samedi 9 mars 2013

Syngué Sabour - Pierre de patience Atiq Rahimi

 Film afghan de Atiq Rahimi (2013 - 1h42min - V.O.S.T.)

avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, Hassina Burgan...
Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu’à ce qu’elle éclate ! SOURCE Le Méliès

 Mon avis :

Film coup de cœur de mon cinéma préféré j'ai participé à différents concours organisés sur la blogosphère et j'ai gagné des places de cinéma.

Oui oui je sais j'ai de la chance, je remercie d'ailleurs chaleureusement les deux blogueuses que je lis depuis longtemps et que j'apprécie beaucoup.

Les deux  blogs généreux sont  :   


Merci à elles ainsi qu'à la société Le Pacte ! 

J'ai vu ce film à Saint-Étienne au Méliès mardi 26 février avec une amie et j'ai offert les deux autres places à mon amie Wal qui a lu le livre et me l'a d'ailleurs gentiment prêté car je compte bien lire cette histoire ! 

Le film est très beau et pourtant on peut se dire qu'à la base ce n'est pas gagné cinématographiquement parlant ... Parce que oui, mettre un monologue en scène ce n'est quand même pas évident surtout en langue afghane (j'ai vu le film en VO sous titré bien évidemment). 



Mais la magie opère par les émotions que dégagent le visage de cette actrice magnifique : Golshifteh Farahani .

Je sais d'ailleurs dans quel film je l'avais vu ... Je n'arrivais pas à me souvenir du titre mais c'est : Just like a woman que j'avais bien aimé ! Il me reste à voir " A propos d'Elly " dans lequel elle joue aussi.




Magie encore par les mots qu'elle dépose là tout contre le corps sans vitalité de son mari, qui devient sa syngué sabour, sa pierre de patience. 

 




Ce monologue est puissant, cette femme magnifiquement femme dans un pays où les us et coutumes ne sont pas propices à la liberté de celles-ci  ... 

Ce monologue est riche d'enseignement pour les femmes et devrait l'être pour les hommes ...  Je mesure tout le bonheur d'être née en France ... Oui vraiment, car même si des inégalités subsistent (au niveau du travail ) on est bien loin de ce terrible constat du diktat masculin qui règne dans ce pays...




Ce film n'est pas ennuyeux un instant, les images sont superbes et pourtant le pays est dévasté par une guerre sans fin... C'est peut être d'ailleurs tout ce contraste entre la guerre des hommes et la beauté des femmes qui nous saisit. 




Je vais emprunter quelques mots pris dans mon bulletin de cinéma car je me sens parfois maladroite quand je parle de ce que j'ai énormément aimé :

" Le récit qui a faisait l'objet du roman d'Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, est d'une richesse folle et rend compte de toute la complexité, à travers le destin de cette femme, de la société afghane. Mais le film, remarquablement adapté avec l'aide de Jean-Claude carrière, sait se délivrer de l’œuvre littéraire pour dérouler un langage cinématographique qui joue des ambiguïtés du récit avec une caméra extrêmement mobile, caressant littéralement le corps de la femme, créant un mouvement qui contraste avec l’exiguïté de l'unité de lieu".





Je vais lire le livre désormais et ainsi je pourrais comme revoir mentalement le film. Ce n'est pas souvent que je fais ça dans ce sens, film puis livre c'est plus souvent l'inverse. 

Je suis déjà persuadée d'en aimer la lecture.  



Bonne séance de cinéma 
et/ ou bonne lecture  à vous ! 



