jeudi 17 février 2022

" La chienne " Pilar Quintana



La chienne

Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent dans un cabanon de fortune Damaris et son mari pêcheur. Si elle est mélancolique, ce n’est pas à cause de son existence précaire : Damaris n’a jamais réussi à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus.
Alors, quand elle adopte un chiot sur un coup de tête, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans cet univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.
Une exploration féroce et bouleversante du désir maternel. Une lecture choc qui dépayse autant qu’elle bouscule. Source Éditions J'ai Lu  



Mon avis :

Ce petit livre de 153 pages a été lu avec plaisir et rapidité. Nous sommes presque dans le format d'une nouvelle.

J'ai accroché tout de suite à cette histoire qui nous parle du désir d'enfant, des liens d'attachement entre un animal et un humain, tout ça au cœur d'une nature sauvage et dure.

C'est Damaris le personnage principal de cette histoire et pour elle la vie n'a jamais été vraiment facile. La nature ne l'a jamais gâtée. Des épisodes douloureux dans son enfance vont la marquer à jamais et son désir de mère, une fois adulte, ne sera jamais combler.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayer et d'avoir mis toutes les chances de son côté avec son mari Rogelio. Un homme qui nous parait rustre au départ mais qui ne l'est pas vraiment.

" Le chamane vit Damaris pendant longtemps. Il lui donna des boissons, lui prépara des bains et des encens, et l'invita à des cérémonies au cours desquelles il la baigna, la frotta, la plongea dans des nuages de fumée et des bains d'huiles, lui psalmodia des prières et lui murmura des chansons. Ensuite ce fût au tour de Rogelio, qui, cette fois ne fit pas la tête ni ne baissa les bras. Et tout celà n'était que les préparatifs. Le traitement en tant que tel consistait en une opération que Damaris devait subir, mais sans être ouverte d'aucune manière. Il s'agissait juste de nettoyer les espaces qui devaient accueillir son œuf et le sperme de Rogelio et préparer le ventre pour recevoir le bébé.  Le tout était très coûteux et ils durent économiser durant toute une année pour pouvoir se le payer."

Alors l'arrivée de cette chienne dans la vie de Damaris va révéler en elle, la mère qu'elle n'a pas été.  Le prénom donné à la chienne est celui qu'elle aurait donné à une fille: Chirli.

On voit alors Damaris devenir mère, on la voit nourrir, langer, nettoyer, chérir la petite chienne. On va aussi très vite la voir s'inquiéter aussi quand la chienne va disparaitre une première fois.

" Face à elle, il n'y avait que la jungle, silencieuse, tranquille comme un monstre qui vient d'avaler sa proie. Damaris retourna à la cabane, mis ses grandes bottes de caoutchouc, prit la machette et la lanterne, et s'avança dans les broussailles, dans la direction des chiens. A aucun moment elle n'eut peur de tout ce qui l'effrayait habituellement dans cette jungle : l'obsurité, les équis, les bêtes sauvages, les morts, les défunts Nicolasito, Josué et le senor Gene, les fantômes dont elle avait entendu enfant... Elle ne s'étonna pas non plus de son courage. Elle ne pensait qu'à une seule chose : le chienne était en danger et elle devait la sauver."

Puis, la chienne va devenir adulte et elle va alors devenir fugueuse et mère à son tour.... Ce qui va profondément bouleverser Damaris...

"Damaris ne pleura plus la perte de la chienne, mais son absence lui pesait dans la poitrine comme une pierre. Elle lui manquait tout le temps. Quand elle rentrait du village et qu'elle n'était pas en haut de l'escalier à l'attendre, la queue battante, quand elle préparait le poisson et qu'elle n'était pas là à la regarder avec insistance, quand elle jetait les restes sans garder le meilleur pour elle ou quand elle buvait le café le matin et n'avait personne à qui caresser la tête."

Ce livre est une petite pépite d'émotions où dans un court espace Pila Quintana nous parle de maternité, de mal de vivre, d'amour, tout ceci dans le décor sauvage et rugissant de la côte océanique Colombienne. 

