jeudi 12 avril 2018

Oh Vie Oh lette !

@Didi dans les bois avril 2018


La cueillir quel dommage !
La laisser quel dommage !
Ah cette violette.

Naojo 

@Didi au jardin avril 2018

lundi 2 avril 2018

Entre deux mondes Olivier Noreck



Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Mon avis : 

Je n'avais pas encore lu cet auteur, croisé pourtant au Quais du polar l'année dernière et lu par mes amies et ma sœur (Code 93, Surtensions...) .  


Découvrir cet auteur sur Babelio.com


Cette lecture m'a beaucoup plu, loin d'être un polar pur et dur, on a là comme une plongée dans l'univers des migrants.

Entre deux  mondes c'est la zone de la Jungle de Calais (Olivier Norek a expliqué le pourquoi de ce terme qui me choquait, les hommes seraient-ils des animaux que l'on parque ainsi ?... l'explication m'a rassurée un peu ...) 

" C'est légèrement inapproprié. Qui a trouvé le nom ?
 N'y voyez pas de racisme ce sont les migrants iraniens eux-même. Quand ils sont arrivés sur place, ils ont vu un morceau de forêt, alors ils ont appelé l'endroit "la forêt". En langue Perse, jangal. Ici on a entendu "jungle", prononcé à l'anglaise. Un simple quiproquo"
Zone devenue un camp de transit "provisoire" qui s'est éternisé pour de nombreux migrants. Le but pour ces derniers étant de rejoindre le Royaume Uni leur Eldorado.

Olivier Norek a eu à cœur dans son roman d'humaniser ses personnages et de nous faire vivre cette migration forcée grâce à la famille d'Adam mais aussi auprès des policiers chargés de la sécurité de cette zone et des différentes associations qui œuvrent en interne pour essayer de rendre la vie des réfugiés plus... acceptable... 

5 parties composent ce livre : Fuir - Espérer - Résister - Survivre et Sombrer ?

On suit les personnages de ce livre en se disant qu'on est dans une réalité glaçante. Olivier Norek nous le dit, il n'a pas osé inventer...

"Face à la violence de la réalité,
je n’ai pas osé inventer.
Seule l’enquête de police, basée sur des faits réels,
a été romancée.
Je remercie les flics de Calais,
ceux des Renseignements, les Calaisiens,
les journalistes, mes sources du CNRS et de Sciences Po, les bénévoles humanitaires mais par-dessus tout, ces hommes et ces femmes qui, fuyant l’horreur
des guerres, ont accepté de se livrer."

On plonge direct dans un quotidien de guerre en Syrie, Olivier Norek nous démontre que ces familles fuient la mort, la terreur et qu'ainsi elles prennent tous les risques pour arriver en Europe. 

Le périple en mer de Nora et Maya est effroyable... Pire même... 

Adam espère retrouver sa femme et sa fille dans la jungle là où il leur a donner rendez-vous ... Il ne les retrouvera pas...

Mais Adam ferra deux rencontres décisives : celle de Bastien avec qui il nouera des liens ressemblant à des liens fraternels et professionnels mais aussi avec un jeune noir victime de barbarie, Kilani.

Bastien essayera de comprendre ce qu'il se passe dans la jungle et s'insère dans sa nouvelle équipe et dans ce nouvel univers particulier où tout est tu.  Où il est difficile d'intervenir même pour des actes terribles...  

Il aura à cœur d'aider Adam du mieux qu'il peut et aussi Kilani. Sa famille et son équipe le soutiendront à leur manière. 

J'ai été touchée par la vie horrible de Kilani, Ayman de son vrai nom, enfant soldat, enfant esclave sexuel. Il ne peut plus parler, sa langue ayant été coupée et c'est un arrache cœur que de se trouver face à cet enfant. D'ailleurs cet enfant cristallisera ce désir de lui rendre enfin sa vie d'enfant. 

