vendredi 11 novembre 2016

Le sexe de Philippe Grimbert


En ouverture de cette nouvelle collection « Le Monde en tableaux », Philippe Grimbert convie le lecteur à un « voyage dans des contrées troublantes », celles de la représentation du sexe à travers la peinture, voie royale d'accès à l’inconscient, comme le rêve pour Freud.
C'est aussi à une visite de son propre musée imaginaire que nous invite l'auteur, rapprochant des œuvres aussi éloignées dans le temps que les représentations d’hommes en érection de la grotte de Lascaux, Dora et le Minotaure de Picasso, ou confrontant par exemple le mythe d’œdipe repris par Ingres et Bacon…
En quelque cinquante tableaux savamment choisis pour leur caractère érotique, interdit, mythique et psychanalytique, Philippe Grimbert explore toutes les variations autour de ce thème du sexe dans l’art.



Mon avis :


J'ai lu, ou plutôt devrais-je dire, j'ai regardé ce qu'il se trouvait sous le bandeau camouflant le sexe de l'origine du monde, couverture attirante de ce beau livre sur la peinture. 

Lors de la masse critique de la rentrée en septembre, mon regard et ma curiosité ont été attirés par ce livre sur l'art et la peinture et je l'ai donc coché  et obtenu ! 

Oui je sais je suis chanceuse... 

Ainsi je remercie  BABELIO et aussi les Éditions Flammarion 

Au niveau de la forme :

Nous avons là un très bel ouvrage d'une qualité indéniable, le grammage du papier, le format, les photos des œuvres.... 



Petit bémol sur le sens vertical du texte et des noms de tableaux ou des différents titres et aussi la présentation de certains tableaux sur deux pages nous privant d'une partie dans le repli ...


Au niveau du fond :

Voilà voilà, me voici un peu gênée, non pas à cause du sujet mais parce que je n'ai pas vraiment adhéré aux propos de l'auteur Philippe Grimbert ... 

Il m'a laissé en plan dans sa déambulation de son propre musée intime.

Philippe Grimbert est romancier mais également, je l'apprends sur la quatrième de couverture, psychanalyste et là, et bien je l'avoue, ses propos de psychanalyste me dépassent. Je me sens vraiment bête, je vous assure mais parfois tout ça est vraiment trop obscure pour moi... Est-ce mon surmoi qui m'embête ... Bref (vitre) !

Découvrir cet auteur sur Babelio.com


J'ai préféré quand l'auteur insère dans son texte l'explication des grands mythes que je ne connais pas vraiment bien. Oui, j'avoue je suis in-cul-te mais je me soigne.

Pour ma part les œuvres picturales sont là pour interroger chacun de nous et dans une œuvre j'apprécie ma liberté de pensée et de regards.  

Ainsi sur le tableau " Le bain turc" de Jean-Auguste Ingres, j'ai été agacée par Philippe Grimbert qui nous pose une question :

 "N'est pas en effet le même modèle qui se présente à nos yeux, sous tous les angles et dans toutes les poses ?" et qui très rapidement en donne SA réponse, nous l'imposant en quelque sorte !

Non, M Grimbert je ne vois pas moi le même modèle mais une infinité de femmes diverses et lascives. C'est un tableau que j'aime tant, il me fascine.



L'auteur m'a permis néanmoins de me pencher plus précisément sur certains détails de tableaux les mettant en lumière et faisant le lien entre les mythologies et leurs représentations



Ce livre reste pour moi un beau livre qui aura une place privilégiée dans ma bibliothèque et qui à l'avantage de rassembler sur un thème, et quel thème "Le sexe", un nombre important de tableaux (pas loin de 50 environ). En fin de livre il y a l'indication sur les différents musées où se trouvent ses œuvres.

