Film afghan de Atiq Rahimi (2013 - 1h42min - V.O.S.T.)
avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, Hassina Burgan...
Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu’à ce qu’elle éclate ! SOURCE Le Méliès
Mon avis :
Film coup de cœur de mon cinéma préféré j'ai participé à différents concours organisés sur la blogosphère et j'ai gagné des places de cinéma.
Oui oui je sais j'ai de la chance, je remercie d'ailleurs chaleureusement les deux blogueuses que je lis depuis longtemps et que j'apprécie beaucoup.
Les deux blogs généreux sont :
Merci à elles ainsi qu'à la société Le Pacte !
J'ai vu ce film à Saint-Étienne au Méliès mardi 26 février avec une amie et j'ai offert les deux autres places à mon amie Wal qui a lu le livre et me l'a d'ailleurs gentiment prêté car je compte bien lire cette histoire !
Le film est très beau et pourtant on peut se dire qu'à la base ce n'est pas gagné cinématographiquement parlant ... Parce que oui, mettre un monologue en scène ce n'est quand même pas évident surtout en langue afghane (j'ai vu le film en VO sous titré bien évidemment).
Mais la magie opère par les émotions que dégagent le visage de cette actrice magnifique : Golshifteh Farahani .
Je sais d'ailleurs dans quel film je l'avais vu ... Je n'arrivais pas à me souvenir du titre mais c'est : Just like a woman que j'avais bien aimé ! Il me reste à voir " A propos d'Elly " dans lequel elle joue aussi.
Magie encore par les mots qu'elle dépose là tout contre le corps sans vitalité de son mari, qui devient sa syngué sabour, sa pierre de patience.
Ce monologue est puissant, cette femme magnifiquement femme dans un pays où les us et coutumes ne sont pas propices à la liberté de celles-ci ...
Ce monologue est riche d'enseignement pour les femmes et devrait l'être pour les hommes ... Je mesure tout le bonheur d'être née en France ... Oui vraiment, car même si des inégalités subsistent (au niveau du travail ) on est bien loin de ce terrible constat du diktat masculin qui règne dans ce pays...
Ce film n'est pas ennuyeux un instant, les images sont superbes et pourtant le pays est dévasté par une guerre sans fin... C'est peut être d'ailleurs tout ce contraste entre la guerre des hommes et la beauté des femmes qui nous saisit.
Je vais emprunter quelques mots pris dans mon bulletin de cinéma car je me sens parfois maladroite quand je parle de ce que j'ai énormément aimé :
" Le récit qui a faisait l'objet du roman d'Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, est d'une richesse folle et rend compte de toute la complexité, à travers le destin de cette femme, de la société afghane. Mais le film, remarquablement adapté avec l'aide de Jean-Claude carrière, sait se délivrer de l’œuvre littéraire pour dérouler un langage cinématographique qui joue des ambiguïtés du récit avec une caméra extrêmement mobile, caressant littéralement le corps de la femme, créant un mouvement qui contraste avec l’exiguïté de l'unité de lieu".
Je vais lire le livre désormais et ainsi je pourrais comme revoir mentalement le film. Ce n'est pas souvent que je fais ça dans ce sens, film puis livre c'est plus souvent l'inverse.
Je suis déjà persuadée d'en aimer la lecture.
Bonne séance de cinéma
et/ ou bonne lecture à vous !
" Au cinéma les mots il faut les mettre en corps ""Filmer la parole comme acte, c'est le langage propre au cinéma. Il fallait filmer le corps de cette femme. Le corps , en littérature c'est spirituel ou abstrait. Alors qu'au cinéma le corps est là, le visage est là, le regard est là . Le corps en littérature , il s'agit de le mettre en mots ; c'est affaire de suggestion. Au cinéma, il faut les mettre en corps ; c'est affaire d'incarnation. Si l'écrivain cherche les mots pour nommer les sentiments, il revient au cinéaste de donner corps aux sentiments que suggèrent les mots. Et c'est là, à ce stade de la représentation, qu'entre en jeu le troisième piège : le corps de l'actrice."
Extrait de l'interview de Atiq Rahimi par Philippe Delaroche dans le magazine Lire du mois de février 2013





