Ce roman est un fort coup de poing qui nous prends à la gorge et nous dit Stop ! Hélas ce n'est pas le démantèlement de la jungle qui aura enlevé les problèmes concernant la gestion des migrants... 

Merci à Olivier Norek d'avoir su avec son roman pointé du doigt les problèmes des migrants en se penchant sur la zone de la Jungle en particulier et d'avoir mis l'humain au cœur de ce sujet d'actualité. 

Si la jungle a été démantelé en 2016, l'auteur nous met en garde sur cet enfumage flagrant...
 " Il était de retour, aujourd’hui, sur ces terres entre deux mondes où les dunes avaient retrouvé leur calme. Plus de migrants, plus d’humanitaires, comme si d’un coup de baguette magique, le problème avait été résolu. Probablement le plus bel enfumage de la décennie. "
Des exilés forcés aux réfugiés climatiques et également aux exilés économiques le nombre des migrants n'est pas amené à faiblir et les problématiques politico-économiques restent des enjeux sensibles. Espérons que l'humain restera au cœur des décisions. 


Une lecture poignante, révoltante
Une lecture qui met le doigt là où ça fait mal.
Une lecture qui place l'humain au cœur de tout.

Vous aussi entrez dans l'entre deux mondes
  et partez à la rencontre de ces hommes et ces femmes.  
Et merci aussi à Olivier Norek de mettre en avant 
les blogueurs dans ses remerciements :

" Les blogueurs. Pour les petits blogs, les grands, ceux avec de l’émotion, ceux avec des fautes, ceux avec du cœur, ceux avec de la poésie, ceux qui deviennent plus que de simples connaissances, ceux qui parlent de tous les auteurs, ceux qui font tenir leurs murs avec des PAL, ceux qui te disent quand c’est mauvais et ceux qui t’accompagnent sur les Salons. Les vrais journalistes chroniqueurs du polar, c’est vous ! "

dimanche 25 mars 2018

Fendre l'armure Anna Gavalda

" On me demande d'écrire quelques mots pour présenter mon nouveau livre aux libraires et aux critiques et, comme à chaque fois, ce sont ces quelques mots qui sont les plus difficiles à trouver. Je pourrais dire que c'est un recueil de nouvelles, que ce sont des histoires, qu'il y en a sept en tout et qu'elles commencent toutes à la première personne du singulier mais je ne le vois pas ainsi. Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens. De vrais gens. Pardon, de vraies gens.
   C'est une faute que j'avais laissée dans mon manuscrit, "la vraie vie des vrais gens", avant que Camille Cazaubon, la fée du Dilettante, ne me corrige : l'adjectif placé immédiatement avant ce nom se met au féminin. Quelles gens ? Certaines gens. De bonnes gens.
  Cette règle apprise, je suis allée rechercher tous mes "gens" pour vérifier que tous s'accordaient bien et j'ai réalisé que c'était l'un des mots qui comptait le plus grand nombre d’occurrences. Il y a beaucoup de "gens" dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude.
  Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean (!) et les autres n'ont pas de nom. Ils disent simplement "je". Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement.
  Ils parlent pour essayer d'y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l'armure. Tous n'y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m'a émue. C'est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu'ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c'est eux que je vous confie aujourd'hui. " Anna Gavalda source : Éditions Le Dilettante

Mon avis :  

J'ai commencé ce livre en oubliant complètement qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles. J'ai donc commencé ma lecture par "L'amour courtois" en pensant suivre la pétillante Ludmila et son langage populaire qui m'a de suite séduite  ! Je me suis bien marrée même si au fond Ludmila c'est une tendre qui a peur de fendre l'armure pour se laisser aimer.

