| Photo @Didi décembre 2011 |
Somptueux ou tourmentés
Les jours s'achèvent
Le temps fuit
La mélodie des couleurs
Succombe
A l'outrage des puits
Plongeant
Dans les profondeurs nocturnes
La vie cède
Aux scénarios de la nuit.
"Rythmes" 2003
| Photo Didi 2011 une crèche de Pierre en Bretagne |
"Austère, engoncée dans son morne quotidien de professeur de sciences physiques, Isabelle confie ses enfants à son ex-mari pour les grandes vacances. Seule, sans la moindre activité en vue, la perspective de l'été la terrorise. Jusqu'à ce que quelques notes flottant dans l'atmosphère retiennent son attention. C'est un musicien de rue au charme troublant qui l'aborde. et lui propose un marché : réaliser de menus travaux dans son appartement, en échange d'un hébergement durant tout le mois d'août. Isabelle la timorée se surprend à faire entrer dans sa vie ce complet inconnu qui va bousculer son existence. Trente ans plus tard, en revisitant sa chambre d'enfant, sa fille, Romane, se remémore la femme ennuyeuse, fade et rigide qu'était sa mère. Mais un indice pourrait bien ébranler ses certitudes. Un indice qui va bouleverser sa vie. Sous les dehors d'un conte de la vie ordinaire, Murielle Magellan raconte l'étonnante renaissance de deux femmes blessées." Source Babélio
"Isabelle soupira. Son œil frémit. Elle s'en voulait d'être ainsi suspendue aux mots d'un homme, son cadet de surcroît, comme s'il était le principal, ou l'inspecteur d'académie. Pourtant c'était bel et bien ainsi qu'elle fonctionnait. Quand elle n'était pas immobile et qu'elle avançait un peu, chaque pas craignait l'explosion de la mine, attendait la note, espérait la moyenne, le regard de son père, ou de Pierre (son ex mari père de ses deux enfants Romane et Adrien), ou de Dieu. Elle s'en voulait et se dit qu'un jour, elle aimerait avancer sans l'appel d'un autre ou d'une autre. Seule."
" Romane : Oui je l'ai admiré ma mère. Petite et puis quelques années encore. Jusqu'à ce que ses quinze tonnes de banalités me sautent à la figure. Icône de l'incapacité à bousculer, à désobéir, à mordre. L'anonymat érigé en victoire." page 85
"Sur le seuil de la chambre de ma fille, So What s'insurge. Certes, j'ai raison. Certes, il n'y a rien à dire à des balivernes pareilles, mais si on crée pas un peu d'inutile dans ce monde, de l'inutile gratuit bien sûr (car l'inutile lucratif ne manque pas "achetez du vide, braves gens !") on va l'encourager dans sa pente naturelle, l'efficacité, le profit, la performance. Selon lui (So What) il faut dresser des statues en l'honneur de l'inutile, du bavardage, des fadaises et du chahut : Il est de notre devoir de citoyen de continuer de parler pour ne rien dire, et à brasser de l'air ! Si !" page 77
"Les talons mi-hauts d'Isabelle, claquèrent sur le bitume. Ils quittaient parfois les trottoirs trop étroits pour s'enfoncer dans le goudron tiède de la rue. La nuit n'était pas encore dans la place, mais elle s'approchait, main douce et enveloppante qui prend son temps pour vous étreindre. La chaleur pesait et et le silence aussi. So What était beau. Sa longue silhouette flânait avec un déhanché un peu animal qu'Isabelle n'avait pas encore remarqué. Il flottait dans une chemise en lin bleu ciel et un jean élégant. Ses yeux ronds souriaient doucement." page 125
![]() |
" Mai 54, Rome, midi.
Il fait une chaleur torride sur l'arène et les quelques gladiateurs survivants qui essaient encore de s'entretuer n'amusent plus personne, sauf l'empereur Claude, affalé dans les gradins déserts, avide d'entendre le dernier râle du dernier combattant.