" Cette jungle est terrible, explique-t-elle. Il y avait beaucoup trop de falaises comme celles-ci, avec des rochers recouverts de mousse glissante et des vagues comme celle sui avait emporté le petit Nicolasito, des arbres immenses que les éclairs coupaient en deux, des glissements de terrains, des couleuvres venimeuses ou capable d'avaler un cerf, des chauves-souris qui saignaient les animaux, des plantes avec des épines qui pouvaient transpercer un pied, et des ruisseaux puissants qui naissaient après les averses et dévastaient tout sur leur passage..."
Il va résonner longtemps en moi ce petit livre et je vous invite à le découvrir et ainsi mieux connaitre Damaris et la chienne. 

Une pépite qui se dévore comme l'océan dévore les falaises de la côte bolivienne.

Je remercie sincèrement Babelio et les Editions J'ai Lu pour ce partenariat lors d'une masse critique Littérature (Masse critique qui a lieu à 7 heure du matin ce qui me convient tout à fait).



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lundi 14 février 2022

De l'or dans les collines C Pam Zhang

 

















Au crépuscule de la ruée vers l’or, deux sœurs traversent les États-Unis avec les restes de leur père et un fusil pour tout bagage…

Lucy et Sam, filles d’immigrants chinois, sont désormais orphelines. Ma est partie depuis un moment, Ba vient de mourir dans la nuit. Les deux fillettes livrées à elles-mêmes entament alors un long périple au cœur d’une nature inhospitalière, peuplée d’individus agressifs et souvent racistes, à la recherche de l’endroit idéal pour enterrer leur père. L’une est raisonnable et avide de connaissances, l’autre arbore et assume une identité de garçon, refusant de se plier aux règles du monde. Très vite hors-la-loi dans un univers qui ne veut pas d’elles, Lucy et Sam vont se confronter au rêve amer de l’Ouest américain, portées par leur imaginaire où se mêlent tigres et bisons géants.

C Pam Zhang est née en 1990 à Beijing, en Chine, puis est arrivée aux États-Unis à l’âge de quatre ans. Elle a étudié à la Brown University, à Providence et à Cambridge. Ses nouvelles ont paru dans The New YorkerThe New York TimesMcSweeney’s QuaterlyBest American Short Stories, entre autres. Son premier roman, De l’or dans les collines, a été nominé dans plus de dix prix littéraires aux États-Unis, dont le Booker Prize, et a déjà été traduit dans dix-sept pays.

Source les Editions Seuil


Bonjour Didili,

Je me permets de vous écrire pour vous rappeler que j'attends avec impatience votre critique du livre De l'or dans les collines que vous avez reçu dans le cadre de Masse Critique.

Les éditeurs risquent de ne plus nous faire confiance et de ne plus proposer de livres pour Masse Critique si les membres ne jouent pas le jeu et ne publient pas leurs critiques dans le temps imparti.

N'hésitez pas à me contacter si vous rencontrez des problèmes dans la rédaction de votre chronique.

Merci et à bientôt,
Cordialement,

PIERRE KRAUSE

Mon avis : 

Désolée, oui vraiment je suis désolée pour cet important retard dans cette lecture.

Livre partenariat d'une masse critique particulière de mon cher et tendre Babelio (bonne Saint Valentin à lui ♥) et des éditions Seuil.

Merci à vous pour la confiance accordée et pour laquelle ce retard ne jouera pas en ma défaveur... Alalalalala le temps, la course contre la montre, les retards... Bref, je m'aviserais d'être plus respectueuse la prochaine fois.

Voilà enfin mon avis, il arrive en même temps que les vacances d'hiver, déjà là, mais qui sont toujours les bienvenues après cette période où la pandémie, la fatigue et un autre livre adoré ont  accaparé mon temps…

Un beau titre, une belle couverture hennissante et me voilà embarquée en compagnie de deux jeunes filles qui fuient... Elles ont pour compagnie dans une malle, le cadavre de leur père.