" Eh oui. Faut pas se fier. je suis grossière, mais c'est ma tenue de camouflage. Comme les geckos sur les troncs d'arbre ou les renards de l'Arctique qui changent de pelage en hiver, mon côté voyant, c'est pas mes vraies couleurs. 
Y a des poules , je me souviens plus de leur nom, qui ont des plumes derrière les pattes, comme ça elles effacent leurs traces au fur et à mesure qu'elles avancent, et bien moi c'est pareil sauf que c'est dans le sens contraire : je brouille tout avant même de rentrer en contact. Pourquoi ? Parce que y a toujours mon corps qui fausse ma nature. 
(Et encore plus quand je m'habille avec les tee-shirts en papier tue-mouches de ma copine Samia, j'avoue.)

" L'amour courtois " m'a donc "pêcho" dans le style Gavalda que j'aime avec ses gens, ceux qu'elle sait très bien regarder et aimer. 

Je me suis donc plongée dans ce recueil de nouvelles avec délectation (genre que j'apprécie et qui me permet d'avoir d'autre lecture en même temps car ce sont des "petits"univers qui ne nécessitent pas trop de mémorisation).

Page 47 on change de personnage enfin non pardon Anna, on change de gens :-)  

Avec "La maquisarde" j'ai fait la connaissance de deux femmes esseulées  qui tentent de vivre l'une en tant que veuve et mère et l'autre en tant que maîtresse sans enfant et délaissée. Ces deux femmes là vont croiser leurs chagrins et s'aider sans le savoir. 
Cette nouvelle est la plus longue du recueil et sa chute m'a laissé pourtant un sentiment d'inachevé car on laissait là les femmes à des moments importants de leurs vies ... J'ai eu envie de les suivre encore dans la reconquête de leurs vies...

"Mon chien va mourir " arrive avec un homme, c'est Jeannot un routier au grand cœur.
 Cette nouvelle à ma préférence dans ce recueil elle est très émouvante. Fendre l'armure pour un père qui a perdu son fils et son compagnon à 4 pattes qui l'avait aidé à sa façon dans cette perte immense...

" Grâce à mon chien, j'ai cessé de ma bloquer la mâchoire et j'ai repris goût à la route. Pauses pipi obligent, j'ai même découvert des coins ici et là où il aurait fait bon vivre. 
Grâce à lui, qui avait été abandonné et qui m'avait attendu sagement la première nuit, qui n'avait pas douté une seule minute que j'allais revenir le chercher et qui maintenant comptait sur moi pour son bien être, j'ai été mieux. Je ne dis pas heureux, je dis mieux.
C'est quelque chose ou quelqu'un comme ça qui a manqué à ma femme."
Avec "Happy meal " je me suis fait entourloupée ! Argl, l'art de la nouvelle est dans sa chute et là elle est excellente ! On peut relire la nouvelle alors sous un tout autre angle !

"Mes points de vie" parle de beaucoup de chose en un minimum de pages et dresse le portrait d'un père mesurant la chance d'avoir un enfant bien portant et décrit fort bien les addictions de certains adolescents !

"Le fantassin" c'est l'histoire d'une amitié entre homme qui aidera l'un à fendre l'armure ... Gavalda nous rappelle ici l'importance de dire son amitié avant qu'il ne soit trop tard...

On fini dans un train avec "Un garçon" quelques filles et sans doute une ou des possibilités...

Au final un recueil qui se déguste comme une boîte de chocolat, 
ben oui on ne sait jamais sur lequel on va tomber ! 
(dixit Forest Gump comme vous le savez) !

Merci Anna Gavalda, merci de m'avoir confier ces gens. 
Ils sont devenus un peu par votre intermédiaire mes amis aussi. 

Fendez vous aussi votre armure, ça ne peut que faire du bien ♥

" Et de sourire enfin me permettait de pleurer enfin. Pas de la petite larmichette amère comme à l'instant d'avant ou au café même, mais de bonnes grosses larmes bien rondes, bien grasses et bien chaudes. Du corps qui lâche. De la dureté qui cède. Du chagrin qui fond."

