mercredi 2 mars 2016

Mars attaque !


Indice pour trouver le lieu où se trouve cette superbe horloge astronomique

L'horloger qui a mis au point son mécanisme a eu les yeux brûlés par les autorités du pays pour ne pas qu'il puisse réaliser un autre chef d’œuvre ailleurs ! 

Cette horloge se trouve dans la très belle ville de Prague ! (merci à mes commentatrices)



samedi 20 février 2016

A moi seul bien des personnages John Irving


Adolescent ardent et confus, Billy rêve de devenir écrivain. Des béguins secrets pour son beau-père ou ses camarades de classe le bouleversent. Comment lutter contre ces « erreurs d’aiguillage amoureux » ? Il tait aussi son attirance pour Miss Frost, bibliothécaire aux seins juvéniles qui l’initie au plaisir et à la littérature. Quand Billy renoncera-t-il à l’art de la dissimulation ? Source Cercle Le Points

Mon avis :

Me replonger dans un livre de John Irving, voilà chose faite, entre mes trajets de train et mes vacances qui ne sont pas terminées.

J'ai bien cru qu'au tout début je n'allais pas accrocher, un peu bavard et pas mal de référence au théâtre, art pour lequel je suis tout à fait novice... Enfin presque, Shakespeare, pourquoi pas, mais Isben et son canard sauvage voilà que j'étais bien avancée.... (j'ai même cru à un signe du destin car on jouait en cette période à la Comédie de Saint-Étienne cette pièce ... quel clin d’œil quand on lit on ouvre davantage les yeux vous ne trouvez pas ? Bref, je n'y suis pas allée, pas possible et un peu peur aussi de trouver la pièce trop ... chiante..).

Donc comme je vous le disais je partais un peu sur la défense quant à ce livre... et puis l'effet Irving a opéré. Je me suis glissée dans la peau du personnage principal : William, Bill, Billy, Nymphe... Quand je dis "peau" je ne suis pas très juste car finalement c'est dans différentes peaux que je me suis glissée. 

Dans celle de cet enfant élevé par sa mère abandonnée par son père pour d'obscures raisons... et ses grand parents, celle du plus grand enfant à l'écoute de son beau-père et de sa bibliothécaire ( des modèles à bien des égards), celle de l'adolescent et de toutes ses découvertes diverses et variées, dans celle d'un adulte pas vraiment fixé et enfin dans celle d'un homme mur maître de sa vie...

Il en croise des personnages dans sa vie, et tout ces différents personnages secondaires le modèlent. Ils croisent son destin et lui croise le leur.  

Dans le désordre mais ordre de mes préférences : Le grand-père Harry, Miss Frost, Elaine, Kittredge, Elaine, Miss Hayley, Marie, Bon, Nils, Muriel, Larry, Esmeralda, Gee ... J'en oublie excusez moi mais toute une vie de rencontre c'est beaucoup. 

Le personnage de Billy permet à Irving de faire éclater toutes ses provocations en matières sexuelles. Pas un seul des personnages n'est ce qu'il parait être. Les genres sont bousculés, les hommes deviennent femmes, les femmes sont des hommes, les uns aiment les autres et tous se mélangent à corps et à cris. Oreilles chastes s'abstenir ! C'est du Irving, ne vous attendez pas à ne pas être bousculés ! 

Et en même temps ce livre est une véritable plaidoirie pour l'acceptation de la "différence". Pour permettre à chacun de vivre ses amours sans retenues ni distinctions de sexe. 

Pour s'assurer de l'importance de connaître les gens avant des les juger. 

"Je vous prierai de ne pas me coller d'étiquette. Ne me fourrez pas dans une catégorie avant de ma connaître." 

John Irving dresse l'histoire de Billy et à travers lui de tout ce qu'on vivre les homosexuels (gays et lesbiens) et les bisexuels durant plus d'une génération. Le chapitre sur les années sida est très dur et bouleversant.  

La littérature à elle aussi dans ce livre une place immense. Miss Frost la bibliothécaire offre à William l'accès à celle-ci et tout ce qu'elle permet d'apprentissage de la vie. Elle lui apprendra tant d'autres choses...

Je me rends compte que je parle, je parle et que tout ça doit vous apparaître décousu... 

Ce livre est un grand livre, peut être pas mon préféré de John Irving (Une prière pour Owen m'a beaucoup marqué et l’œuvre de dieu la part du diable et aussi Dernière nuit à twister river voir mon billet ici ).