" Qu'est-ce qui fait un homme ? Elles font basculer la malle. est-ce un visage à montrer au monde ? Des mains et des doigts pour le façonner ? Deux jambes pour le parcourir ? Un coeur qui bat, des dents et une langue qui chantent ? A Ba, il ne reste plus grand chose de tout cela. Il lui manque même la forme d'un homme. Il a la forme de la malle comme le ragoût celle de la casserole."

Nous sommes dans l'ouest américain, l'ambiance est posée par la décor et les sensations. On va suivre ces deux jeunes filles  aux origines chinoises,  mais nées sur le territoire américain.

Nous sommes dans l'ouest, celui de la ruée vers l'or, de cet or dans les collines qui n'est plus vraiment là...

Il y a 4 périodes dans le livre nous permettant d'explorer ainsi, le passé, le présent, le futur et l'au-delà dans l'histoire de cette famille d'immigrés chinois.

C Pam Zhang rend très bien les atmosphères, les paysages, les sensations ressenties par Lucy et Sam. 

L'auteure pointe la difficulté pour des personnes venues d'ailleurs de trouver leur "chez soi".

Le racisme est ici d'autant plus présent que la quête de l'or devient de plus en plus dure et que la violence se porte sur les gens différents, même si ceux-ci sont nés dans ces collines, même si ce sont eux qui ont arrachés à la sueur de leurs fronts et aux calles de leurs mains l'or de ces collines. La difficile vie des immigrés qui est toujours d'actualité même dans notre monde moderne, peut être même encore plus.... 

"Ba serre les poings. Les hommes derrière lui se rapprochent ,commencent à hurler. Tu ne sais pas compter, mon gars ? Dis plutôt que tu n'y vois rien. Pas avec ces yeux là !  Quelqu'un dit : Autant essayer de faire entrer une vache dans un citron. "

La conquête de l'or ne s'accommode pas de philosophie et de compréhension surtout quand les collines on déjà été ratissées jusqu'à la moëlle.

Lucy, Sam, Ma et Ba leurs parents nous transportent dans cette conquête que tous un chacun porte en soi.  La recherche d'un "chez soi" sans manque, grâce au travail et en paix avec tout le monde.

Une construction originale et entrainante mais dont l'écriture a pu me perdre par manque de fluidité et que j'ai eu parfois du mal à intégrer. Un sentiment d'écriture saccadée qui a retardé ma lecture...

Il me reste toutefois de bonnes impressions dans le sens où l'auteure a réussi à m'intéresser au sort de ces deux jeunes filles, à mieux comprendre d'où elles venaient et ce que l'époque leur permettait de réaliser (ou pas). De plus C Pam Zhang sait créer des atmosphères et nous faire ressentir des sensations avec justesse.

"Le soleil brûle ; l'eau abandonne Lucy a une vitesse stupéfiante. Où est-elle passée, toute cette eau perdue ? Un lac peut-il sans enterrement digne de ce nom, devenir un fantôme ? Un lieu peut-il se souvenir , et souffrir et fulminer contre ce qui le fait souffrir ? Elle pense que c'est possible. Elle pense : Pas moi je ne t'ai pas fait souffrir. Aide-moi.

Elle découvre un fossile de poisson, elle découvre un gros morceau de quartz. Elle découvre que l'espérance fait davantage souffrir que l'absence d'espérance."

Je m'excuse encore pour le retard pris pour cette lecture et je remercie Babelio et les Editions Seuil pour ce partenariat (honoré tardivement, mais honoré quand même).

Quant à  vous, filez dans l'or des collines 

au côté de Lucy et Sam dans cet Ouest 

à la conquête d'un chez soi qui vaut tout l'or du monde !

" Parce que cette contrée est une contrée de choses disparues. Une contrée dépouillée de son or, de ses rivières, de ses bisons, de ses tigres, des ses chacals, de ses oiseaux, de sa verdure et de sa vie. "


 

lundi 17 janvier 2022

Nell'aqua Lorenzo Mattotti

Nouvelle édition enrichie pour ce recueil d’illustrations de Lorenzo Mattotti !

