dimanche 17 juin 2018

Brouzouf Tour ou la folle virée avec ma grand-mère complètement barrée Cécile Chartre

Parce que la vie à la maison n’est pas facile, avec le seul salaire de sa mère, Victorien et sa grand-mère Colette décident de tenter leur chance à un jeu télé à Paris, à 800 kilomètres de chez eux. Comme ils n’ont pas d’argent pour le train, ils se lancent dans le covoiturage. Suivront trois jours de rencontres et d’aventures désopilantes. On retrouve Cécile Chartre au meilleur de sa verve, pour un road-movie plein d’humour et de tendresse. Par l’auteur de Joyeux ornithorynque et Petit meurtre et menthe à l’eau.

Mon avis :

Une petite virée en compagnie de Victorien et de sa grand-mère la sémillante Colette direction Paris en passant par Saint-Étienne !  Moi je dit : Oui !

J'ai tenté ma chance moi aussi en participant à la Masse critique jeunesse. Y a pas d'âge pour lire ce genre  d'ouvrage lol ! 

J'ai été retenue et ainsi je remercie BABELIO et les Éditions Rouergue 


Victorien est un ado de 14 ans assez débrouillard élevé par sa mère célibataire et sa grand-mère qui donne un sacré coup de main dans l'organisation familiale. Ils ont ensemble l'idée de participer à un jeu télé pour remporter des brouzoufs ! 

Brouzouf : Expression pour désigner une somme d'argent. Terme souvent employé par les contemporains de Toutankhamon. Synonyme : Thune, flouze, blé, pognon, pépettes. Du fric quoi. Exemple : Aaaahh si seulement j'avais des brouzoufs !

Victorien est le narrateur de ce livre ainsi on a un ton moderne, enlevé et très marrant. Surtout quand son vocabulaire se croise avec celui de sa mamie.

" Alors si en plus le vocabulaire du 3ème âge s'en mêle, on n'est pas couché "

On suit les amours de ce jeune garçon et aussi ceux de sa grand-mère. La virée en covoiturage sera l'occasion de croiser bien d'autres personnages.

Une jolie petite histoire aux sympathiques leçons de vie.  Humour et tendresse sont au programme de cette folle virée !

Les jeunes lecteurs seront séduits, enfin je pense ;-). Le livre n'atteint pas les  100 pages ça ne devrait donc pas les effrayer...

Embarquez pour cette folle virée ! 
Y a peut-être plus que des brouzoufs à la clé !




 

dimanche 27 mai 2018

La Grande Forêt Le pays des Chintiens Anne Brouillard


Killiok, le chien noir, est inquiet. Il attend le retour de Vari Tchésou, le magicien rouge, dont il n'a pas de nouvelles depuis le printemps. D'après les oiseaux, une roulotte aurait été aperçue au fin fond de la Grande Forêt… Killiok convainc Véronica de l'accompagner pour savoir ce qu'il en est.
Tous deux s'enfoncent dans la Grande Forêt et font des rencontres surprenantes : Pikkeli Mimou dans son refuge, le Chat Mystère qui va au festival de vol, Susy le cheval… et tous ces Bébés Mousse avec qui ils prendront le train !
La Chintia, dont Anne Brouillard a imaginé la carte, est divisée en 11 pays. L'histoire prend vie au travers des personnages, des lieux, et de leurs influences. Tout est possible et a l'air réel. Le premier tome met en mouvement les habitants du Pays du Lac tranquille.
Mon avis : 

Lecture pour retomber en enfance ...

J'ai le plaisir de découvrir des albums grâce à un abonnement à l’École des Loisirs  (merci mon petit mari ♥).

Cet album est un mixte entre un album  et une bande dessinée. Nous avons des pages avec des cases et des bulles et d'autres avec des dessins sur toute la page ou en plus petit format et du texte. J'ai apprécié ce mélange rythmant agréablement l'histoire et permettant de profiter des très beaux dessins de la forêt de l'auteure Anne Brouillard.



Killiok est soit disant un chien moi j'ai plutôt vu une sorte de personnage imaginaire... On pense à l'univers de Claude Ponti. 



J'ai aimé toutes les trouvailles de l'auteure, so pays imaginaires, ses habitants mi animaux mi humains. 