Mes autres billets sur Irving : ICI et Là 


 

Mais ce livre m'a fait le retrouver encore à travers ses mots, son style qui n'a pas peur de choquer, son humour noir, son empathie, il sait bousculer son lectorat le faire s'interroger et c'est bien ça. Un petit regret peut être, que les personnages soient un peu tous trop "différents"... On peut se dire décidément trop c'est trop mais c'est aussi de la littérature...

Un livre qui s'étale sur une vie et même sur plusieurs générations.
 La vie est une grande pièce de théâtre où l'on trouve bien des personnages !
  N'hésitez pas à essayer de les connaître sous leurs costumes de scène. 
Ils vous surprendront en bien ou pas... C'est la vie !

Bonne lecture à vous.


jeudi 18 février 2016

Bounty


De la douceur, de la lecture,
Des caresses et des siestes
auprès de toi mon beau chat.

Merci mon Bounty ♥

dimanche 7 février 2016

Les vieux fourneaux : 1, 2 , 3 partez !


Tome 1 : Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d'enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un œil tourné vers un passé qui fout le camp, l'autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le cœur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu'il n'y a pas d'âge pour commettre un crime passionnel.


Tome 2 : Bonny and Pierrot

Déjà le deuxième tome des Vieux Fourneaux ! Lupano et Cauuet décrivent avec toujours autant de drôlerie la chute libre de notre société. Restent Mimile, Antoine, Pierrot et ses anars malvoyants pour redresser la barre. Un versement inattendu de la « finance carnassière » arrive à point nommé, mais réveille également de douloureux souvenirs pour Pierrot. Sa muse libertaire, Ann Bonny, réapparaît... Wilfrid Lupano et Paul Cauuet persistent et signent des scènes et dialogues savoureux qui resteront dans les mémoires !


Tome 3 : Celui qui part 

Après deux albums en 2014, voici le troisième tome, très attendu, des Vieux Fourneaux ! Lupano et Cauuet se penchent cette fois sur le cas de Mimile, qui a passé sa vie à bourlinguer dans le Pacifique, entre bourre-pifs, rugby et amitiés au long court. Pirate un jour, pirate toujours ! En parallèle : Pierrot et son collectif Ni Yeux Ni Maître jouent les abeilles tueuses, et Sophie apprend qu'à la campagne, on ne prend pas ses œufs de poule chez les vieilles chouettes. Bref, les « vieux fourneaux » sont de retour, pétant la forme ! 


 Mon avis :

 J'ai lu les Tome 1 et tome 2 il y a quelques temps déjà, j'ai lors de l'emprunt du tome 3 (la semaine dernière) tout relu depuis le début et pour mon plus grand plaisir !

Ces trois vieux nous sont éminemment sympathiques et on suit leurs aventures avec joie. Il faut dire qu'ils ont eu une vie bien remplie ces trois amis. 

De l'amour, de l'amitié, du travail,  de l'engagement et des mensonges aussi...

Les trois tomes sont à chaque fois plus centrés sur un de nos trois papys : Antoine dans le premier, Pierrot dans le deuxième et Mimile dans le troisième. 



Savoir ce que nous réserve le tome 4 ? ! Sophie à l'honneur ?

  

Mais l'histoire nous donne l'occasion de bien d'autres personnages secondaires, et on voyage dans le temps avec des flashbacks récurrents, là où le passé peut expliquer le présent...




Les femmes sont bien présentes et Sophie la petite fille d'Antoine est le lien fort qui les unit. C'est Lucette la femme d'Antoine qui les a réunit à nouveau quand elle a quitté la grande scène de la vie !

Ce que j'ai aimé dans les trois c'est cet humour omniprésent. Le coup de " l'attentat gériatrique " m'a fait mourir de rire  ! (et d'autres scènes !!!)



C'est aussi cette amitié qui unie les trois vieux mais aussi et surtout leurs formidables regards sur la société actuelle !



Sans compter sur Sophie et son fort caractère ! Un régal :-)



Le dessin est parfait  et colle parfaitement à l'histoire. 



Les planches sont de couleurs différentes selon la période évoquée, on navigue facilement dans le temps ainsi. 


Les personnages sont à la limite de la caricature mais finalement très réalistes.  




J'ai tout aimé dans ces trois BD ! 

Et l'histoire se déroule de tome en tome en nous donnant envie d'en savoir encore plus.  Je ne manquerais pas le prochain !!!! 



Je vous invite à faire la connaissance avec ces trois papys pas piqués des verts
et de Sophie aussi  !


 Pour le rire et le meilleur !





dimanche 31 janvier 2016

13 à table ! Je remets le couvert pour 2016


Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris cette année encore leur plus belle plume pour vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d'un thème : frère et soeur.

