dimanche 20 novembre 2016

Bon rétablissement Marie-Sabine Roger


Vieil ours bourru et solitaire, Jean-Pierre se retrouve immobilisé à l'hôpital pendant des semaines, après un accident bien étrange. Veuf, sans enfants ni chien, il est à la retraite depuis sept ans et enrage d'être ainsi bloqué, privé de sa routine, contraint de côtoyer des inconnus qui le voient diminué, en pyjama. Pourtant, sans quitter son lit, il va faire des rencontres inattendues qui bousculeront son égoïsme.
Une galerie de personnages truculents et attachants, une écriture pleine de malice, un humanisme généreux, voilà la posologie de ce roman roboratif - porté à l'écran par Jean Becker (2014) avec Gérard Lanvin dans le rôle principal - qui a reçu le prix des lecteurs de L'Express.

Née en 1957 près de Bordeaux, Marie-Sabine Roger se consacre à l'écriture. Elle est notamment l'auteur aux éditions du Rouergue des romans La Tête en friche (2008), traduit dans une demi-douzaine de langues et adapté au cinéma par Jean Becker (2010, avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus), Vivement l'avenir (2010) et Trente-six chandelles (2074).

Mon avis :

Parfois dans la vie on a besoin de légèreté. Avec cette auteure je sais que c'est du bonheur alors je me suis procurée ce joli "petit" livre aux Éditions Babel.

Et oui, un petit livre de Marie-Sabine Roger et hop d'un coup on se sent mieux, surtout quand on accompagne sa lecture de madeleine au citron !

Avec cette auteure, si à la base les personnages ne sont pas tip top, leur humanité remonte toujours vite à la surface et ça fait un bien fou.

Dans cette histoire on fait la connaissance de Jean-Pierre, il est cloué au lit suite à un accident dont il n'a aucun souvenir. On va se retrouver avec lui, immobilisé et amoindri dans une chambre d'hôpital.

Marie-Sabine Roger nous dresse le portrait d'un vieux bougon, solitaire mais dont la carapace va vite s’attendrir.

J'ai bien aimé ce bonhomme, il est attachant. Et d'ailleurs à l'hôpital il va très vite attirer bien des personnages.

Ces personnages secondaires vont être sous le charme de cet homme, les personnels soignants, un policier menant l'enquête sur les circonstances de son accident, le jeune étudiant sauveur et la jeune fille qui traine son adolescence dans les couloirs...

Jean-Pierre est peut être bourru mais au fond bienveillant. Marie-Sabine Roger a cette faculté à trouver toujours le meilleur chez ses personnages et ça fait du bien au moral. 

Le milieu médical en prends pour son grade, surtout chez les médecins.


Et puis quand on est en convalescence le temps est long alors notre sexagénaire va en profiter pour se remémorer son passé et sa vie en essayant d'écrire ses mémoires. Et de faire comme un état des lieux de sa vie.

" Il m'arrive parfois de verser ma larmette.
C'est de l'incontinence de mémoire, de l'énurésie de sentiments. "

Un petit livre qui a tout d'un grand pour son côté positif et son humanité. Toujours de l'humour et le sens de la formule. Et notre société bien épinglée par cette auteure.

J'ai passé un bon moment en compagnie de Monsieur Fabre et pourtant j'aime pas trop les hôpitaux (enfin comme tout le monde...).

Alors chers amis, n'hésitez pas à venir lui tenir compagnie
sous des dehors un peu ronchon, il a un humour décapant,
et c'est bien l'essentiel  !
Et en plus il aime les chats alors ...

 
      
 "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait " Sinistre connerie ! ...
La santé on y pense quand on ne l'a jamais eue, ou quand elle s'effiloche.
La vie on s'y accroche lorsqu'on est en danger.
La jeunesse on en parle toujours au passé.
"Si jeunesse savait" , il n'y aurait ni actes gratuites ni tireurs de plan fou sur comète lointaine. Tout serait prévu, planifié, encadré. On ne prendrait que les paris joués d'avance. Du coup, on aurait plus le plaisir de gagner. On se ferait chier, et c'est tout. Autant ne rien savoir, sinon la perspectives des échecs à venir nous décourageraient. Et connaître ses bonheurs avant, ce serait comme ouvrir ses cadeaux de Noël en novembre. On aurait le cadeau quand même et pourtant ça n'aurait pas du tout la même valeur.
Si vieillesse pouvait" elle continuerait sur la même lancée, sans recul, sans sagesse. Toujours creuser le même sillon, s'embourber dans la même ornière. Sans jamais dételer, bien cramponné aux rênes. Ne jamais rien lâcher, comme une vieux dictateur.
C'est parce qu'on ne peut plus faire certaines choses qu'on passe à autre chose. Bien obligé. La vie nous pousse droit devant, pas d'aire de repos, ni de rond-point pour faire demi-tour.
En avant le compte à rebours. P167-168
  