Les aquarelles sont vraiment très belles et les bouleaux tout simplement magnifiques. 



Les chats sont mis à l'honneur avec le Chat Mystère et le Chat Miroir. 


On se trouve dans un univers très poétique, décalé, onirique et fantastique ! Un peu surréaliste. Avec de l'humour !



Il s'agit d'un premier tome, ce que je ne savais pas !

Çà explique alors mon sentiment d'inachevé et d'incompréhension de certaines choses. 

Anne Brouillard présente ici des différents personnages et une partie du pays de Chintia. Et il nous reste bien des questions notamment sur Vari Tchésou, l'ami de Killiok... Qui serait un magicien ... 

Oui Anne Brouillard devra lever le brouillard sur son histoire (hum hum)...

Un album qui lance une histoire intrigante 
avec des personnages qui le sont tout autant. 

J'ai été un peu frustrée de découvrir qu'il y aurait une suite...  
Quand ? Et aurais-je la possibilité de l'avoir ?

J'ai été charmée par les dessins plus que par l'histoire pour l'instant ...
Mais je retournerais avec plaisir dans le pays des Chintiens,
résoudre quelques mystères !



dimanche 20 mai 2018

La saison des feux Celeste Ng


A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont débord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence met en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.
 Mon avis : 

Lecture offerte par Babelio et les Éditions SONATINE !

Merci beaucoup : A Babelio pour ses sympathiques MASSES CRITIQUES ( et celle-ci particulière car proposé à quelques membres) et Sonatine pour le livre ainsi qu'un petit carnet de notes.

Ce roman je l'ai abordé avec l'empreinte de ma lecture précédente "Le gang des rêves", je me retrouve ici aux USA bien des années plus tard dans une ville banlieue Shaker Heights , un quartier bien différent de ceux de NY dans les années vingt...

L'histoire commence alors que la maison de la famille Richardson est en feu. Qu'est-il arrivé ? Qui à mis le feu au foyer des Richardson ? 

Une partie de la famille est ici la mère et trois enfants sur les quatre de la famille...

L'auteure Celeste Ng (comment se prononce ce nom ? ...) va alors remonter le fil de l'histoire de cette famille pour nous faire comprendre pourquoi cette maison est en feu.

L'auteure va s'attacher alors à nous décrire la vie dans cette banlieue riche en nous dressant un portrait social de la famille des Richardson composée d'un couple marié et de 4 enfants : Lexie, Tripp, Moody, Izzy et  de celui d'un foyer monoparental,composée de Mia et de sa fille Pearl .  

Mia et Pearl sont les locataires de la famille Richardson et également Mia devient également leur employée de maison.

Deux foyers très différents dans leur fonctionnement, mais ces deux univers vont s'interpénétrer essentiellement par l'intermédiaire des relations avec les enfants.

Chacun des enfants découvrant chez les autres des façons de fonctionner différentes. 

On a d'un côté un modèle familial établit comme le meilleur, sans histoires... en apparence.

J'ai aimé cette histoire où les univers de chacun se découvrent. Les codes sont différents et s'entrechoquent aussi créant des étincelles et alimentant des rancœurs et des incompréhensions aussi. Des visions de la vie différentes ...

" Toute sa vie elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. Elle escaladait le murs et bondissait  par dessus les tranchées. les étincelles sautaient comme des puces et se répandaient tout aussi rapidement ; une brise pouvait charrier les braises sur des kilomètres. Mieux valait contrôler cette étincelle et la transmettre prudemment d'une génération à l'autre, comme une troche olympique. Ou peut-être, l'entretenir attentivement comme une flamme éternelle : un rappel de la lumière et de la bonté qui jamais n'embraserait rien. Soigneusement contrôlée. Domestiquée. Heureuse en captivité. la clé pensait-elle, elle était d'éviter toute conflagration." Page 183 vision d'Elena Richardson

Par l'intermédiaire de Mia, la vie bohème, le monde de l'art, s'invitent dans une façon de vivre et de penser. 

Que ce soit Pearl dans la famille des Richardson, ou Izzy dans la famille de Mia tous apprennent, tous s'ouvrent à d'autres façon de faire que celles qui ont cours dans leur quotidien. 