Cet ouvrage propose un recueil d’illustrations de Lorenzo Mattotti, pour la plupart inédites. Ces images sensuelles mettant en scène les ébats amoureux d’un couple dans l’eau font écho au film co-signé par Wong Kar Wai, Michelangelo Antonioni et Steven Soderbergh, Eros (2004), film dont Mattotti avait réalisé le générique, les interludes, l’affiche, le dossier de presse, etc.
Cet ensemble unique donnera lieu à une exposition importante au printemps 2021 présentée lors du prochain festival Pulp de la Ferme du Buisson. Source Editions Casterman

 


Mon avis :

J'ai reçu ce très beau livre dans le cadre de la masse critique graphique de chez Babelio !




Un joli cadeau de Noël de la part de Babelio et des éditions Casterman.

J'ai commencé ma lecture en cette nouvelle année 2022. Comme l'année dernière avec "Oiseaux" !

Mille mercis ♥♥♥ pour vos si belles attentions !

Variation autour de l'attirance corporelle d'un couple dans l'eau.

Nell'acqua, ce titre italien coule bien et se glisse en nous à la lecture de ce beau livre. 

Variations d'artiste avec très peu de texte, on s'embarque en étreintes et imbrications dans cette relation charnelle aquatique.



Nous ne sommes jamais dans la pornographie, tout juste un téton affleure-t-il le texte et l'image… Tout est suggestion.


Lorenzo Mattotti nous parle d'intimité, d'union, de fusion, au sein d'un endroit sans nom et dans l'eau.

Ce couple n'est pas un couple en particulier, il devient sous les traits de l'artiste tout les couples, tous les amants. Il devient l'union d'un homme, d'une femme. La résurgence des désirs.

La préface de Christophe Ono-dit-Biot nous inspire et nous met face à nos ressentis devant la contemplation de ce couple. Nous ne sommes pourtant pas voyeurs car nous sommes ce couple. 

Mille fois différent mais finalement mille fois identique.

J'adorerais voir une exposition avec les originaux mais ce livre m'a permis de plonger dans ces œuvres de bien belle façon. 

De plus ce livre est très beau, de très belle qualité. 

Sa couverture est en tissu, le format assez grand, il y a même un ruban pour marquer les pages. 

Encore un livre du plus bel effet sur mes étagères.

Ce livre est une œuvre poétique et intime dans lequel on peut tous se plonger agréablement.

Certains tableaux m'ont davantage touchés , ils m'ont fait m'envoler dans des rêves oniriques et sensuels. Dans le monde, parfois secret, de l'attirance, du désir et de l'union entre un homme et une femme.

J'ai moins aimé que les visages des personnages soient parfois des trous béants... Ou qu'il n'y ait pas tous les attributs d'un visage : yeux bouche nez… Mais c'est sans doute volontaire et ainsi on a des personnages pas fortement identifiés seulement sexualisés par un détail (mais pas de sexe ni d'homme ni de femme, tout juste un téton et la courbe d'un fessier).

J'ai aimé aussi que l'auteur nous parle de son processus créatif.



Je redémarre mes lectures 2022 en mettant toujours à l'honneur l'art qui a déjà marqué mon année 2021 (si j'ai le temps je vous ferai un petit bilan).

Un beau livre dont je pourrais contempler la belle couverture, caresser les pages et m'inspirer.

Merci à Babelio et aux éditions Casterman 

pour ce très beau cadeau inspirant et sensuel.


Quant à vous, laissez vous séduire par ce couple mille fois sublimé

par Lorenzo Mattotti, dans l'infini de l'océan et du temps.

Jetez-vous à l'eau ! 





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samedi 8 janvier 2022

Belle et heureuse année 2022 !




Belle et heureuse année 2022 

à vous mes lectrices et lecteurs 

de mon modeste blog 

et/ou passagers du virtuel !