@Didi mars 2018 Nougat ♥

jeudi 22 mars 2018

Le carnet Viking 70 jours en mer de Barents Anita Conti

Fécamp, juin 1939. Anita Conti embarque sur le morutier Viking pour une campagne de près de trois mois dans l'Atlantique Nord. C'est la première fois qu'elle reste aussi longtemps sur un navire. Seule femme parmi cinquante pêcheurs, elle restitue au jour le jour, dans ce carnet inédit, l'émotion brute ressentie à bord. Gorgé d'images et de confidences de marins, fouetté d'embruns ou noyé de brume, Le Carnet Viking ouvre aux secrets de la mer, ce monde énigmatique et mouvant où l'on se confronte au détachement et aux sensations les plus élémentaires.
Anita Conti (1899-1997), écrivain, photographe et voyageuse, avait la mer dans le sang. Pionnière de l'océanographie, ardente protectrice des océans et des poissons, elle fut aussi la première femme à pénétrer le monde fermé des marins et à en témoigner. Préface de Catherine Poulain. Source Payot et Rivages

Mon avis : 

C'est le carnet de bord d'une femme qui part en mer de Barents pendant 70 jours de juin à septembre 1939.


Elle prend place à bord d'un navire de pêche " Le Viking ". Seule femme à bord je ne peux que saluer cette "aventurière" exploratrice et scientifique ! 

Ce carnet reflète cette vie en mer que l'on a peine à imaginer.Se sont réellement des forçats de la mer, des ouvriers, des mineurs des océans. 

Ils arpentent les eaux salées à la recherche de leur salaire.

L'écriture est abrupte, mais a-ton vraiment loisir d'écrire tranquillement à bord de ces bateaux usines ? 

On pêche et on conditionne les poissons à bord. Toute la vie des pêcheurs et concentrée sur les poissons, leur quête, leur pêche, leur transformation.

Dans son carnet Anita Conti nous décrit très bien cette vie à bord et ses rudes conditions. 

Elle s'interroge aussi sur les ressources de la mer , sur le fait de toujours en prélever davantage... 

Elle ponctue son carnet de ses propres photos et de croquis concernant les poissons et autre animaux des mers. 


Elle s'intéresse à tout, ce qui est dans l'eau, ce qui est sur le bateau.



Elle nous indique chaque jour l'état de l'eau, du ciel, de ce que les filets relèvent. Elle nous présente les différents métiers à bords et m'apprends des choses. Comme ce qu'est un gogotier. 


Si son style n'est pas très littéraire, il se fait parfois poétique au gré de la météo.

"21 H 30 - Gris sinistre. La nuit enfin tomberait-elle ?
Le jour ne s'éteint pas et personne n'a vu le soleil. On sait qu'il est là, derrière cette couche épaisse de vapeurs qui forment dôme. Ce ne sont pas des nuages dessinés, aux formes fantaisistes qui évoquent des lignes de terres véritables (terres de beurre... disent les hommes, et ils rêvent...) ou des nuages qui laissent passer des jambes de lumière... De tels nuages évoqueraient quelque chose de vivant, quelque chose d'autre que cette cloche noirâtre qui nous domine, nous entoure et aussi nous enferme, cette cloche d'épaisseur humide posée sur une circonférence d'eau terne, dont on est le centre perdu."

On sent chez Anita Conti l'âme d'une profonde amoureuse de la nature et de la mer en particulier, on sent déjà dans ses expéditions la volonté de tirer une sonnette d'alarme quant aux ressources non inépuisables de la mer.

J'ai senti chez cette femme l'âme d'une pionnière dans cette volonté très écologiste tout en respectant de manière très forte le travail des marins pêcheurs. 

J'ai apprécié ce livre mais ce n'est pas vraiment ce que je préfère en littérature... D'ailleurs ce livre retrace le carnet d'expédition de cette femme. C'est donc plus un documentaire et celui-ci m'aura permis de découvrir la vie à bord mais aussi de partir à la découverte de cette femme admirable.

