dimanche 20 mars 2022

Un long, si long après-midi Inga Vesper

 


Dans un quartier riche et ensoleillé de Los Angeles, tout semble parfait. Mais la perfection n’existe pas, et là où il y a soleil, il y a ombre.

Secrets et tragédies se cachent à chaque coin de rue.

Dans une veine qui rappelle La Couleur des sentiments ou Desperate Housewives, Un long, si long après-midi est un premier roman époustouflant au cœur d’une Amérique asphyxiée par son sexisme et son racisme ordinaires.

« Hier, j’ai embrassé mon mari pour la dernière fois. Il ne le sait pas, bien-sûr. Pas encore. En réalité, j’ai du mal à y croire moi-même. Pourtant, quand je me suis réveillée ce matin, j’ai su que c’était vrai. »

C’est l’été 1959, les pelouses bien taillées de Sunnylakes, en Californie, cuisent sous le soleil. Dans la chaleur étouffante d’une trop longue après-midi, Joyce, une mère de famille comme on en rencontre dans les belles histoires du rêve américain, s’ennuie. Ses enfants crient, son mari va bientôt rentrer, les minutes rampent comme des limaces.

C’est l’été 1959 et Ruby, la femme de ménage de Joyce, rejoint la maison où elle doit effectuer ses dernières heures de travail de la journée. Mais Joyce a disparu et ne subsiste plus dans la cuisine qu’une mince tâche de sang sur le sol.

C’est l’été 1959 et quand on suspecte un crime, la femme de ménage noire et célibataire est toujours la meilleure des suspectes. Le fusible à faire sauter pour éviter que n’explose le grand miroir des faux semblants. Si ce n’est que Ruby a décidé de se saisir de son propre sort. L’émancipation féminine et raciale n’est pas encore à la mode, mais elle est déterminée à faire entendre sa voix.

L' auteure : Née en Allemagne, l’auteure anglaise Inga Vesper a longtemps travaillé comme aide-soignante, avant de se tourner vers le journalisme. Elle a travaillé comme reporter en Syrie et en Tanzanie.

Un long, si long après-midi est son premier roman.


#Unlongsilongaprèsmidi #NetGalleyFrance

Mon avis : 

Une lecture bien sympathique offerte par NetGalley et les Editions La Martinière.

Attirée par cette couverture à l'allure vintage et par les thèmes, j'ai postulé pour avoir cette lecture en partenariat et je l'ai obtenu. Merci ♥

C'est une écriture très visuelle qui s'est offerte à moi avec cette lecture. 

Une écriture fluide, avec des chapitres courts, alternants les 3 personnages principaux : Joyce, Ruby et Mick. 

Tiens, je remarque que dans le résumé on ne parle pas de lui… Etonnant, car il a une place importante dans cette enquête et dans cette histoire et j'ai d'ailleurs bien aimé ce personnage qui écoute les femmes et leur donne leur chance. 

Cette enquête pousse la porte d'un univers qui semble lisse et sans histoire. Là, où il est important de sauver les apparences et où chacun joue le rôle qui lui est dévolu.

J'ai apprécié le combat de ces femmes qui se démènent dans cet univers macho et raciste.

Le personnage de Ruby, cumule les deux désavantages, en étant une femme et en étant noire.

A tout moment au cours du livre je me suis attendue à ce qu'elle soit jugée coupable. 

Je trouve que l'auteure n'a pas été très agréable avec l'inspecteur Mick. Pourtant celui-ci n'a pas été, ni macho, ni raciste… Je l'ai bien aimé cet inspecteur moi. 

Une lecture sympathique et fluide que je verrais bien adaptée au cinéma, par contre je ne trouve pas que nous soyons dans la même veine que les deux films cités...