Tout va a peu près bien jusqu'à ce qu'une enfant abandonnée et recueillie par la meilleur amie de Mme Richardson soit réclamée par sa mère biologique Bebe, collègue et amie de Mia. 

S'en suit une " sorte " d'enquête qui va pousser les personnages dans leurs retranchements et leurs secrets... 

Les différents portraits dressés par Céleste Ng sont très bien mis en avant. C'est avant tout les liens maternels qui sont disséqués ici. Du côté des enfants mais aussi entre mères. 

" Mia savait exactement à quoi elle pensait. Pour un parent, un enfant n'est pas une simple personne : c'est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu'on vit, le passé dont on se souvient et l'avenir qu'on espère. 
On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu'il a été, l'enfant pis l'adulte qu'il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C'est étourdissant. Et chaque fois qu'on le laisse, chaque fois que l'enfant échappe à notre vue, on craint ne jamais retrouver ce lieu." 

L'univers des adolescents est également très bien décrit et les relations entre les membres de la fratrie Richardson sont riches d'enseignements. 

Et puis le travail de Mia en tant qu'artiste photographe apporte une belle leçon de poésie à la vie et à la façon de la voir. La photo d'art est mise à l'honneur dans ce livre de bien belle façon.

Une très bonne lecture que j'ai vraiment appréciée,
 une belle découverte pour moi qui n'avait jamais encore lu cette auteure.  
Un livre que je vous invite fortement à découvrir, 
pour rentrer au cœur des foyers de cette banlieue américaine. 

Là où couve les feux, là où en apparence,
 tout semble si tranquille, un peu trop peut-être...

Je vous invite à faire la connaissance de ces personnages,
essentiellement féminin au cœur de cette histoire. 


tous les livres sur Babelio.com




mercredi 2 mai 2018

Le gang des rêves Luca Di Fulvio





New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

Mon avis :

Lecture du mois d'avril qui est déjà passé puisque nous sommes en mai désormais...  Mois d'anniversaire de mon blogounet qui a tout juste 9 ans et de mon anniversaire  9 X 5 (ouille !) !

Ce livre est un pavé de 945 pages ! Il rentre donc dans ma participation au challenge pavé de chez Babelio !

J'avais commencé ce pavé en prévision de la rencontre de son auteur Luca Di Fulvio au QDP 2018. Hélas, grandement hélas, je ne suis pas allée à ce beau rendez-vous car mon amie avec qui je m'y rends chaque année (ou presque) depuis dix ans a du annuler ce rendez-vous ... Je ne vous dit pas ma déception mais parfois il y a des rendez-vous manqués dans la vie et bien celui là en ferra parti, n'en parlons plus. Wal si tu m'écoutes, rendez-vous pris pour 2019 !

J'aurais pu me rendre seule à ce rendez vous mais je n'ai pas voulu. Alors mon livre n'est pas dédicacé et il n'y aura pas de billet sur le QDP ici.

Mais revenons à ce livre qui aura occupé mon mois d'avril 2018 !

J'ai pris plaisir à cette lecture au long cours mais j'avoue être tout de même légèrement déçue surtout sur la deuxième partie du livre.

La première partie m'a emballée. En effet elle dresse le portrait d'une femme italienne, Cetta  qui  décide de s'installer aux USA.

Un prologue nous permet de comprendre le pourquoi de cette décision. 

Cetta n'est pas seule elle a un enfant avec elle : Natale (enfant issu d'un viol d'une enfant qui est elle-même issue d'un viol également...)

Dans les années 10 il ne faisais pas bon être une femme étrangère fraichement arrivée à New York.
  
" Cetta s'endormit - Elle se  raconte l'histoire d'une petite fille de 15 ans qui s'enfuyait de chez elle, toute seule, avec son petit bâtard, pour aller rejoindre le royaume des fées" Page 28

Néanmoins Cetta aura la chance de croiser Sal sur sa route qui s'en en avoir l'air va l'aider énormément à pouvoir garder son enfant ce petit Natale qui deviendra dès le passage en douane Christmas. 

Cetta, Sal, Christmas puis vient un autre des personnages celui de Ruth, jeune fille issue du milieu riche et d'origine juive de New York.

Mais l'univers de Ruth va très vite être mis à mal par un fou furieux Bill, celui-ci va l'enlever la battre sauvagement et la violer !