Cette lecture m'a embarquée sur le Viking ... 
Mais ne m'a pas vraiment embarquée littéralement parlant...



Néanmoins, je remercie vivement 
Babelio et ses masses critiques et les Éditions Payot et Rivages 
pour cette aventure en mer de Barents !


Anita Conti force le respect 
et cette dame de la mer a toute mon admiration




dimanche 11 mars 2018

L'art de perdre Alice Zeniter



L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Découvrir cet auteur sur Babelio.com




Mon avis : 


Livre emprunté à mon amie Wal,  je la remercie encore une fois, de m'offrir une si belle lecture.

L'art de perdre est une saga familiale sur trois générations. Le père fondateur c'est Ali, agriculteur Kabyle il crée en Algérie une ferme qui produira de l'huile d'olive.

Ali aura plusieurs enfants avec Yema dont Hamid le père de Naïma qui est dans ce livre le fils conducteur, ou plutôt l'investigatrice qui va partir à la recherche de l'histoire de sa famille entre France et Algérie. 

L'art de perdre n'est pas une histoire si fictionnelle que ça, j'ai d'ailleurs pensé dans un premier temps que l'auteur mettait en scène sa propre vie. Ainsi après l'avoir entendu dans diverses émissions je sais qu'Alice Zeniter est la fille d'un couple mixte français algérien tout comme son personnage Naïma. 


Une interview de l'auteure pour nous éclairer  ICI    

L'auteur pourtant dit avoir réaliser une fiction mais que bien sur elle a puisé dans sa propre histoire bien des éléments. Elle a part l'intermédiaire de Naïma pu exprimer mille choses. 

L'art de perdre est un roman qui m'a emporté au cœur de l'Histoire (avec un grand H) et des histoires familiales.

Lire ce roman m'a donné l'occasion de m'intéresser à la guerre d'Algérie. Cette guerre que l'on n'a jamais étudiée à l'école et qui reste un épisode trouble et violent qui a bouleversé bien des vies de part et d'autres de la méditerranée. 

Alice Zeniter se penche sur les croisées des destins, sur ce que les hommes et les femmes ne choisissent pas toujours. Elle met au cœur de son livre la construction de chacun. Tout ceci au centre d'évènements de la grande Histoire.

Se construire dans la liberté mais aussi et surtout les contraintes, un procédé long et qui ne s'arrête jamais.

J'ai particulièrement aimé ce livre, l'auteure est d'une intelligence qui m'a touchée. J'ai pris un immense plaisir de lecture. J'ai adoré m'immerger dans les pensées et les vies des membres de cette famille entre Algérie et France.
 
Alice Zeniter met en scène de magnifiques portraits.
Les relations entre la France et l'Algérie sont ambivalents et portent encore des stigmates. 

Alice Zeniter nous parle au fond d'identité nationale ( de ce terme assez flou que l'on a du mal a définir...). De déracinements, de mises de côté, d'identité, d'intégrations, d'immigrations, d'émigrations.

Ce livre parle de beaucoup de chose sans leçon à donner. En exposant des faits.

" Tu peux venir d'un pays sans lui appartenir, suppose Ifren. Il y a des choses qui se perdent... On peut perdre un pays. "
    
La construction de soi, de son identité est propre à chacun. Elle est faite de multiples paramètres et est mouvante et non pré déterminée.

L'art de perdre c'est accepter de ne pas s'imposer des choses mais se construire dans la ou les perte(s). 

Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître,
tant de choses semblent si pleines d'envie
d'être perdues que leur perte n'est pas un désastre.

Perds chaque jour quelque chose. L'affolement de perdre
tes clés, accepte-le, et l'heure gâchée qui suit.
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

Puis entraîne-toi, va plus vite, il faut étendre
tes pertes : aux endroits, aux noms, au lieu où tu fis
le projet d'aller. Rien là qui soit un désastre.