Alors chers amis je vous invite à un long si long après-midi en lecture, 

celui-ci passera très vite à coup sur !


samedi 5 mars 2022

Ton absence n'est que ténèbres Jón Kalman Stefánsson


 
Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l’ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C’est comme s’il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l’inscription « Ton absence n’est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l’amener chez sa sœur qui tient le seul hôtel des environs. L’homme se rend alors compte qu’il n’est pas simplement perdu, mais amnésique : tout le monde semble le connaître, mais lui n’a aucune souvenir ni de Soley, la propriétaire de l’hôtel, ni de sa sœur Runa, ou encore d’Aldis, leur mère tant regrettée. Petit à petit, se déploient alors différents récits, comme pour lui rendre la mémoire perdue, en le plongeant dans la grande histoire de cette famille, du milieu du 19ème siècle jusqu’en 2020. Aldis, une fille de la ville revenue dans les fjords pour y avoir croisé le regard bleu d’Haraldur ; Pétur, un pasteur marié, écrivant des lettres au poète Hölderlin et amoureux d’une inconnue ; Asi, dont la vie est régie par un appétit sexuel indomptable ; Svana, qui doit abandonner son fils si elle veut sauver son mariage ; Jon, un père de famille aimant mais incapable de résister à l’alcool ; Pall et Elias qui n’ont pas le courage de vivre leur histoire d’amour au grand jour ; Eirikur, un musicien que même sa réussite ne sauve pas de la tristesse – voici quelques-uns des personnages qui traversent cette saga familiale hors normes. Les actes manqués, les fragilités et les renoncements dominent la vie de ces femmes et hommes autant que la quête du bonheur. Tous se retrouvent confrontés à la question de savoir comment aimer, et tous doivent faire des choix difficiles.

 #Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance 

Mon avis :

Alors que dire sur cette lecture... Je vais sans doute me perdre dans un labyrinthe des sentiments. Il aura des " j'ai aimé" et des " je n'ai pas aimé". Les histoires d'amours finissent-elles mal en général ?

Quand NetGalley a proposé cette lecture, j'ai foncé tête baissée, il me le fallait ! Oui oui, oh oui Jón Kalman Stefánsson c'est de la bonne came !

D'ailleurs, j'ai déjà lu trois de ces romans et j'ai adoré les trois. Bon oki, il y en a un que je n'ai pas chroniqué encore ici et d'ailleurs je n'en parlerais peut être pas car trop bon pour le déflorer. Il fait partie d'un coffret de 3 livres de poches dont deux titres me restent à lire.

Je me suis plongée dans cette lecture qui comme une histoire d'amour, ou l'histoire de la vie est passée par des hauts et des bas cette fois ci. Pas ma première histoire d'amour avec cet auteur, ceci expliquant cela

Les hauts, c'est la philosophie de vie qui transpire dans ses lignes. J'ai noté tant de pages que si j'avais eu le livre en version papier il aurait ressemblé à un porc épic ! Beaucoup de phrases comme des citations puissantes sur la vie, l'amour, la mort.

Et Jón Kalman Stefánsson à même réussi à me faire pleurer et rire tout à la fois et c'est sacrément bien.

Et des histoires d'amour il y en a dans ce livre. Elles constituent ce lien dans la vie des divers personnages de ces familles au cours des siècles.

Il y a aussi les paysages de cet univers des fjords islandais et cette campagne reculée, si belle que les habitants s'en servent d'exutoire, de refuge, ou de lieu de perdition.

Il y a aussi, tout un côté où l'auteur pose une réflexion sur la création littéraire. En effet, l'homme que l'on trouve au début ressemble sacrément à un écrivain (Jon lui même ?) et il se trouve comme le créateur de toutes ces histoires, de toutes ses vies. 

Il a le pouvoir de les faire avancer comme bon lui semble. Enfin, pas tout a fait non plus, car la mort, cette grande faucheuse est là toujours tapie dans les ténèbres de silence. 

Les morts et les vivants tissant une grande toile sur terre et au-delà.

L'auteur parle aussi, pas directement, de la place de la religion dans la vie.

Comme toujours chez l'auteur on fait fi des chronologies et on progresse dans l'histoire, dans les histoires à travers les âges. 

Alors, que dire sur ce que je n'ai pas aimé. 

C'est quand l'auteur se répète, se répète, se répète… Il n'est pas rare de voir sur la même page plusieurs fois les mêmes phrases. Encore une fois, sans doute, c'est une manière pour lui de parler de la création littéraire. De celle qui nécessite de déposer tant de fois son ouvrage sur la table, mais en tant que lectrice ça m'a agacé, ça n'avançait pas

Et puis la dernière partie m'a presque énervée, tant on se perdait en conjectures, tant on laissait de côté certains personnages que j'avais adorés pour creuser un peu sur d'autres mais sans non plus trop en dire. On n'avait pas tous les tenants et aboutissants et les multiples personnages étaient parfois laisser pour compte par l'auteur. Soupir.