Nous sommes en 1922 et c'est dans ces circonstances terribles que Christmas avec son ami Santo va croiser la route de Ruth. C'est lui qui la sauvera en l'emmenant à l'hôpital.

Par cette rencontre deux univers vont alors se rencontrer, le milieux des riches et celui des pauvres. 

Dans ce roman si on commence l'histoire avec Cetta c'est bien et essentiellement à travers le personnage de Christmas son fils que l'on va vivre dans les quartiers New-yorkais.

En sauvant Ruth, Christmas va non seulement rencontrer un autre monde celui du rêve américain en quelque sorte mais aussi tomber amoureux.

Hélas, cette histoire d'amour devient vite très compliquée, de part les différences mais aussi et surtout par la personnalité de Ruth qui accuse de forts traumatismes suite à son agression.

Alors dans la deuxième partie c'est tout en parallèles que nous allons suivre les divers personnages : Christmas, Ruth et aussi l'agresseur de Ruth, Bill.

La fresque dressée là est très intéressante et m'a captivée, elle nous plonge dans les années 20 à NY et c'est très bien vu. 

De multiples personnages peuplent ce livre et je ne peux pas les mettre en avant tous ce sera à vous des les découvrir avec leurs verves et/ou leurs défauts. Ils font tous partie de ce roman et certains plus que d'autres m'ont plu : Santo, le grand-père de Ruth, Monsieur Bailey, Cyril...

La ville de New-York est bien sur LE personnage centrale de ce roman. 

Le gang des rêves c'est l'Amérique telle qu'on la rêve et l'idéalise  pour tomber de haut...

Le gang des rêves c'est les Diamond dogs, gang de pure fantaisie inventé par l’espiègle Christmas pour se sentir vivre, pour tout simplement exister dans ces quartiers difficiles.   

Ma légère déception sur ce livre et sur la deuxième partie qui était pour moi pas assez imbriquée... Les 3 personnages principaux : Ruth Christmas et Bill ne se croisant presque pas ... De plus j'ai trouvé également que Luca Di Fulvio avait délaissé Cetta au cours de l'histoire et ça m'a chagrinée.

En résumé et parce que parlé d'un livre de 945 pages n'est pas aisé, 
je vous dirais que si ce livre n'est pas le gros coup de cœur attendu 
(au vu des critiques que j'ai pu lire), 
celui-ci m'a plongée avec bonheur dans les années 20 
au cœur d'un New-York d'ombres et de lumières totalement fascinant !

tous les livres sur Babelio.com

Good morning New-York, chers amis ! 
Branchez vous sur la CKC et écoutez l'histoire de Christmas Luminita !




jeudi 12 avril 2018

Oh Vie Oh lette !

@Didi dans les bois avril 2018


La cueillir quel dommage !
La laisser quel dommage !
Ah cette violette.

Naojo 

@Didi au jardin avril 2018

lundi 2 avril 2018

Entre deux mondes Olivier Noreck



Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Mon avis : 

Je n'avais pas encore lu cet auteur, croisé pourtant au Quais du polar l'année dernière et lu par mes amies et ma sœur (Code 93, Surtensions...) .  


Découvrir cet auteur sur Babelio.com


Cette lecture m'a beaucoup plu, loin d'être un polar pur et dur, on a là comme une plongée dans l'univers des migrants.

Entre deux  mondes c'est la zone de la Jungle de Calais (Olivier Norek a expliqué le pourquoi de ce terme qui me choquait, les hommes seraient-ils des animaux que l'on parque ainsi ?... l'explication m'a rassurée un peu ...) 

" C'est légèrement inapproprié. Qui a trouvé le nom ?
 N'y voyez pas de racisme ce sont les migrants iraniens eux-même. Quand ils sont arrivés sur place, ils ont vu un morceau de forêt, alors ils ont appelé l'endroit "la forêt". En langue Perse, jangal. Ici on a entendu "jungle", prononcé à l'anglaise. Un simple quiproquo"
Zone devenue un camp de transit "provisoire" qui s'est éternisé pour de nombreux migrants. Le but pour ces derniers étant de rejoindre le Royaume Uni leur Eldorado.