Ceux qui s'aiment, ceux qui se détestent...
Souvenirs d'enfance, vie commune, haine larvée ou avouée, à chacun sa recette.

Douze fratries à découvrir sans modération.

Françoise Bourdin – Michel Bussi – Maxime Chattam – Stéphane De Groodt –
François d'Epenoux – Karine Giébel – Douglas Kennedy – Alexandra Lapierre –
Agnès Ledig – Nadine Monfils – Romain Puértolas – Bernard Werber

Mon avis : 

Trouvant l'idée bonne et généreuse, j'ai renouvelé mon modeste soutien par l'achat de ce livre pour cette année 2016. 

L'année dernière c'était là : Mon billet

Je m'attable avec les écrivains de ce recueil de nouvelles.  La thématique est la fraternité.

Pour "cent balles" t'as plus rien et c'est Françoise Bourdin qui s'installe avec un convive dans le souci.

Michel Bussi  lui s'empare avec succès de la chute de sa nouvelle "La seconde morte", et des ses deux sœurs si différentes.

Maxime Chattam nous propose un drôle de plat... Si drôle est le terme adapté  ... Des soucis avec la nourriture cher Maxime ? "Ceci est mon corps,  ceci est mon pêché".

Stéphane De Groodt mène tambour battant la discussion dans des jeux de langues mêlés au cinéma. Il faut être attentif pour suivre ! Les frères Coen ne s'en remettraient pas.

On invoque les souvenirs avec la main sur le cœur de François d'Epenoux.

Karine Giebel arrive, ça casse l'ambiance ... Mais c'est pour nous mettre en garde, pauvre Aleyna

Douglas Kennedy prends place et nous dit : "Tu peux tout me dire ". Moi je sais bien que ce n'est pas une bonne idée... 

Le fils unique d'Alexandra Lapierre arrive ... Mais voilà qu'il ne se trouve pas si seul que ça...

Karen l'amie d'Agnès Ledig, s'installe à la table et c'est l'amitié comme une famille qui marque sa présence.  Et moi aussi.  

Nadine Monfils conserve ses invitées, dont l'une porte une Robe Bleue.

Le premier Rom sur la Lune s'est invité au festin des argentés qui l'ignorent. Les rêves sont parfois plus doux que la réalité n'est ce pas Monsieur Puértolas.

Deux hommes s’installent l'un en face de l'autre, les convives croient avoir la berlue... Ils voient double.  Des jumeaux trop jumeaux ? Non pas possible ! Si c'est vrai Bernard Werber.

Vous l'aurez compris ce recueil de nouvelles 
fût pour moi de véritables mises en bouche.
 Pour les auteurs que je connais, j'ai retrouvé leurs plumes 
et pour ceux que je ne connais pas ils m'ont mis en appétit !

1 livre acheté = 4 repas distribués ! L'année dernière c'était 3 repas !
Il faut persévérez et faire une bonne action, même modeste.
Lisez le !
 Achetez le !
 Offrez le !

Je compte sur vous !



et un joli clip ♥ d'un poème mis à l'honneur ici même ! 

Liberté !





samedi 23 janvier 2016

Gloire tardive d'Arthur Schnitzler

Edouard Saxberger, un vieux fonctionnaire confit dans une vie de routine, trouve un soir en rentrant chez lui un jeune homme qui l’attend. Il se dit poète et prétend avoir déniché un vieux livre écrit par Saxberger des décennies auparavant. Il brûlait d’envie de faire la connaissance de celui qu’il considère comme un Maître.

Saxberger, qui a presque oublié qu’il a un peu écrit dans sa lointaine jeunesse, est surpris, puis amusé. Et même flatté quand le jeune homme l’invite à le rejoindre un soir dans un des Kaffeehäuser de Vienne où se réunissent régulièrement ses amis, un cercle de jeunes poètes qui porte le joli nom de Begeisterung (Enthousiasme). Le vieux monsieur est accueilli avec respect et admiration et ne peut bientôt plus se passer de cette ambiance. A ses risques et périls.

Ce retour de jeunesse chez un vieillard n’est pas sans rappeler La Mort à Venise de Thomas Mann. Schnitzler analyse avec finesse et indulgence la tentation dangereuse de rajeunir, et son trop prévisible échec. Et il épingle au passage un milieu littéraire (intemporel ?) où règnent de jeunes ambitieux sans grand talent, mais fort habiles à assurer ce que nous appellerions aujourd’hui leur communication.