Ah oui j'oubliais de vous dire ! Je finirais ma chronique par cette note musicale et positive. Dans ce livre la musique est en haute place et accompagne les personnages dans leur vie.

Je vous ai concocté une liste musicale avec la liste donnée par l'auteur en fin de livre .

Merci à lui, car c'est une très belle liste ♥ avec des découvertes pour moi (surtout sur des chanteurs islandais et aussi un peu de rap) et des chansons et des interprètes que j'aime beaucoup (Bowie, Dylan, Nina Simone, Springsteen et j'en passe ). 


Bonne lecture à vous chers amis d'ici ! Je vous invite à découvrir cet auteur que j'aime et qui m'attends encore au détour de ces lignes. 

 Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat !


jeudi 17 février 2022

" La chienne " Pilar Quintana



La chienne

Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent dans un cabanon de fortune Damaris et son mari pêcheur. Si elle est mélancolique, ce n’est pas à cause de son existence précaire : Damaris n’a jamais réussi à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus.
Alors, quand elle adopte un chiot sur un coup de tête, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans cet univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.
Une exploration féroce et bouleversante du désir maternel. Une lecture choc qui dépayse autant qu’elle bouscule. Source Éditions J'ai Lu  



Mon avis :

Ce petit livre de 153 pages a été lu avec plaisir et rapidité. Nous sommes presque dans le format d'une nouvelle.

J'ai accroché tout de suite à cette histoire qui nous parle du désir d'enfant, des liens d'attachement entre un animal et un humain, tout ça au cœur d'une nature sauvage et dure.

C'est Damaris le personnage principal de cette histoire et pour elle la vie n'a jamais été vraiment facile. La nature ne l'a jamais gâtée. Des épisodes douloureux dans son enfance vont la marquer à jamais et son désir de mère, une fois adulte, ne sera jamais combler.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayer et d'avoir mis toutes les chances de son côté avec son mari Rogelio. Un homme qui nous parait rustre au départ mais qui ne l'est pas vraiment.

" Le chamane vit Damaris pendant longtemps. Il lui donna des boissons, lui prépara des bains et des encens, et l'invita à des cérémonies au cours desquelles il la baigna, la frotta, la plongea dans des nuages de fumée et des bains d'huiles, lui psalmodia des prières et lui murmura des chansons. Ensuite ce fût au tour de Rogelio, qui, cette fois ne fit pas la tête ni ne baissa les bras. Et tout celà n'était que les préparatifs. Le traitement en tant que tel consistait en une opération que Damaris devait subir, mais sans être ouverte d'aucune manière. Il s'agissait juste de nettoyer les espaces qui devaient accueillir son œuf et le sperme de Rogelio et préparer le ventre pour recevoir le bébé.  Le tout était très coûteux et ils durent économiser durant toute une année pour pouvoir se le payer."

Alors l'arrivée de cette chienne dans la vie de Damaris va révéler en elle, la mère qu'elle n'a pas été.  Le prénom donné à la chienne est celui qu'elle aurait donné à une fille: Chirli.

On voit alors Damaris devenir mère, on la voit nourrir, langer, nettoyer, chérir la petite chienne. On va aussi très vite la voir s'inquiéter aussi quand la chienne va disparaitre une première fois.

" Face à elle, il n'y avait que la jungle, silencieuse, tranquille comme un monstre qui vient d'avaler sa proie. Damaris retourna à la cabane, mis ses grandes bottes de caoutchouc, prit la machette et la lanterne, et s'avança dans les broussailles, dans la direction des chiens. A aucun moment elle n'eut peur de tout ce qui l'effrayait habituellement dans cette jungle : l'obsurité, les équis, les bêtes sauvages, les morts, les défunts Nicolasito, Josué et le senor Gene, les fantômes dont elle avait entendu enfant... Elle ne s'étonna pas non plus de son courage. Elle ne pensait qu'à une seule chose : le chienne était en danger et elle devait la sauver."

Puis, la chienne va devenir adulte et elle va alors devenir fugueuse et mère à son tour.... Ce qui va profondément bouleverser Damaris...