Santé, amour, amitié

Rires, partages, découvertes,

 créations, musique, lecture

et cætera, et cætera  

Je vous embrasse ♥

Didi 


mardi 28 décembre 2021

Artifices Claire Berest



#Artifices #NetGalleyFrance

Abel Bac, flic solitaire et bourru, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité déjà incertaine semble se dissoudre entre cauchemars et déambulations nocturnes dans Paris. Reclus dans son appartement, il n’a plus qu’une préoccupation : sa collection d’orchidées, dont il prend soin chaque jour. 
C’est cette errance que vient interrompre Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte un soir devant sa porte. 
C’est cette bulle que vient percer Camille Pierrat, sa collègue, inquiète de son absence inexpliquée. 
C’est son fragile équilibre que viennent mettre en péril des événements étranges qui se produisent dans les musées parisiens et qui semblent tous avoir un lien avec Abel. 
Pourquoi Abel a-t-il été mis à pied ? 
Qui a fait rentrer par effraction un cheval à Beaubourg ? 
Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur le palier d’Abel ? 
À  quel passé tragique ces étranges coïncidences le renvoient-elles ? 
Cette série de perturbations va le mener inexorablement vers Mila. Artiste internationale mystérieuse et anonyme qui enflamme les foules et le milieu de l’art contemporain à coups de performances choc. 
Pris dans l’œil du cyclone, le policier déchu mène l’enquête à tâtons, aidé, qu’il le veuille ou non de Camille et d’Elsa. 

Le nouveau roman de Claire Berest est une danse éperdue, où les personnages se croisent, se perdent et se retrouvent, dans une enquête haletante qui voit sa résolution comme une gifle.

Mon avis : 

Lecture sur ma liseuse qui a maintenant un an (cadeau de Noël de mon mari) et qui commence à se remplir en livres numériques.

Cette lecture est un cadeau de NetGalley, qui m'a offert tout au long de cette année 2021 de sympathiques lectures.

Merci à eux et aux Editions Stock Roman.

Une belle couverture, de celle où je regrette la version papier… 

De beaux phalaenopsis traités de façon graphique.



Je me suis plongée avec un réel plaisir dans ce roman que j'ai trouvé original dans les thèmes présents et dans la structure du livre qui alterne entre les différents personnages, Abel, Camille et Elsa et qui déroule une fable dans les titres.

L'art contemporain, avec cette artiste Mila, est au centre de ce livre et j'ai vraiment apprécié cette mise en avant au sein de cette enquête peu ordinaire.

Les personnages sont tous intéressants et le duo de flics fonctionne bien, même si très vite bancal car Abel Bac est mis à pieds dès le début du livre.

Abel Bac, le personnage central, est tentouré d'un immense aura de mystère, à en devenir terriblement magnétique et profondément attirant…

Sa nouvelle voisine, Elsa, va s'immiscer dans sa vie très réglée (ou dérèglée... ). 

Fantasque, étonnante, intrigante,  elle va s'imposer dans l'univers intime de Bac.

L'équipière, Camille, quant à elle, sans son équipier, va œuvrer pour découvrir la vérité, les vérités , celle d'Abel et celle des performances artistiques intrigantes.

Mais voilà, je vais m'arrêter ici car sinon je vais "divulgâcher" cette histoire. Ah Ah !

Une très bonne lecture que j'ai dégustée avec un plaisir certain. 

Une écriture agréable, une originalité séduisante 

dans le monde de l'art contemporain. 

Une noirceur que les artifices peuvent parfois cachés !

Un livre noir mais au final lumineux.

L'art peut nous aider à rendre le noir plus beau.

N'est-ce pas là l'essentiel, quand on traverse les ténèbres 

de voir une petite loupiotte tremblante ? 

On nomme ça l'espoir ♥

J'espère chers amis, que vous avez passé une douce fête de Noël 

et qu'au pied du sapin il y avait entre autre des livres et de l'amour.