Ce livre je l'ai reçu dans le cadre d'un partenariat particulier proposé par Babelio. Merci à eux et tout particulièrement à Pierre Krause. 

Je remercie également les Éditions Albin Michel.

J'ai reçu l'exemplaire des épreuves non corrigées, ce qui m'a surpris sur le coup. mais outre la couverture avec ce bandeau "Épreuves non corrigées" et  sans la photo de l'auteur comme prévu pour la version finale, le livre est de très belle facture : beau papier très doux agréable au toucher, une agréable police de caractère.

Il y aura peut être quelques retouches mais je n'ai pas vu ni lu des coquilles... En même temps je ne suis pas experte en orthographe...  

Je ne connaissais pas cet auteur, même de nom, je l'avoue, mais sa présentation m'a donnée envie de le découvrir par l'intermédiaire de ce partenariat particulier et à travers ce roman édité à titre posthume. 


L'histoire de ce récit nous est relaté dans une postface de 13 pages. Celle-ci mets en lumière ce texte et nous fait comprendre que cette nouvelle est somme toute assez autobiographique. 

Cette nouvelle rentre en résonance avec la vie d'Arthur Shnitzler et le milieu artistique de l'époque.  

J'ai apprécié de voir le processus qui a conduit à ressortir des écrits de cet auteur. Une histoire à travers la grande histoire. La volonté de certains hommes et femmes à préserver des œuvres d'art (littéraire ou autre)  au péril de leur vie est pour moi quelque chose de vraiment admirable.

Cette nouvelle, c'est l'histoire de ce vieux monsieur qui sort de son train train quotidien par l'attrait d'un jeune homme pour un recueil de poésies qu'il a écrit bien des années avant. 

Le jeune homme lui vante les mérites de son recueil de poésie. Et oui il y a fort longtemps Monsieur Saxberger était poète... Meier le jeune artiste va alors l'entraîner et le faire rentrer dans un cercle d'artistes beaucoup plus jeunes en quête de notoriété et surtout de créations.

En quête de gloire, ces soit disant artistes vont réveiller en ce vieux monsieur des envies de gloire tardive. 

On plonge alors dans les pensées de ce vieux monsieur, qui aura envie de ressentir l'admiration de ses lecteurs et de profiter d'une gloire tardive.

Hélas le vieux monsieur est aussi solliciter par le cercle d'artistes pour créer à nouveau... Et s'est là, que la chute sera rude ...


Création et gloire sont deux choses si capricieuses... Elles ne se décrètent pas !


La prise de conscience sera bien dure et la chute inévitable.... (même si au fond ce n'est pas de bien haut que Saxberger tombera...)

L'écriture de Shnitzler me parait classique, reflétant une époque et un style de vie. Nette et sans bavures. 

Si ce vieux poètes m'a intéressé, ce récit ne m'a pas trop touchée.... D'autres romans de l'auteur me plairait peut être davantage... Mais pour l'instant je vais m'en tenir là.


" Mieux vaut tard que jamais " dit-on 
là, le "jamais" aurait peut être été plus doux pour cet homme
qui n'aurait pas quitter "la sourde et molle quiétude d'antan."


tous les livres sur Babelio.com


mercredi 20 janvier 2016

La Terre qui penche de Carole Martinez

Matchs de la Rentrée Littéraire

Félicitations,

vous avez été sélectionné(e) pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister-Rakuten. 
Afin de poursuivre cette aventure et peut-être remporter une smartbox bien-être pour deux personnes, n'oubliez pas de publier votre critique du livre La Terre qui penche de Carole Martinez sur votre blog en mentionnant les mots-clés de l'opération : #MRL15 #PriceMinister.

Vous avez jusqu'au 24 janvier 2016 pour publier votre création.

Enfin afin de valider votre candidature, merci de remplir le formulaire en cliquant sur ce lien : http://sgiz.mobi/s3/MRL15-Phase-2

Merci encore pour votre participation.
Bonne journée et bonne chance,


Cordialement,
Léa de PriceMinister-Rakuten 

Plus d'informations sur notre blog : http://bit.ly/MRL15
  
Ah les matchs littéraires de la rentrée chez Price Minister !!!! 

Toujours une joie immense d'y participer . 




2013 La lettre à Helga de BERGSVEINN Birgisson 


Cette année cette opération était parrainée par des blogueuses et blogueurs que j'aime beaucoup et le choix n'a pas été aisé car ces blogueurs savent déclencher chez moi l'envie de lire absolument tous les livres conseillés ! 

Regardez moi cette dream team !