Il m'en aura fait découvrir quelqu'un. Et surtout, il m'aura fait repenser à ceux que j'ai eu de la chance de voir en vrai et notamment "Le sommeil d'Endymion " un tableau qui m'a subjugué par sa lumière et sa beauté (et dont je vous avais déjà parlé ICI autre livre de masse critique "L'homme nu")



Aïe, ouille mon avis n'est pas tip top pour ce bel objet, mais mon avis est plutôt négatif sur la partie écrite du livre... Désolée Monsieur Grimbert, votre musée intime ne m'a pas séduite... J'ai été assez hermétique à vos propos...

L'attrait de ce livre pour moi réside dans le fait d'avoir à ma disposition toutes les reproductions des tableaux. 

Ainsi, je peux à loisirs le consulter chez moi ! Et bien sur avoir l'envie d'aller les voir et/ou revoir en vrai !




Je resterais curieuse de la Collection "Le monde en tableaux" chez Flammarion pour d'autres thèmes et d'autres regards.

Merci pour ce joli cadeau sur l'art !

tous les livres sur Babelio.com

Quant à vous laissez-vous tenter par "Le sexe" !


@Didi octobre 2008 Première vision de l'origine du Monde

La géante

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,
Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.

J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s'étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d'une montagne.

Charles Baudelaire  




samedi 5 novembre 2016

Au parc des oiseaux

Une belle journée au parc des oiseaux lors des dernières vacances.


Avec le beau temps, un peu de vent et en prime et le parc aux couleurs de "Halloween". 


@Didi


Voyez plutôt ma nouvelle bannière (avec une bidouille sur scrap) !

Le parc des Oiseaux est à Villars les Dombes et c'est un très joli parc pour passer une belle journée dans la nature avec des enfants ou même sans. 



C'était ma troisième visite et j'aime toujours autant observer au plus près les oiseaux !

Cette troisième visite je la dois pour partie à Filou du blog Baz'art ! 

Merci merci pour ces deux places gagnées chez toi au mois de mai !

Je vous conseille son blog éclectique où il est bon flâner et se faire envie en livres, musique, sorties, cinéma et bien d'autres plaisirs culturels. 

Et en prime il y a toujours pleins de concours pour tenter sa chance !


Je vais vous faire partager quelques clichés de ma journée au Parc. 

Je ne suis pas photographe animalière comme mon amie de Blog Noushka et son magnifique blog "1000 pattes" (n'hésitez pas à visiter son site magnifique avec des informations sur les animaux et des clichés sensationnels) mais quelques oiseaux (non sauvages ça aide) ont bien voulu prendre la pause pour mon plus grand plaisir.

Lequel préférez-vous ? 



@Didi octobre 2016 Accueil par les flamands roses

Photo n°1 
 
@Didi octobre 2016 Du rose et des reflets

Photo n°2
@Didi octobre 2016 Câlin entre perroquets

Photo n°3 

@Didi octobre 2016 Flamboyantes couleurs

 Photo n°4
 
@Didi octobre 2016 Un martin pêcheur 

non non merci Noushka c'est :
" sur la 5 c'est un rollier à longs brins. On les voit en Afrique. "

Photo n°5
 
@Didi 2016 Des plumes merveilleusement colorées

 Photo n°6


@Didi 2016 "Une sacrée spatule !!!"

 Photo n°7


@Didi 2016 " Je me fais sécher pour m'envoler !"

 Photo n° 8

@Didi octobre 2016 Des oies (cendrées sans doute) sur le reflet de l'étang

Photo n°œuf
@Didi octobre 2016 Je me fonds dans le paysage 

Photo n°10 



@Didi octobre 2016 Tons sur tons 

Photo n°11


@Didi octobre 2016 Quel plumage ! 

Photo n°12

@Didi octobre 2016 "ça te cloue le bec !)

Photo n°13


@Didi 2016 Que le spectacle commence !!!

Photo n°14 

@Didi "A la une à la deux ...."

Photo n°15

@Didi " A la trois ! On s'envole !


mercredi 2 novembre 2016

Un paquebot dans les arbres Valentine Goby



Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

Mon avis : 


Voici ma participation aux Matchs de la Rentrée Littéraire 2016 chez Price Minister !
J'ai la chance de participer à ce rendez-vous et c'est avec plaisir que je vous délivre ici mon avis sur le livre de Valentine Goby : "Un paquebot dans les arbres".  