Je profite d'ailleurs avec un peu en retard pour vous remercier, 

chers lecteurs et lectrices de mon modeste blog 

et vous, mes pères Noël de livres

 NetGalley mais également Babelio !

Merci infiniment ♥




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mardi 21 décembre 2021

Le cauchemar du Thylacine Davide Cali et Claudio Palmarucci

 



Un véritable manuel pour vaincre les mauvais rêves, une plongée dans la faune australienne portée par un graphisme époustouflant.

Cet album nous entraine de pièges en pièges tendus par le docteur Wallaby et son fidèle Dingo. Ils attrapent, pour guérir leurs patients, les cauchemars qui rampent, hurlent, écrasent, craquent, sifflent… Trous profonds pour les géants, cages pour les hurlants, pieux collants pour les rampants : à chaque cauchemar sa méthode ad hoc. Jusqu’au jour où arrive un étrange patient, le tigre de Tasmanie : son cauchemar est inédit. Vide, sourd, profond et immobile, il ne correspond en rien à ce que soigne habituellement le docteur. Au fil d’une longue quête, Wallaby comprendra qu’il s’agit d’un non-rêve, comme en font les espèces éteintes…

Sur les pages de gardes, un compendium de 60 espèces menacées ouvre le livre qui se ferme sur autant d’espèces disparues.

Editions La partie

Mon avis :

Un bel album de belle facture avec beaucoup de références d'œuvres artistiques que je me suis empressée de découvrir plus en avant pour mon grand plaisir culturel.

Par contre, je ne pense pas que cet album soit pour des enfants ... Mince c'est dommage pour les sensibiliser à la disparition des animaux. 

Le propos est bien sombre et sans doute loin de la portée des jeunes enfants... 

Un peu effrayant...  Cauchemardesque c'est bien ça !

Peut être pour des enfants plus grands (plus de 10 ans, public collégien ...) avec une approche sur tous les thèmes artistiques que cet album déroule quant on veut bien s'y pencher. 

Cette lecture en fait je l'imagine "accompagnée" "guidée" par un adulte sur le thème des représentations des cauchemars.

Mais peut être ai-je tord et que les enfants auront assez d'imagination et de questions en découvrant cet album.

Pour ma part cet album m'a embarquée à la recherche de toutes les références artistiques indiquées en fin de livre et je me suis régalée.

Cet album s'inspire de toutes les œuvres suivantes 

L'île des morts d'Arnold Böcklin


L'arche de Noé Edward Hicks 1846


Wilder Mann Charles Fréger 2012


La tentation de Saint Antoine Jérôme Bosch 1501 (cliquer ici génial explications de ce tableau)


La divine comédie, L'enfer de Dante, illustrée par Gustave Doré 1861


Nürnberger Schembart-Buch XVI et XVIIème siècles



(A admirer sur Gallica en cliquant juste avant)




La chasse de nuit de Paolo Uccello vers 1470



Livre des propriétés des choses de Bartholoméus Angelicus XIIIème siècle



Le cauchemar de Johan Heinrich Füssli 1781 


Miniatures indiennes


Avec la disparition du Thylacine (qui soit dit en passant est le diable de Tasmanie, là aussi je suis partie en recherche de ce disparu...), le propos du livre est la mise en avant des espèces en voie de disparition, mais pour moi, là aussi, l'album ne semble pas vraiment s'en intéresser...  

A noter que les illustrations sont très diverses et intéressantes mais que le texte lui est très succinct.

Un album dont le public n'est sans doute pas celui de la jeunesse. 



Merci aux Editions La partie et à mon cher BABELIO 

qui m'en a fait l'offrande lors d'une masse critique jeunesse.

Si vous voulez partir dans l'univers cauchemardesque du Thylacine 

et bien élancez vous sur ce parcours artistique !

Jeune ou moins jeune, à vous de voir !



"De tous les animaux, l'homme est celui qui est le plus menacé de disparition.