" Au cinéma les mots il faut les mettre en corps "

"Filmer la parole comme acte, c'est le langage propre au cinéma. Il fallait filmer le corps de cette femme. Le corps , en littérature c'est spirituel ou abstrait. Alors qu'au cinéma le corps est là, le visage est là, le regard est là . Le corps en littérature , il s'agit de le mettre en mots ; c'est affaire de suggestion. Au cinéma, il faut les mettre en corps ; c'est affaire d'incarnation. Si l'écrivain cherche les mots pour nommer les sentiments, il revient au cinéaste de donner corps aux sentiments que suggèrent les mots. Et c'est là, à ce stade de la représentation, qu'entre en jeu le troisième piège : le corps de l'actrice." 
Extrait de l'interview de Atiq Rahimi par Philippe Delaroche dans le magazine Lire du mois de février 2013

samedi 2 mars 2013

Nouvelles d'en bas Bernard Ollivier


Richard, Baba, Jeanne ou Raymond ont un point commun : ils passent le plus clair de leur temps sous terre. Lieu de transit ou de travail, lieu de résidence ou d’asile, le métro est leur monde, avec ses propres règles, ses sourires et ses drames. C’est là, dans les méandres de ses tunnels, que vivent tous ceux qui, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ne croisent plus la lumière du jour. Chômeurs ou maris plaqués, taquineurs de bouteilles, philosophes ou paumés, ils sont le peuple d’en bas, ceux dont le pied a glissé du dernier barreau de l’échelle. Le trente-sixième dessous dont Bernard Ollivier a fait quinze récits, drôles, attachants, tendres et tristes, comme autant de regards sur ceux qu’on ne voit plus.

Mon avis :

Comme je vous le disais lors du billet de ma précédente lecture je suis restée sous terre avec la lecture de ce recueil de nouvelles. 

Ici pas de monde fantastique et de nouvel univers crée par les hommes qui viennent chercher un havre de paix loin de la surface. Non ici c'est la triste réalité, la dure réalité que Bernard Ollivier nous donne à voir.

Vivre en bas c'est le dernier recours pour ses hommes et ses femmes qui n'ont plus de toits. 

Nous sommes avec les SDF qui ont trouvé un toit bien particulier, dans les sous sols parisiens, dans le métro. 

Ces nouvelles sont très très bien écrites et j'ai aimé les portraits de ces hommes et de ces femmes dont la vie a basculé....

Il y a plus de portraits d'hommes que de portraits de femmes dans ce recueil. Est-ce parce que les femmes sont plus épargnées ? Je n'en sais rien...

Les nouvelles sont sans concessions, elles sont brutes, âpres comme peut être la vie de ces Sans Domicile Fixe. 

On se rend compte que la descente aux enfers tient à peu dans un monde économique de plus en plus difficile où l'individualisme et l'argent priment sur beaucoup de choses. Peu de ces protagonistes vont retourner à la surface ... Hélas... 

La vie ne les a pas épargnés et ils s'enfoncent toujours plus chaque jour pour le plus souvent s’enterrer vivant  ...

La vie est rude en bas et les nouvelles sont rarement bonnes ! 

En en tête de ce livre il est indiqué :

" Aux mains tendues que l'on ignore" et je prends toujours de plein fouet ce sentiment d'impuissance qui me submerge quand je croise des mendiants et des SDF...

J'ai aimé ces 15 nouvelles d'en bas et j'ai trois nouvelles qui ont particulièrement retenues mon attention  :

Ciel Bleu qui s'ouvre sur une "remontée" positive
" Quand il déboucha du métro, la lumière le blessa. Il se dirigea à pas lents vers la cabine. Dame ce n'était pas une démarche habituelle qu'il opérait là. Il suivit attentivement les instructions, glissa le rectangle mauve dans la fente , fit le numéro avec application, en ce récitant les chiffres bien inscrits dans sa tête. 
Quand la sonnerie résonna dans l'écouteur, il leva la tête et vit, à travers les branches encore dénudées d'un platane que des bourgeons précoces asticotaient, un ou deux petits nuages qui galopaient dans le bleu du ciel..."

Une main chaude, avec le regard d'un enfant qui s'est égarée dans le métro sur ces personnes d'en bas.

" Elle était fatiguée. Et comme elle circulait dans le wagon elle a vu un monsieur qui dormait sur deux bancs pour lui tout seul. Il avait à côté de lui un sac en plastique et il ronflait. Comme son papa, à Faustine, maman dit que c'est joli, c'est une chanson qu'il chante dans ses rêves. Les places en face et à côté étaient vides, Faustine c'est hissée près de lui. Il y avait une drôle d'odeur, piquante et forte, c'était comme l'odeur que dégageait parfois Constance qui faisait encore pipi dans sa culotte. Faustine a glissé sa main dans la grosse main rouge et chaude qui dépassait des hardes. Quelques secondes plus tard, bien blottie, elle dormait. "
et L'avocat qui met en avant un jeune et son travail bénévole avec les SDF du métro. 