Le hasard a bien fait les choses. Vous avez été sélectionné(e) pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire ! Félicitations !

Voici donc le livre que vous aurez la chance de lire : Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby
 
Alors, maintenant que se passe-t-il ?

Attendez patiemment le livre pour lequel vous avez été sélectionné(e). (Il vous sera livré par notre partenaire Chapitre.com)
Découvrez-le et profitez (on l’espère) d’un bon moment de lecture
Une fois votre livre terminé, vous êtes invité(e) à rédiger un nouvel article sur votre blog afin de donner votre avis / votre sentiment de manière créative sur ce livre à travers un contenu unique que vous aurez imaginé
Rappelez le titre du livre, le nom de l’auteur et le mot-clé #MRL16
Une fois tout cela fait, n’oubliez pas de valider votre participation en remplissant ce formulaire avant le 2 novembre 2016 :

 
Hâte de découvrir vos avis/créations !

Bonne lecture !
 
Alexia de PriceMinister-Rakuten

Cette année je décide de découvrir une nouvelle auteure : Valentine Goby. J'ai lu beaucoup de bien sur les blogs amis et notamment sur son livre " Kinderzimmer ". 

Je le lirais sans aucun doute, il est dans la bibliothèque de ma grande sœur.

La belle couverture dont les Editions Actes Sud ont le secret attire mon attention également alors je me décide pour ce livre.

Dans cette histoire on plonge dans l'univers de Mathilde Blanc. 

Dans celui de sa famille : ses parents Odile et Paulot, sa grande sœur Annie et son petit frère Jacques. 

Au tout début l'atmosphère est à la fête : les parents tiennent un café en bord de Seine, c'est les guinguettes, les flonflons du bal, c'est froufrou, Étoile des neiges... Le folklore des cafés, les bords de Seine, des airs qui nous reviennent. Jours de bonheurs, d'amours et d'insouciance.

On se retrouve comme dans une photographie en noir et blanc de Doisneau et c'est agréable de "revoir" cette période sous la plume de Valentine Goby.


Mais hélas très très vite, la maladie et le malheur vont frapper cette famille. C'est la tuberculose qui va s’immiscer dans l'union de cette famille. 

Valentine Goby dresse dans ce livre le portrait de la société des années 50 - 60 en se penchant sur ce qu'elle n'a pas de très glorieux... 

C'est par le combat quotidien de Mathilde que l'on va mesurer le malheur et l'éclatement dans le dénuement de ce noyaux familial. La famille Blanc est tout simplement éclatée de force.

Mathilde croyez moi c'est une sacré jeune fille ! Elle n'aura de cesse d'essayer de préserver l'unité familiale. Coûte que coûte, sans relâche... Tout ceci au détriment de sa jeunesse, de sa liberté et de sa santé ...

Vraiment Mathilde est une enfant et une jeune adolescente puis une femme qui force l'admiration. 

Elle m'a vraiment touchée. Et quand un jour, elle n'en peut plu, j'ai éprouvé pour elle énormément d'empathie. 

Ouf, heureusement quelques mains tendues arrivent, pas celles que l'on attendait mais des bonnes personnes comme cette amie un peu simple Jeanne, ou encore une directrice de collège Mme Lefebre, ou bien encore un ambassadeur algérien Walid qui l’emmènera au sanatorium.

La tuberculose effraie beaucoup, elle isole les malades et désunit les familles... 

Le sanatorium est un refuge, une enceinte de protection intérieure et extérieure.

Un paquebot dans les arbres où les Odile et Paulot vont vivre ensemble, forts de leur amour.

Le sanatorium d'Aincourt qui a inspiré cette histoire

J'ai vraiment apprécié de découvrir l'histoire de cette jeune fille, qui traverse tant d'épreuves et qui arrive à force de courage et d'abnégation à s'en sortir.