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vendredi 11 novembre 2016

Le sexe de Philippe Grimbert


En ouverture de cette nouvelle collection « Le Monde en tableaux », Philippe Grimbert convie le lecteur à un « voyage dans des contrées troublantes », celles de la représentation du sexe à travers la peinture, voie royale d'accès à l’inconscient, comme le rêve pour Freud.
C'est aussi à une visite de son propre musée imaginaire que nous invite l'auteur, rapprochant des œuvres aussi éloignées dans le temps que les représentations d’hommes en érection de la grotte de Lascaux, Dora et le Minotaure de Picasso, ou confrontant par exemple le mythe d’œdipe repris par Ingres et Bacon…
En quelque cinquante tableaux savamment choisis pour leur caractère érotique, interdit, mythique et psychanalytique, Philippe Grimbert explore toutes les variations autour de ce thème du sexe dans l’art.



Mon avis :


J'ai lu, ou plutôt devrais-je dire, j'ai regardé ce qu'il se trouvait sous le bandeau camouflant le sexe de l'origine du monde, couverture attirante de ce beau livre sur la peinture. 

Lors de la masse critique de la rentrée en septembre, mon regard et ma curiosité ont été attirés par ce livre sur l'art et la peinture et je l'ai donc coché  et obtenu ! 

Oui je sais je suis chanceuse... 

Ainsi je remercie  BABELIO et aussi les Éditions Flammarion 

Au niveau de la forme :

Nous avons là un très bel ouvrage d'une qualité indéniable, le grammage du papier, le format, les photos des œuvres.... 



Petit bémol sur le sens vertical du texte et des noms de tableaux ou des différents titres et aussi la présentation de certains tableaux sur deux pages nous privant d'une partie dans le repli ...


Au niveau du fond :

Voilà voilà, me voici un peu gênée, non pas à cause du sujet mais parce que je n'ai pas vraiment adhéré aux propos de l'auteur Philippe Grimbert ... 

Il m'a laissé en plan dans sa déambulation de son propre musée intime.

Philippe Grimbert est romancier mais également, je l'apprends sur la quatrième de couverture, psychanalyste et là, et bien je l'avoue, ses propos de psychanalyste me dépassent. Je me sens vraiment bête, je vous assure mais parfois tout ça est vraiment trop obscure pour moi... Est-ce mon surmoi qui m'embête ... Bref (vitre) !

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J'ai préféré quand l'auteur insère dans son texte l'explication des grands mythes que je ne connais pas vraiment bien. Oui, j'avoue je suis in-cul-te mais je me soigne.

Pour ma part les œuvres picturales sont là pour interroger chacun de nous et dans une œuvre j'apprécie ma liberté de pensée et de regards.  

Ainsi sur le tableau " Le bain turc" de Jean-Auguste Ingres, j'ai été agacée par Philippe Grimbert qui nous pose une question :

 "N'est pas en effet le même modèle qui se présente à nos yeux, sous tous les angles et dans toutes les poses ?" et qui très rapidement en donne SA réponse, nous l'imposant en quelque sorte !

Non, M Grimbert je ne vois pas moi le même modèle mais une infinité de femmes diverses et lascives. C'est un tableau que j'aime tant, il me fascine.



L'auteur m'a permis néanmoins de me pencher plus précisément sur certains détails de tableaux les mettant en lumière et faisant le lien entre les mythologies et leurs représentations



Ce livre reste pour moi un beau livre qui aura une place privilégiée dans ma bibliothèque et qui à l'avantage de rassembler sur un thème, et quel thème "Le sexe", un nombre important de tableaux (pas loin de 50 environ). En fin de livre il y a l'indication sur les différents musées où se trouvent ses œuvres.

Il m'en aura fait découvrir quelqu'un. Et surtout, il m'aura fait repenser à ceux que j'ai eu de la chance de voir en vrai et notamment "Le sommeil d'Endymion " un tableau qui m'a subjugué par sa lumière et sa beauté (et dont je vous avais déjà parlé ICI autre livre de masse critique "L'homme nu")



Aïe, ouille mon avis n'est pas tip top pour ce bel objet, mais mon avis est plutôt négatif sur la partie écrite du livre... Désolée Monsieur Grimbert, votre musée intime ne m'a pas séduite... J'ai été assez hermétique à vos propos...

L'attrait de ce livre pour moi réside dans le fait d'avoir à ma disposition toutes les reproductions des tableaux. 

Ainsi, je peux à loisirs le consulter chez moi ! Et bien sur avoir l'envie d'aller les voir et/ou revoir en vrai !




Je resterais curieuse de la Collection "Le monde en tableaux" chez Flammarion pour d'autres thèmes et d'autres regards.

Merci pour ce joli cadeau sur l'art !

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Quant à vous laissez-vous tenter par "Le sexe" !


@Didi octobre 2008 Première vision de l'origine du Monde

La géante

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,
Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.

J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s'étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d'une montagne.

Charles Baudelaire