vendredi 17 mai 2019

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel


Le dernier roman de la reine du polar Karine Giebel dans une édition collector comprenant la nouvelle inédite Tristan
Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler...
Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin...
Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.
Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D'où vient-elle ?
Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !Parce que bientôt, tu seras morte.


Cadeau de mes amies Dup' et Phooka lors du GpP 2019, je les remercie chaleureusement pour ce beau cadeau ! 





Y a du lourd ! Et ce livre est un énorme coup de cœur pour Dup et il se trouve donc aussi dans le Grand petit Prix   : Lire son avis ICI

Mon avis : 

Oui... Alors comment dire ... En un mot : TROP ! 

Alors pour ma part pas trop bien mais trop dans le sens trop de violences et d'exagérations. 

Entre addiction à cette lecture et répulsion mon cœur balance...

Je conçois évidemment l'engouement pour ce livre car j'ai moi aussi été happée par ce page turner (j'ai lu en une semaine ce pavé de 668 pages : un pavé pour le challenge Pavé chez Babelio !). 

Mais... car oui il y a un mais, tout au fond de moi ce livre m'a dérangé dans cette escalade de violence. Cette avalanche de violences subit par Tama (entre autre...) a pris part à décrédibilisée quelque peu cette histoire.

Loin de la subtilité, Karine Giebel envoie du lourd. Le sujet de l'esclavage moderne n'est pas à renier, là n'est pas mon propos, mais l'auteure utilise des procédés qui m'ont dérangés. Et que dire de ces deux histoires en parallèles ? C'est vraiment, vraiment pas de chance de tomber que sur des tordus ?! Et diable où se trouvent la police ? Les services sociaux ? Les gens de biens ? 

Bon oui, oui, il y en a bien quelques-uns mais ils se comptent sur les doigts d'une main amputée ! 

Tama cette jeune femme j'ai eu de la peine pour elle, oui beaucoup de peine et elle aurait pu mourir cent fois avant la fin de cette histoire. J'ai tremblé pour elle . Hélas, grandement hélas, tous ceux qu'elle croise sont des gens violents, même son grand amour Izri. Ce que je l'ai détesté celui-ci, même si il a en effet des "excuses". J'aurais aimé que Tama s’affranchisse de cet amour à nouveau avilissant pour elle...

Il n'y a que peu de personnes positives à ses côtés, c'est à ne plus croire au genre humain. 

Quand Tama à la chance d'en croiser : Marguerite la vielle dame, Vadim le petit garçon, Tristan le libraire, Wassila la grand-mère d'Izri, sa poupée Batoul et un oiseau Atek ... Ils disparaissent bien vite...

Et puis, il y a Gabriel que l'on n'arrive pas à classer vraiment dans une catégorie (un policier meurtrier vengeur).

Je me rends compte que finalement j'ai du mal avec les livres trop violents et ceux aussi où j'ai du mal à croire que ça peut être vrai... 

Ce livre, je l'ai pourtant lu en apnée et je l'ai lu rapidement. Parfois je l'avoue dans les scènes très violentes et répétitives j'ai pu le survoler .... Et quand les histoires se rejoignent dans le livre, j'ai été un peu agacée, je dois le dire...

Tama reste une belle personne qui s'ancre dans notre tête et pour qui j'ai eu une peine immense. Elle restera dans mes souvenirs.

Alors, si la violence est votre came, 
si vous ne tremblez devant rien, 
si votre regard ne se détourne pas, 
venez vivre l'enfer de l'esclavage de Tama dans les antres des diables !!!
En réchapperez-vous ? 

"Toutes blessent la dernière tue !"
Vulnerant omnes ultima necat 






dimanche 12 mai 2019

Salina les trois exils de Laurent Gaudé

Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre.
Mon avis :


Cette lecture est un emprunt à la bibliothèque de mon amie où je vais chaque moi à un petit comité de lecture.

En plus de ma PAL je trouve d'autres moyens de me fournir en livre ! Je n'avais encore jamais lu Laurent Gaudé pourtant ce n'est pas faute d'en entendre toujours beaucoup de bien et aussi parce que j'ai deux titres de lui dans ma PAL ("La mort du roi Tsongor" et "La porte des enfers").

Découvrir cet auteur sur Babelio.com

Dans ce livre on s'immerge très rapidement dans le désert (ce qui est bizarre finalement...), on a des senteurs, des sensations qui arrivent immédiatement dans notre esprit.

L'héroïne du livre arrive bébé, elle est déposée par un ténébreux et mystérieux cavalier au milieu d'une tribu du désert. 

Elle est dans un premier temps laissée de côté par la tribu, qui voit là un très mauvais présage... 

Ce bébé à une force extraordinaire et alors cette petite fille survivra. Une femme la recueillera et l'élèvera elle se nommera Salina et c'est sa vie que l'on découvrira là.  

Cette vie est âpre comme une colère, comme un renoncement. Cette histoire c'est toute l'aridité d'un désert, les personnages y sont façonnés au gré des duretés de la vie.