En dehors de l'arène, la vie est aussi féroce. Tout le monde veut le pouvoir, tout le monde est prêt à tuer pour l'obtenir. Agrippine, par exemple, seconde femme de Claude et mère de Néron, est en train de faire fabriquer un poison pour son cher époux : maintenant qu'il a reconnu son fils, il peut disparaître et lui laisser le trône. D'ailleurs, il faut faire vite : Claude parle de la répudier et d'épouser la femme qu'il aime, Lolia Paulina, mère de Lucius Murena.
Évidemment, dans le collimateur d'Agrippine, la pauvre Lolia n'a aucune chance. Quant à Claude, il mourra empoisonné et son fils Britannicus sera écarté du pouvoir au profit de Néron.
Voilà l'histoire de Rome telle qu'on nous la raconte dans les manuels scolaires, à ceci près qu'elle prend ici un relief surprenant : sanglante et crapuleuse, elle n'est que superstitions, trahisons, terreur et violence."
"Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison: elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu'au jour où Vida comprend que c'est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l'Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son cœur. Les vies d'oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d'un nouvel amour, est amené à se défaire de ses liens - conjugaux, familiaux, sociaux - pour éprouver sa liberté d'exister."
Mon cœur en sautoir"Ce souvenir toujours de son petit corps, de sa grâce, de sa texture de peau, de son haleine, de son odeur, de sa voix, emmêlées l'une dans l'autre, la moiteur de cou, la finesse de ses bras, le délié parfait de chacun de ses muscles minuscules et sublimes, comment garder ces gestes dans le souvenir, comment être sûre de ne jamais rien oublier de tout cela, de pouvoir s'en servir et le réactiver quand elle sera vieille, puiser dans son trésor de souvenirs et d'images, la peau bronzée de Paloma, son grain un peu sec et salé, la connaissance que Vida en avait, qui semblait être une chose tangible et d'éternel, mais cette connaissance même n'existait que le temps que la chose connue existât, ses cheveux désordonnés et longs qui lui donnaient l'allure d'une sauvageonne, sa blondeur iodée d'enfant, la pulpe de ses lèvres, l'immensité de ses yeux (qui paraissaient à une autre échelle que les autres éléments de son visage), l'arc de ses sourcils noirs et fatals (des sourcils de femme). Vida voudrait prendre la totalité de ces fragments parfaits et en faire un trésor réellement inaltérable. Et quand elles étaient ensemble elle savait que c'était impossible et cette impossibilité la plongeait dans un désespoir infini. Elle avait l'impression que sa beauté, sa tendre enfance lui échappaient déjà. Qu'elles s'en allaient en particules dans l'air, comme des filaments de sa perfection.Elle se disait, "Il faut que je la photographie, que je l'enregistre " mais toutes ces opérations étaient vaines et elle échouait à conserver la douceur éphémère de cette fusion de leurs deux corps allongés dans une chambre estivale, l'une à côté de l'autre, les bras de la petit autour de son cou et les lèvres de la petite sur ses paupières. Elle savait ce qui la faisait rire alors elle l'a faisait rien et ce rire d'enfant, ce rire qui s'en allait déjà à toute vitesse, lui piétinait le cœur "
Extrait de l’avis de Doucettement, meilleure chronique de Des vies d’oiseaux pour le jury PriceMinister «(…) l’auteur, sait, par la variation de longueur de ses phrases redonner du souffle et du rythme à l’intrigue et surtout à ses personnages féminins qui renaissent lentement mais sûrement. »
Un grand merci à tous les participants pour leurs chroniques, à nos partenaires littéraires ainsi qu’aux librairies Chapitre, qui vous proposent l’intégralité des titres de la rentrée littéraire sur leur boutique PriceMinister.
| " Lire est le propre de l'homme " L’École des loisirs |
![]() |
| Couverture du dernier Best Of de Sting |
| Illustrations de Guillaume Bernon sur des photos de Tony Franck |