre vêtement noir apprends-moi à perdre, en la gagnant, cette partie qui aura pour enjeux deux virginités sans tache ; cache le sang hagard qui se débat dans mes joues, avec ton noir chaperon, jusqu'à ce que le timide amour devenu plus hardi, ne voie plus que chasteté dans l'acte de l'amour ! À moi, nuit ! Viens, Roméo, viens : tu feras le jour de la nuit, quand tu arriveras sur les ailes de la nuit, plus éclatant que la neige nouvelle sur le dos du corbeau.
Viens, gentille nuit ; viens, chère nuit au front noir donne moi mon Roméo, et, quand il sera mort, prends-le et coupe le en petites étoiles, et il rendra la face du ciel si splendide que tout l'univers sera amoureux de la nuit et refusera son culte à l'aveuglant soleil... Oh ! j'ai acheté un domaine d'amour mais je n'en ai pas pris possession, et celui qui m'a acquise n'a pas encore joui de moi. Fastidieuse journée, lente comme la nuit l'est, à la veille d'une fête, pour l'impatiente enfant qui a une robe neuve et ne peut la mettre encore ! Oh !" Juliette



" L'horloge frappait neuf heures, quand j'ai envoyé la nourrice ; elle m'avait promis d'être de retour en une demi-heure... Peut-être n'a-t-elle pas pu le trouver !...
Mais non... Oh ! elle est boiteuse ! Les messagers d'amour devraient être des pensées, plus promptes dix fois que les rayons du soleil, qui dissipent l'ombre au-dessus des collines nébuleuses. Aussi l'amour est-il traîné par d'agiles colombes ; aussi Cupidon a-t-il des ailes rapides comme le vent. Maintenant le soleil a atteint le sommet suprême de sa course d'aujourd'hui ; de neuf heures à midi il y a trois longues heures, et elle n'est pas encore venue ! Si elle avait les affections et le sang brûlant de la jeunesse, elle aurait le leste mouvement d'une balle ; d'un mot je la lancerais à mon bien-aimé qui me la renverrait d'un mot. Mais ces vieilles gens, on les rendrait souvent pour des morts, à voir leur inertie, leur lenteur leur lourdeur et leur pâleur de plomb." Juliette

 

"La mort qui a sucé le miel de ton haleine n'a pas encore eu de pouvoir sur ta beauté : elle ne t'a pas conquise ; la flamme de la beauté est encore toute cramoisie sur tes lèvres et sur tes joues, et le pâle drapeau de la mort n'est pas encore déployé là... (Allant à un autre cercueil. ) Tybalt ! te voilà donc couché dans ton linceul sanglant ! Oh ! que puis-je faire de plus pour toi ? De cette même main qui faucha ta jeunesse, je vais abattre celle de ton ennemi. Pardonne-moi, cousin. (Revenant sur ses pas. ) Ah ! chère Juliette, pourquoi es-tu si belle encore ? Dois-je croire que le spectre de la Mort est amoureux et que l'affreux monstre décharné te garde ici dans les ténèbres pour te posséder ?... Horreur ! Je veux rester près de toi, et ne plus sortir de ce sinistre palais de la nuit ; ici, ici, je veux rester avec ta chambrière, la vermine ! Oh ! c'est ici que je veux fixer mon éternelle demeure et soustraire au joug des étoiles ennemies cette chair lasse du monde... (titrant le corps embrassé. )" Roméo

Chasseriau Théodore

8 commentaires:

  1. J'ai vu jouer cette pièce, il y a dix ans, par la compagnie Pierre Debauche, en plein air, à Agen et j'en garde un souvenir ébloui ! La mise en scène, les personnages et leur formidable diction, les scènes de capes et d'épées, l'énergie qui anime les acteurs ... Je ne saurai dire exactement, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. Ma dernière fille avait six ans et elle aussi était emballée par ce spectacle, elle s'en souvient, même si évidemment une partie de l'histoire lui échappait. Je crois que c'est là la magie du théâtre : insuffler au public une énergie extraordinaire ! Au-delà du texte et de l'histoire ! Je me suis toujours dit que j'aimerais revoir cette pièce, soit jouée par la compagnie Pierre Débauche, soit par une autre compagnie. Je ne sais si le charme opérerait de la même façon, mais je découvrirais certainement de nouveaux aspects plus subtils. En tout cas merci pour le lien, je le garde en mémoire pour lire le texte quand je serai disponible. Bonne soirée Didi ! (Le théâtre c'est génial, mais parfois un peu chérot, dommage !)

    RépondreSupprimer
  2. @ Lily : oui cette pièce dégage une énergie incroyable c'est vrai : Comme il y a différentes adaptations je pense que tu pourrais revoir Roméo et Juliette et que ça te plaise à nouveau !
    De plus le texte est à relire pour le plaisir aussi des mots !
    Pour ce qui est du tarif j'ai payer 9 euros ma place (dans un pack comprenant 5 spectacles pour deux personnes) je trouve donc très abordable.
    Bisous Lily !

    RépondreSupprimer
  3. j'ai beaucoup apprécié cette pièce que j'ai eu le plaisir de voir en anglais il y a longtemps à bruxelles, c'était génial !
    je comprends que cela te plaise

    RépondreSupprimer
  4. @ Niki : dans la langue de Shakespeare génial ! J'aimerais pouvoir le faire pour en apprécier encore plus le talent de cet auteur mais mon anglais est vraiment so nul :-S
    Merci pour ton commentaire bonne soirée !

    RépondreSupprimer
  5. je n'ai jamais été au théâtre de ma vie...

    ça me donne envie !

    RépondreSupprimer
  6. @ Wal : oui et je vais me piquer au jeu du théâtre !
    Bonne soirée mon amie !

    RépondreSupprimer
  7. J'ai adoré leur campagne d'affichage très décalée.

    RépondreSupprimer
  8. @ Alex Mots-à-Mots : oui trop sympas et décalées ces photos ! J'ai un sac de course avec la teniswomam en crinoline !
    Il aurait dû faire des cartes postales avec et pleins de produits dérivés ça aurait fonctionné du tonnerre !
    Bises Alex !

    RépondreSupprimer