"Damaris ne pleura plus la perte de la chienne, mais son absence lui pesait dans la poitrine comme une pierre. Elle lui manquait tout le temps. Quand elle rentrait du village et qu'elle n'était pas en haut de l'escalier à l'attendre, la queue battante, quand elle préparait le poisson et qu'elle n'était pas là à la regarder avec insistance, quand elle jetait les restes sans garder le meilleur pour elle ou quand elle buvait le café le matin et n'avait personne à qui caresser la tête."

Ce livre est une petite pépite d'émotions où dans un court espace Pila Quintana nous parle de maternité, de mal de vivre, d'amour, tout ceci dans le décor sauvage et rugissant de la côte océanique Colombienne. 

" Cette jungle est terrible, explique-t-elle. Il y avait beaucoup trop de falaises comme celles-ci, avec des rochers recouverts de mousse glissante et des vagues comme celle sui avait emporté le petit Nicolasito, des arbres immenses que les éclairs coupaient en deux, des glissements de terrains, des couleuvres venimeuses ou capable d'avaler un cerf, des chauves-souris qui saignaient les animaux, des plantes avec des épines qui pouvaient transpercer un pied, et des ruisseaux puissants qui naissaient après les averses et dévastaient tout sur leur passage..."
Il va résonner longtemps en moi ce petit livre et je vous invite à le découvrir et ainsi mieux connaitre Damaris et la chienne. 

Une pépite qui se dévore comme l'océan dévore les falaises de la côte bolivienne.

Je remercie sincèrement Babelio et les Editions J'ai Lu pour ce partenariat lors d'une masse critique Littérature (Masse critique qui a lieu à 7 heure du matin ce qui me convient tout à fait).



tous les livres sur Babelio.com

lundi 14 février 2022

De l'or dans les collines C Pam Zhang

 

















Au crépuscule de la ruée vers l’or, deux sœurs traversent les États-Unis avec les restes de leur père et un fusil pour tout bagage…

Lucy et Sam, filles d’immigrants chinois, sont désormais orphelines. Ma est partie depuis un moment, Ba vient de mourir dans la nuit. Les deux fillettes livrées à elles-mêmes entament alors un long périple au cœur d’une nature inhospitalière, peuplée d’individus agressifs et souvent racistes, à la recherche de l’endroit idéal pour enterrer leur père. L’une est raisonnable et avide de connaissances, l’autre arbore et assume une identité de garçon, refusant de se plier aux règles du monde. Très vite hors-la-loi dans un univers qui ne veut pas d’elles, Lucy et Sam vont se confronter au rêve amer de l’Ouest américain, portées par leur imaginaire où se mêlent tigres et bisons géants.

C Pam Zhang est née en 1990 à Beijing, en Chine, puis est arrivée aux États-Unis à l’âge de quatre ans. Elle a étudié à la Brown University, à Providence et à Cambridge. Ses nouvelles ont paru dans The New YorkerThe New York TimesMcSweeney’s QuaterlyBest American Short Stories, entre autres. Son premier roman, De l’or dans les collines, a été nominé dans plus de dix prix littéraires aux États-Unis, dont le Booker Prize, et a déjà été traduit dans dix-sept pays.

Source les Editions Seuil


Bonjour Didili,

Je me permets de vous écrire pour vous rappeler que j'attends avec impatience votre critique du livre De l'or dans les collines que vous avez reçu dans le cadre de Masse Critique.

Les éditeurs risquent de ne plus nous faire confiance et de ne plus proposer de livres pour Masse Critique si les membres ne jouent pas le jeu et ne publient pas leurs critiques dans le temps imparti.

N'hésitez pas à me contacter si vous rencontrez des problèmes dans la rédaction de votre chronique.

Merci et à bientôt,
Cordialement,

PIERRE KRAUSE

Mon avis : 

Désolée, oui vraiment je suis désolée pour cet important retard dans cette lecture.

Livre partenariat d'une masse critique particulière de mon cher et tendre Babelio (bonne Saint Valentin à lui ♥) et des éditions Seuil.

Merci à vous pour la confiance accordée et pour laquelle ce retard ne jouera pas en ma défaveur... Alalalalala le temps, la course contre la montre, les retards... Bref, je m'aviserais d'être plus respectueuse la prochaine fois.