Car alors que nous nous soucions de protéger les pandas et les phoques, 

les pandas et les phoques, eux, ne se soucient pas de nous protéger, nous ; 

au contraire, ils espèrent que nous disparaîtrons,

avec nos bombes atomiques, pesticides, défoliants,

pétroliers et villages de vacances."

 




mercredi 1 décembre 2021

Poussière dans le vent Leonardo Padura


 #Poussièredanslevent #NetGalleyFrance

Ils ont vingt ans. Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1990 dans le jardin de sa mère. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ces jeunes gens.

Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée. Les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba vont les affecter. Des grandes espérances jusqu’aux pénuries de la « Période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique, et à la dispersion dans l’exil à travers le monde. Certains vont disparaître, certains vont rester, certains vont partir.

Des personnages magnifiques, subtils et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des trahisons.

Depuis son île, Leonardo Padura nous donne à voir le monde entier dans un roman universel. Son inventivité, sa maîtrise de l’intrigue et son sens aigu du suspense nous tiennent en haleine jusqu’au dernier chapitre.

Ce très grand roman sur l’exil et la perte, qui place son auteur au rang des plus grands écrivains actuels, est aussi une affirmation de la force de l’amitié, de l’instinct de survie et des loyautés profondes.

Mon avis :

Voilà un pavé (plus de 600 pages) que j'ai lu, avec des hauts et des bas et dont je ne sais finalement comment vous en parler… C'est bête pour un partenariat … 

Alors, je dirais que c'est un livre qui questionne beaucoup l'esprit identitaire des cubains. 

Qui nous parle des cubains, plus que de Cuba, même si finalement une nation est avant tout faites de ses hommes et de ses femmes. 

Si vous cherchez comme moi, la mise en avant des paysages magnifiques de Cuba (découverts pour ma part en 2003 dans un cadre uniquement touristique enchanteur et privilégié) mais aussi de l'esprit cubain qui anime les gens de là bas (des gens d'une gentillesse incroyable, d'une énergie captivante et d'un esprit positif délicieux), alors vous serez comme moi un peu déçue… 

Mais, c'est sur, nous ne sommes pas dans la carte postale, mais bien dans la vie compliquée des cubains à cause d'une régime politique de dictature

Non pas que je mette de côté les difficultés du peuple cubain. Non, non, ce peuple est admirable tant il a dû et su s'adapter à ce régime restrictif.

Padura dissèque dans son livre, le dilemme douloureux et amoureux auxquels les cubains par la force des choses ont dû se livrer envers leur patrie. 

Rester ou partir aurait pu être le titre de ce livre. Même si "Poussière dans le vent" est si poétique et m'a mis dans les oreilles la belle chanson de Kansas 

Dust in the wind Kansas

Mais j'avoue ma lecture a été surtout dans la première partie un peu laborieuse, car on se place dans la tête de chacun des personnages qui sont très torturés.

J'ai eu aussi du mal à bien les identifier au départ et bien du mal aussi à comprendre les multiples fils conducteurs entre les uns et les autres… Oups

J'ai préféré quand le récit s'arrachait un peu des pensées de chacun pour faire vivre le relationnel dans la distance des exils voulus ou imposés de la plupart. 

De la même manière que Felipe Martinez et pour des raisons très semblables, Horacio fut condamné au déracinement. Les deux hommes, qui avaient lutter pour quitter Cuba, qui avaient renié l’environnement cubain et risqué leur vie dans la traversée téméraire du détroit de Floride, étaient deux êtres au cœur à jamais brisé : condamnés à être sans pouvoir être ce qu’ils étaient, à vivre une existence en suspension, avec les racines apparentes (déracinés), avec une tendance trop marquée à idéaliser un passé glorieux (presque toujours exagéré) de nuits de bringue, d’ivresse, pleines de musique et de jolies femmes, ce temps de l’apprentissage où ils avaient grandi. Plus que des exilés, tous deux avaient la complicité des réfugiés perpétuels, nourris de la mémoire affective et de la douce illusion d’un rêve de retour. Vivants ou morts.