Olivier Norek a eu à cœur dans son roman d'humaniser ses personnages et de nous faire vivre cette migration forcée grâce à la famille d'Adam mais aussi auprès des policiers chargés de la sécurité de cette zone et des différentes associations qui œuvrent en interne pour essayer de rendre la vie des réfugiés plus... acceptable... 

5 parties composent ce livre : Fuir - Espérer - Résister - Survivre et Sombrer ?

On suit les personnages de ce livre en se disant qu'on est dans une réalité glaçante. Olivier Norek nous le dit, il n'a pas osé inventer...

"Face à la violence de la réalité,
je n’ai pas osé inventer.
Seule l’enquête de police, basée sur des faits réels,
a été romancée.
Je remercie les flics de Calais,
ceux des Renseignements, les Calaisiens,
les journalistes, mes sources du CNRS et de Sciences Po, les bénévoles humanitaires mais par-dessus tout, ces hommes et ces femmes qui, fuyant l’horreur
des guerres, ont accepté de se livrer."

On plonge direct dans un quotidien de guerre en Syrie, Olivier Norek nous démontre que ces familles fuient la mort, la terreur et qu'ainsi elles prennent tous les risques pour arriver en Europe. 

Le périple en mer de Nora et Maya est effroyable... Pire même... 

Adam espère retrouver sa femme et sa fille dans la jungle là où il leur a donner rendez-vous ... Il ne les retrouvera pas...

Mais Adam ferra deux rencontres décisives : celle de Bastien avec qui il nouera des liens ressemblant à des liens fraternels et professionnels mais aussi avec un jeune noir victime de barbarie, Kilani.

Bastien essayera de comprendre ce qu'il se passe dans la jungle et s'insère dans sa nouvelle équipe et dans ce nouvel univers particulier où tout est tu.  Où il est difficile d'intervenir même pour des actes terribles...  

Il aura à cœur d'aider Adam du mieux qu'il peut et aussi Kilani. Sa famille et son équipe le soutiendront à leur manière. 

J'ai été touchée par la vie horrible de Kilani, Ayman de son vrai nom, enfant soldat, enfant esclave sexuel. Il ne peut plus parler, sa langue ayant été coupée et c'est un arrache cœur que de se trouver face à cet enfant. D'ailleurs cet enfant cristallisera ce désir de lui rendre enfin sa vie d'enfant. 

Ce roman est un fort coup de poing qui nous prends à la gorge et nous dit Stop ! Hélas ce n'est pas le démantèlement de la jungle qui aura enlevé les problèmes concernant la gestion des migrants... 

Merci à Olivier Norek d'avoir su avec son roman pointé du doigt les problèmes des migrants en se penchant sur la zone de la Jungle en particulier et d'avoir mis l'humain au cœur de ce sujet d'actualité. 

Si la jungle a été démantelé en 2016, l'auteur nous met en garde sur cet enfumage flagrant...
 " Il était de retour, aujourd’hui, sur ces terres entre deux mondes où les dunes avaient retrouvé leur calme. Plus de migrants, plus d’humanitaires, comme si d’un coup de baguette magique, le problème avait été résolu. Probablement le plus bel enfumage de la décennie. "
Des exilés forcés aux réfugiés climatiques et également aux exilés économiques le nombre des migrants n'est pas amené à faiblir et les problématiques politico-économiques restent des enjeux sensibles. Espérons que l'humain restera au cœur des décisions. 


Une lecture poignante, révoltante
Une lecture qui met le doigt là où ça fait mal.
Une lecture qui place l'humain au cœur de tout.

Vous aussi entrez dans l'entre deux mondes
  et partez à la rencontre de ces hommes et ces femmes.  
Et merci aussi à Olivier Norek de mettre en avant 
les blogueurs dans ses remerciements :

" Les blogueurs. Pour les petits blogs, les grands, ceux avec de l’émotion, ceux avec des fautes, ceux avec du cœur, ceux avec de la poésie, ceux qui deviennent plus que de simples connaissances, ceux qui parlent de tous les auteurs, ceux qui font tenir leurs murs avec des PAL, ceux qui te disent quand c’est mauvais et ceux qui t’accompagnent sur les Salons. Les vrais journalistes chroniqueurs du polar, c’est vous ! "