Voilà enfin mon avis, il arrive en même temps que les vacances d'hiver, déjà là, mais qui sont toujours les bienvenues après cette période où la pandémie, la fatigue et un autre livre adoré ont  accaparé mon temps…

Un beau titre, une belle couverture hennissante et me voilà embarquée en compagnie de deux jeunes filles qui fuient... Elles ont pour compagnie dans une malle, le cadavre de leur père.

" Qu'est-ce qui fait un homme ? Elles font basculer la malle. est-ce un visage à montrer au monde ? Des mains et des doigts pour le façonner ? Deux jambes pour le parcourir ? Un coeur qui bat, des dents et une langue qui chantent ? A Ba, il ne reste plus grand chose de tout cela. Il lui manque même la forme d'un homme. Il a la forme de la malle comme le ragoût celle de la casserole."

Nous sommes dans l'ouest américain, l'ambiance est posée par la décor et les sensations. On va suivre ces deux jeunes filles  aux origines chinoises,  mais nées sur le territoire américain.

Nous sommes dans l'ouest, celui de la ruée vers l'or, de cet or dans les collines qui n'est plus vraiment là...

Il y a 4 périodes dans le livre nous permettant d'explorer ainsi, le passé, le présent, le futur et l'au-delà dans l'histoire de cette famille d'immigrés chinois.

C Pam Zhang rend très bien les atmosphères, les paysages, les sensations ressenties par Lucy et Sam. 

L'auteure pointe la difficulté pour des personnes venues d'ailleurs de trouver leur "chez soi".

Le racisme est ici d'autant plus présent que la quête de l'or devient de plus en plus dure et que la violence se porte sur les gens différents, même si ceux-ci sont nés dans ces collines, même si ce sont eux qui ont arrachés à la sueur de leurs fronts et aux calles de leurs mains l'or de ces collines. La difficile vie des immigrés qui est toujours d'actualité même dans notre monde moderne, peut être même encore plus.... 

"Ba serre les poings. Les hommes derrière lui se rapprochent ,commencent à hurler. Tu ne sais pas compter, mon gars ? Dis plutôt que tu n'y vois rien. Pas avec ces yeux là !  Quelqu'un dit : Autant essayer de faire entrer une vache dans un citron. "

La conquête de l'or ne s'accommode pas de philosophie et de compréhension surtout quand les collines on déjà été ratissées jusqu'à la moëlle.

Lucy, Sam, Ma et Ba leurs parents nous transportent dans cette conquête que tous un chacun porte en soi.  La recherche d'un "chez soi" sans manque, grâce au travail et en paix avec tout le monde.

Une construction originale et entrainante mais dont l'écriture a pu me perdre par manque de fluidité et que j'ai eu parfois du mal à intégrer. Un sentiment d'écriture saccadée qui a retardé ma lecture...

Il me reste toutefois de bonnes impressions dans le sens où l'auteure a réussi à m'intéresser au sort de ces deux jeunes filles, à mieux comprendre d'où elles venaient et ce que l'époque leur permettait de réaliser (ou pas). De plus C Pam Zhang sait créer des atmosphères et nous faire ressentir des sensations avec justesse.

"Le soleil brûle ; l'eau abandonne Lucy a une vitesse stupéfiante. Où est-elle passée, toute cette eau perdue ? Un lac peut-il sans enterrement digne de ce nom, devenir un fantôme ? Un lieu peut-il se souvenir , et souffrir et fulminer contre ce qui le fait souffrir ? Elle pense que c'est possible. Elle pense : Pas moi je ne t'ai pas fait souffrir. Aide-moi.

Elle découvre un fossile de poisson, elle découvre un gros morceau de quartz. Elle découvre que l'espérance fait davantage souffrir que l'absence d'espérance."

Je m'excuse encore pour le retard pris pour cette lecture et je remercie Babelio et les Editions Seuil pour ce partenariat (honoré tardivement, mais honoré quand même).

Quant à  vous, filez dans l'or des collines 

au côté de Lucy et Sam dans cet Ouest 

à la conquête d'un chez soi qui vaut tout l'or du monde !