De sa naissance à sa mort la vie de Salina sera semée de renonciation et d'exils. De colère et de vengeance !!!

Dans ce roman j'ai ressenti beaucoup de souffrances et d'aridité. Salina n'a pas eu une vie facile. Rejetés, toujours rejetée par les hommes... Les femmes elles seront plus douces envers elle... Pas toutes hélas...

L'écriture est belle et j'ai aimé comme cette histoire m'a été racontée. Car oui, Laurent Gaudé met en avant ici la coutume de l'oralité.

L'histoire de Salina est racontée par Malaka, cet homme qui accompagne les dernières heures de Salina. Je vous laisserais alors découvrir qui il est.  

Installez vous, 
dans une barque auprès de celle qui emmène la dépouille de Salina.

Ecoutez Malaka, 
conter l'histoire de cette femme qui subira trois exils. 

Ouvrez votre cœur et votre âme,
 Laissez couler peut être vos larmes 
et 
Attendez alors que s'ouvre, peut-être, les portes de l'île cimetière.
Pour reposez enfin en paix !

Une très belle lecture malgré sa rudesse. 




samedi 4 mai 2019

La danse du temps d'Anne Tyler


À soixante et un ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenant que la compagne de son fils s’est fait tirer dessus. Sa petite-fille a besoin d’elle ! Tant pis s’il s’agit d’une erreur de numéro, Willa abandonne tout et file à Baltimore devenir grand-mère. Dans La Danse du temps, Anne Tyler nous rappelle avec humour et tendresse qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. Source Editions Phébus 

 Mon avis :

Ce livre je l'ai reçu dans le cadre d'une masse critique privilégiée de chez Babelio. 


Merci encore à BABELIO et aux Editions Phébus pour cette lecture.

Ce livre est le portrait émouvant d'une femme américaine : Willa 

De son enfance à son troisième âge. Nous suivons Willa dans son enfance un peu bancale avec une mère fantasque et un père effacé et doux, à sa vie de femme au foyer renonçant à sa vie professionnelle (et plus personnelle finalement) pour élever ses deux garçons : Ian et Sean auprès de Derek son mari. 

"Willa et moi nous sommes fiancés" annonça Derek. Personne ne réagit. Willa, elle-même n'aurait su deviner ce que pensaient ses parents. Elle posa tout doucement et sans bruit sa valise."Nous nous aimons, poursuivit Derek. Et... Nous avons décidé, hum, de passer le reste de notre envie ensemble".Quelque chose dans son élocution, dans la façon dont les mots dégringolaient par vagues, donnait à penser qu'il parlait presque sas savoir ce qu'il disait, tâchant de combler un silence de plus en plus palpable."Je lui ai fait ma demande et elle... elle a dit oui et elle veut attendre de terminer ses études, alors que moi, je pense que cet été serait idéal ; à mon sens, elle pourrait terminer ses études en Californie aussi bien qu'à Kinney, alors j'espère la convaincre de la faire changer d'avis, mais quoiqu'il en soit..."

Elle deviendra veuve à la suite d'un accident de voiture. Elle refera alors sa vie avec Peter avec qui elle est quand elle reçoit cet appel téléphonique lui demandant de l'aide.

Les différentes parties de sa vie sont plus ou moins mis en avant, son enfance et l'époque actuelle sont les plus narrées, quant à sa rencontre avec Peter on n'en sait pas grand chose...

L'accident de Denise, ex-petite amie d'un de ses fils Sean, sera l'occasion pour Willa de se porter volontaire pour aider une enfant qui pourrait être sa petite fille mais qui ne l'ai pas.

Un malentendu au départ permettant à Willa de filer un coup de main à Cheryl la fille de Denise , une enfant au combien attachante. 

Portrait d'une femme que la danse du temps a ballotté au gré des désirs des autres... Ce portrait intime m'a touché.  Willa va se rendre compte par petite touches successives qu'elle a laissé un peu trop filer sa vie. On ne choisit pas sa famille mais on peut s'en construire d'autres... Les liens du sang ne sont pas toujours les plus forts...

Avant ce livre, je n'avais jamais lu cette auteure qui est encensée aux USA, les  critiques sont élogieuses... Pour ma part, si j'ai aimé ce livre, je ne le mets pas au panthéon de mes lectures. Il faudrait sans doute que je lise d'autres livres pour me faire une idée de l'oeuvre entière de cette auteure. 


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En résumé, j'ai passé un bon moment en compagnie de Willa, Cheryl et Denise et d'autres personnages secondaires (tous pour la plupart des voisins du quartier de Denise et Cheryl).
 J'ai apprécié ce portrait féminin et ce portrait presque sociologique de la famille américaine. 

Une lecture sensible et désenchantée 
qui m'a fait m'attacher à Willa qui prend conscience, 
enfin à plus de 60 ans, de l'importance de tenir enfin les rênes de sa vie 
et qu'elle peut se conduire seule là où elle le souhaite !

"Les possibilités sont infinies."


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