J'ai perdu la montre de ma mère. La dernière
ou l'avant-dernière de trois maisons aimées : partie !
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

J'ai perdu deux villes, de jolies villes. Et, plus vastes,
des royaumes que j'avais, deux rivières, tout un pays.
Ils me manquent, mais il n'y eut pas là de désastre.

Élisabeth Bishop

Ce livre était en lice pour le Goncourt mais n'a pas été retenu... C'est dommage, mais il a eu le Goncourt des Lycéens et je trouve cette récompense très enthousiasmante et importante. La jeune génération vivant au quotidien une mixité de population, ce livre lui aura parlée de façon puissante et sensible. Dans la quête de ce que nous sommes et de ce que l'on va et veut devenir. La vie en somme...

Je ne peux que vous inciter à découvrir,
 sous l'impulsion de Naïma,
 les membres de cette famille entre France et Algérie. 

Bonne lecture ! 


tous les livres sur Babelio.com


Participation au Challenge Pavé chez Babelio ! (plus de 500 pages)          


dimanche 4 mars 2018

De l'ardeur !

Ernest Pignon-Ernest

De l'ardeur
De la clameur
De la chaleur

Laissons le froid février

De l'ardeur
il nous en faut

de l'ardeur
et des couleurs

de l'ardeur
et de la chaleur

De l'ardeur 
oui de l'ardeur !!!

De l'art d'or

Didi


mercredi 21 février 2018

Portraits de voyage Stéphanie Ledoux

Du Yémen au Vanuatu, de la Birmanie à Madagascar, c’est à un voyage inédit, au croisement des peuples, que nous convie la peintre/globe-trotteuse Stéphanie Ledoux. Dans la rue, sur une place ou dans l’espace privé parfois réduit à une simple case, à la lumière du jour ou sous l’éclairage d’une bougie, le portrait se construit à la faveur d’une rencontre toujours singulière. Le livre nous dit la richesse des cultures, l’art du portrait et l’humanisme de la rencontre avec l’autre. ELYTIS
Mon avis : 
Cadeau de Noël de ma grande sœur à qui j'ai fait découvrir cette artiste que j'adore. 

J'ai été gâtée avec ce très beau livre, merci merci ♥

Stéphanie Ledoux, je la suis sur son excellent blog où sa générosité nous donne à admirer ses beaux portraits qu'elle trace avec tout son amour de l'autre, dans un respect et une patience qui me plaisent.


J'aime son approche du voyage par les gens, c'est bien là l'essentiel finalement quand on découvre un autre pays.

Si Stéphanie Ledoux excelle dans l'art du portrait, je l'apprécie beaucoup aussi dans les dessins concernant la nature : arbres, végétations, animaux. Je pense qu'elle se tourne d'ailleurs de plus en plus de ce côté si de son travail d'artiste.


Du côté faune et flore c'est un régal. Et d'ailleurs cette artiste me fait penser aux anciens explorateurs qui n'avaient que du papier et des crayons pour rendre compte de leurs découvertes. 


 Je ne souhaite pas déflorer ce beau livre, sachez que vous partirez ici à la découverte des gens, que vous découvrirez leurs lieux de vie et aussi leur environnement. 


Vous apprendrez quelques mots du pays et quelques coutumes aussi. L'auteure vous ferra même "sentir" des odeurs, apprécier des textures. 


Vous rêverez de ces destinations de voyage à travers le regard d'une artiste douée et généreuse. 


Bravo encore à Stéphanie Ledoux et à très bientôt pour de nouvelles découvertes et de nouvelles rencontres.

" Là où un touriste de passage, muni d'un simple appareil photo numérique, n'aura que mitraillé très distraitement avant de passer son chemin, le dessinateur prend le temps de se poser, de s’intéresser aux détails et aux gens. Et ceux parmi les habitants du lieu qui étaient curieux mais timides, entament une conversations. "


Partez en voyage grâce à Stéphanie Ledoux.

Le voyage sera beau et dépaysant 
et surtout profondément humain !