Anne : La bibliothèque de Noukette

Leiloona : Bricàbook

 Stéphie : Mille et une frasques 

Jérome : D’une berge à l’autre

 et Gilles – L’expert Littérature chez PriceMinister

 


Finalement ce sont les conseils de Leiloona qui m'ont attirés et puis surtout une auteure qui m'a déjà conquise par le passé (voir mes billets sur Le cœur cousu et Le domaine des Murmures clic ) ! 

J'ai choisi : La terre qui penche de Carole Martinez



Mon avis :

Carole Martinez sait me parler et me raconter. Je suis définitivement fan de son univers de papier et de son écriture faisant la part belle à l'oral.

La terre qui penche nous conte l'histoire d'une jeune fille, elle s'appelle Blanche. 

C'est une histoire à deux voix, même si au fond il s'agit de la même voix ; celle de la petite fille et celle de la vieille âme.

Toutes deux nous racontent leur histoire, ou peut être devrais-je dire, leurs histoires...

Tout ceci à travers le prisme d'un présent vécu et de souvenirs engrangés et ressentis.

"L'éclat de sa chevelure, le parfum de sa chair en sueur, sa maigreur pale ressurgissent quand tu causes, mon enfance, ou quand, pur esprit, je me promène sur les berges de la Loue. Cette scène est comme une barque amarrée à la grève, elle est accrochée là, sous le soleil, pour l’éternité" au fond de ma mémoire. Fidèle et toujours prête à m’embarquer. Je sais que si nous comparons ton présent et mon passé, cette image à sans doute été déformée. Mais est-ce vraiment le temps qui altère les souvenirs ? Peut-être que cette vision, tellement nette, s'est modelée en mythe au moment même où tu l'as fixées, petite fille." 

Carole Martinez sait tout à fait m'embarquer dans ses histoires comme on entre dans des contes immémoriaux. Elle puise son inspiration dans le passé et dans le présent et elle nous dresse à nouveau (et pour mon plus grand plaisir) le portrait d'une femme.

"Carole Martinez ajoute un nouveau chapitre à sa légende des femmes à travers les siècles. " Source Que lire ? Septembre 2015
On tremble pour cette jeune fille que l'on sent malmenée par un courant dangereux.

On réapprivoise un lieu, celui que l'on avait entre aperçu dans le Domaine des murmures. Ce domaine des murmures et cette terre qui penche au dessus de la Loue. 

L'amour et la mort s'appliquent à malmener la vie. 

J'ai aimé être conduite à la frontière du réel. J'ai aimé aborder ces frontières spongieuses entre réel et rêves.

J'ai aimé les personnifications animales et celles des éléments. 

Le cheval Bouc et la rivière la Loue. 

" Deux fois, j'ai été a tes côtés pour sortir de ces bois, deux fois j'aurais pu choisir le monde sauvage mais j'ai préféré t'accompagner jusqu'ici. Tu n'es responsable de rien. Je t'ai adoptée, Blanche, je t'ai aimée petite, dure et butée, prête à tout réinventer, prête à tous les mensonges pour survivre. Je t'aurais suivi en enfer. J'ai été ton père cheval. Tu as grandi, Blanche, mais je serais toujours là sous tes pieds, je serais la terre qui te porte, je serai la couleur des champs, je serai les labours. Tu peux m'appeler Terre. Ne viens pas demain. " 

J'ai aimé les amours de Blanche, Aymon, Bouc et Eloi.

Tenue en haleine j'ai crains le pire pour ma petite héroïne si menue et frêle. Et puis ce pire on me l'avait bien annoncé sur la quatrième de couverture !!!!!

Le style si particulier de Carole Martinez me sied à merveille. Sans être tout à fait historique, l'auteure  utilise certains éléments d'histoire qu'elle distille à sa manière et qu'elle remanie avec talent.   

La tradition orale du conte et celle des chanson populaire sont mises en avant. 

Carole Martinez est une conteuse, une vraie brodeuse d'histoire, une poétesse. 

La transmission orale à une place importante selon elle. Et si ici le texte se prête moins (selon moi) à la lecture à haute voix (comme l'était "Le Domaine des Murmures") les chansons qui parsèment ce récit sont autant de petites histoires à raconter en chantant.

Je suis émerveillée et sous le charme de cette intemporalité de la vie que Carole Martinez nous offre dans cette histoire. Une lecture que je classe déjà dans mes meilleurs souvenirs !
 

Es-tu morte petite Blanche ? 
Chut ne le dit pas !
Laisse nous rêver... 
Raconte le nous à travers tes voix.




"Si tu es une vieille âme dans ta tombe 
c'est que tu as vraiment vieilli petite fille. "