" Parce que cette contrée est une contrée de choses disparues. Une contrée dépouillée de son or, de ses rivières, de ses bisons, de ses tigres, des ses chacals, de ses oiseaux, de sa verdure et de sa vie. "


 

lundi 17 janvier 2022

Nell'aqua Lorenzo Mattotti

Nouvelle édition enrichie pour ce recueil d’illustrations de Lorenzo Mattotti !

Cet ouvrage propose un recueil d’illustrations de Lorenzo Mattotti, pour la plupart inédites. Ces images sensuelles mettant en scène les ébats amoureux d’un couple dans l’eau font écho au film co-signé par Wong Kar Wai, Michelangelo Antonioni et Steven Soderbergh, Eros (2004), film dont Mattotti avait réalisé le générique, les interludes, l’affiche, le dossier de presse, etc.
Cet ensemble unique donnera lieu à une exposition importante au printemps 2021 présentée lors du prochain festival Pulp de la Ferme du Buisson. Source Editions Casterman

 


Mon avis :

J'ai reçu ce très beau livre dans le cadre de la masse critique graphique de chez Babelio !




Un joli cadeau de Noël de la part de Babelio et des éditions Casterman.

J'ai commencé ma lecture en cette nouvelle année 2022. Comme l'année dernière avec "Oiseaux" !

Mille mercis ♥♥♥ pour vos si belles attentions !

Variation autour de l'attirance corporelle d'un couple dans l'eau.

Nell'acqua, ce titre italien coule bien et se glisse en nous à la lecture de ce beau livre. 

Variations d'artiste avec très peu de texte, on s'embarque en étreintes et imbrications dans cette relation charnelle aquatique.



Nous ne sommes jamais dans la pornographie, tout juste un téton affleure-t-il le texte et l'image… Tout est suggestion.


Lorenzo Mattotti nous parle d'intimité, d'union, de fusion, au sein d'un endroit sans nom et dans l'eau.

Ce couple n'est pas un couple en particulier, il devient sous les traits de l'artiste tout les couples, tous les amants. Il devient l'union d'un homme, d'une femme. La résurgence des désirs.

La préface de Christophe Ono-dit-Biot nous inspire et nous met face à nos ressentis devant la contemplation de ce couple. Nous ne sommes pourtant pas voyeurs car nous sommes ce couple. 

Mille fois différent mais finalement mille fois identique.

J'adorerais voir une exposition avec les originaux mais ce livre m'a permis de plonger dans ces œuvres de bien belle façon. 

De plus ce livre est très beau, de très belle qualité. 

Sa couverture est en tissu, le format assez grand, il y a même un ruban pour marquer les pages. 

Encore un livre du plus bel effet sur mes étagères.

Ce livre est une œuvre poétique et intime dans lequel on peut tous se plonger agréablement.

Certains tableaux m'ont davantage touchés , ils m'ont fait m'envoler dans des rêves oniriques et sensuels. Dans le monde, parfois secret, de l'attirance, du désir et de l'union entre un homme et une femme.

J'ai moins aimé que les visages des personnages soient parfois des trous béants... Ou qu'il n'y ait pas tous les attributs d'un visage : yeux bouche nez… Mais c'est sans doute volontaire et ainsi on a des personnages pas fortement identifiés seulement sexualisés par un détail (mais pas de sexe ni d'homme ni de femme, tout juste un téton et la courbe d'un fessier).

J'ai aimé aussi que l'auteur nous parle de son processus créatif.



Je redémarre mes lectures 2022 en mettant toujours à l'honneur l'art qui a déjà marqué mon année 2021 (si j'ai le temps je vous ferai un petit bilan).

Un beau livre dont je pourrais contempler la belle couverture, caresser les pages et m'inspirer.

Merci à Babelio et aux éditions Casterman 

pour ce très beau cadeau inspirant et sensuel.


Quant à vous, laissez vous séduire par ce couple mille fois sublimé

par Lorenzo Mattotti, dans l'infini de l'océan et du temps.

Jetez-vous à l'eau ! 





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samedi 8 janvier 2022

Belle et heureuse année 2022 !




Belle et heureuse année 2022 

à vous mes lectrices et lecteurs 

de mon modeste blog 

et/ou passagers du virtuel !

Santé, amour, amitié

Rires, partages, découvertes,

 créations, musique, lecture

et cætera, et cætera  

Je vous embrasse ♥

Didi