Le fil conducteur de la disparition d'Elisa et de ses causes m'a un peu lassé à un moment mais j'ai apprécié découvrir sa fuite et le chemin qu'elle a essayé de prendre…


"Elle m'a seulement dit qu'elle venait de de Cuba et qu'elle préférait ne pas parler de son pays. Que cela lui faisait mal et qu'elle l'avait enterré … Le Pays je veux dire… et avec lui, son passé. Ce qui peut être une sage décision. Le grand enseignement de Bouddha, c'est que la seule façon de se libérer complètement de la souffrance est de se libérer radicalement du désir ; et le moyen d'y parvenir, c'est d'exercer  son esprit pour vivre la réalité telle qu'elle se présente. Je sais que ce n'est pas facile… L'un des dépassements les plus importants que nous indique Bouddha est justement celui du passé, parce qu'il a été déjà vécu, bien ou mal, il est écoulé et il n'est pas réparable. Et , en même temps, ne pas essayer de prévoir l'avenir… puisqu'il n'a pas encore eu lieu , et que vouloir le prédire est une source d'anxiété, et que l'anxiété génère de la souffrance."

J'ai donc découvert la plume de Leonardo Padura, écrivain cubain qui sait transcrire tous les sentiments de son peuple. 

Ce livre est presque un essai sur l'identité cubaine, car si il y a de la fiction elle ne représente pas l'essentiel du livre.

L’enfermement physique et mental auquel ils étaient soumis, sans en avoir vraiment conscience (sauf Elisa, la British), leur faisait voir le monde extérieur comme une carte divisée entre deux couleurs antagoniques : les pays socialistes (les gentils) et les pays capitalistes (les méchants). Dans les pays socialistes (ou il était en plus possible de se rendre) on construisait avec ardeur l’avenir radieux (même si pas très joli, disait Irving) d’égalité et de démocratie juste, régie par la dictature du prolétariat confiée à l’avant-garde politique du Parti durant la phase de construction du communiste dont l’avènement constituerait le point culminant de l’Histoire, le bonheur de l’humanité. Dans les Etats capitalistes décadents prédominaient le vol et la discrimination, l’exploitation de l’homme par l’homme, la violence et le racisme, l’hypocrite démocratie bourgeoise, des guerres comme celle du Vietnam y étaient générées, il se produisait des scandales comme celui du Watergate, il s’instaurait des dictatures sanguinaires comme au Chili, même s’ils devaient bien reconnaître que c’était de là que venait la musique qu’ils aimaient écouter, les vêtements qu’ils préféraient porter et même la majorité de ces livres qu’ils adoraient lire (comme le soutenait Bernardo).

J'ai tout de même apprécié le livre surtout dans sa deuxième partie qui nous embrouille moins dans les relations des uns et des autres et qui s'attache à faire les portraits de ceux qui restent et des exilés.

Le livre est un gros pavé et ma lecture en E book en a été un peu compliquée, du mal à me repérer dans mon avancée de lecture ...et le format ne me permettait pas de mettre des marques pages... Ainsi, j'ai perdu des citations.



J'ai trouvé une interview très intéressante de l'auteur que je vous invite à découvrir :

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/10/02/briser-cuba-padura/

À la question récurrente « Pourquoi êtes-vous resté à Cuba ? 

Leonardo Padura répond à chaque fois sans hésitation aucune : « Je reste ici parce c’est mon pays, je suis arrivé d’abord, avant le régime au pouvoir. Je suis cubain jusqu’à la moelle. Et cette réalité m’est indispensable pour écrire. » Poussière dans le vent, son nouveau roman, explore de manière obsédante ce dilemme douloureux auquel se trouve confronté le peuple cubain depuis plusieurs décennies : rester et s’exposer à la répression, la misère, à un avenir sans perspectives, ou bien partir et risquer de ne pas trouver un ancrage ailleurs, de se perdre dans l’anonymat et la solitude.

Je remercie NetGalley et les Editions Métailié 

pour ce partenariat !

Cette lecture est une invitation pour tenter de mieux comprendre les Cubains !