Oui Mathilde est revenue de loin ! (j'ai dans la tête la chanson de Jacques Brel même si elle ne raconte pas la même histoire elle parle d'une Mathilde à fort caractère !)

" Mademoiselle personne. Être personne. Reliée à rien. Ni la soeur de jacques, ni la fille de Paulot et Odile, ni la stagiaire de bureau, ni l'élève du lycée, ni la gosse de tubard, ni l'endettée, ni la voleuse d’œufs, ni la pique-assiette, ni la mendiante, ni la chef de famille, ni l'amoureuse larguée, ni l'amie d'une folle, ni la suicidaire ratée, ni le reine de la Roche, s'alléger de toute histoire, de tout devoir. Être une termite aux longues ailes blanches, se couler dans la file sinueuse qui reproduit d'instinct le mouvement archaïque et fractionne la charge de tous en parcelles minuscules, exactement ajustées aux capacités de chacun, et te délivre de toute mission trop vaste pour toi seule."

Valentine Goby a une plume qui embarque, on visualise bien les lieux et on ressent physiquement les choses. 

Une chose m'a décontenancée, le choix du narrateur... J'ai eu beaucoup de mal à le ou la cerner... Narrateur omnipotent, narrateur témoin ou confident... 

La fin permet de nous en faire une idée mais j'aurais aimé  que le narrateur se positionne davantage...

Lors de ma dernière lecture je vous avais annoncé que je souhaitais une lecture plus légère ... et en compagnie de mon Bounty ... soupir :-( tristesse...

Ce ne fût pas le cas, mais grâce à la volonté farouche de Mathilde cette lecture m'a donnée de bonnes leçons de vie. L'important c'est de ne jamais baisser les bras et si parfois c'est trop lourd on a le droit de s'accorder un peu de lâcher prise ou même d'être un soupçon égoïste ...

" En haut de la carte, le prénom Mathilde en pleins et déliés. En dessous un commentaire étymologique : Prénom d'origine germanique composé des mots mat: -puissance -, et hild -combat. Les Mathilde font preuve d'un courage inlassable et d'un optimisme exceptionnel. Elle privilégie la sécurité affective à la sécurité matérielle. Mathilde l'Emperesse (1102-1167), impératrice et reine d'Angleterre, était le petite-fille de Guillaume le Conquérant."

Cette lecture je l'ai vu comme un portrait de la société française des années 50-60 à travers le parcours de Mathilde. A cette époque la sécurité sociale était à ses débuts et ne concernaient pas tout le monde. Il est bon de se rappeler tous les avantages que nous avons désormais et qu'il nous appartient de conserver. 

" On pourrait rire, vu de 2012, de cette joie intense qui saisit Mathilde à l'instant où elle déplie la fiche de paie, lisant et relisant ces deux chiffres à virgule qui changent toute sa vie, tandis que les mains de son père pèlent à cause des antibiotiques et que de grosses cavernes s'ouvrent dans ses poumons. C'est le plus beau jour c'est certain. Plus tard d'autres joies viendront en concurrence mais aucune n'altèrera, rétrospectivement, l'intensité du jour radieux de la première cotisation à la Sécurité Sociale : elle tient à distance les spectres de la mort et de la dépendance."

Valentine Goby fait aussi entrer aussi dans l'actualité de ces années là, la guerre d'Algérie. Les évènements algérien comme on le disait à l'époque...Elle le fait par le prisme de la presse et des jeunes hommes ayant participé à cette terrible guerre (le frère de Jeanne, un fiancée, un ambassadeur Walid...). J'ai aimé le parallèle que l'auteur fait entre l'histoire de Mathilde et celles des algériens. 


Une belle lecture poignante, 
Une histoire d'amour de la famille
Un portrait dérangeant dans une vision idéalisée de l'époque des 30 glorieuses.
Et un portrait féminin tout en rage et fragilités. 

Mathilde mérite votre bon cœur chers amis ! 

Alors bonne lecture à vous !

Une note : 17/20