" Notre travail consiste à sortir les clochards du métro. lorsqu'ils s'installent en souterrain, c'est la dégringolade garantie. Ils perdent la notion de froid et de chaud, de jour et de nuit, et il devient pratiquement impossible de les réinsérer."

Merci à Babelio et son opération Masse Critique 

pour cette belle lecture !


tous les livres sur Babelio.com

J'ai dans ma PAL un autre livre de Bernard Ollivier et je me demande bien pourquoi je ne l'ai pas encore lu. Ce livre c'est : Longue marche Tome 1 traverser l'Anatolie. 

Ce livre est dédicacé depuis  la fête du livre de Saint-Étienne en 2009.

vendredi 1 mars 2013

Premier Mars et ça repart !

Mini bonhomme de neige @Didi2013


 MARS

Ah ! que Mars est un joli moi !
C'est le mois des surprises.
Du matin au soir dans les bois,
Tout change avec les brises.
Le ruisseau n'est plus engourdi ;
La terre n'est plus dure ;
Le vent qui souffle du midi
Prépare la verdure.
Le rossignol n'est pas venu
Rempli de douces notes,
Mais déjà sur le hêtre nu
Résonnent les linottes.
Par-dessus la haie en éveil,
Fier de ses fleurs écloses,
On voit le pêcher au soleil
Ouvrir ses bourgeons roses.
Gelée et vent, pluie et soleil,
Alors tout a des charmes ;
Mars a le visage vermeil
Et sourit dans ses larmes.

Alfred de MUSSET


jeudi 28 février 2013

Sublutetia Tome 1 Eric Senabre

 

 
Tome 1: La révolte de Hutan
Éric Senabre
Avant cette sortie de classe, Keren et Nathan ne se connaissaient pas vraiment. Séparés de leur groupe, ils se retrouvent seuls dans le métro. Perdus puis traqués, ils s'enfoncent dans les profondeurs de Paris, au cœur d'un monde qu'ils n'auraient jamais dû découvrir... Un roman pour ceux qui veulent savoir ce qu'il y a sous leurs pieds.


Pour tout savoir sur Sublutetia : http://www.sublutetia.com/blog

Mon avis :

Livre emprunté à la bibliothèque de mon travail (merci Elsa).

Un lecture destinée au public pré-ado et que j'ai appréciée en tant que lectrice adulte (je suis une vraie gosse parfois). 

Véritable livre d'aventures, nous nous retrouvons avec Keren et Nathan presque au centre de la terre, dans un monde crée de toutes pièces, enfin presque toutes, car le métro et toute sa machinerie sont présents dans cette histoire.

Les deux enfants vont très vite être entrainés dans mille aventures au sein de Sublutetia, ce monde parallèle et souterrain où des personnes, et même des singes, de la surface ont décidé de faire leur vie.

Il se trouve que Sublutetia va vivre peut être ses dernières heures, et ils vont alors participer à essayer de sauvegarder ce pays sous terre. Pour Nathan c'est l'unique chance de peut être retrouver son père disparu dans le métro sans donner signe de vie...
L'écriture est facile, le rythme est soutenu et on ne s'ennuie pas ! 

J'ai trouvé les débuts un peu bavards (beaucoup de dialogues entre les deux enfants et les personnages de ce monde ) mais très vite je suis partie dans une spirale dynamique à la vitesse du pneumopolitain (le métro sous le métro qui fonctionne à l'air comprimé).

Alors vont-ils  réussir dans leur entreprise ? Je ne peux pas vous en dire plus, car sinon vous n'auriez pas envie de le découvrir par vous même ! 

Alors plongez sous terre avec Keren et Nathan !

Sublutetia sera une trilogie, l'auteur en parle sur le blog

" Quand j’ai terminé le premier volume de Sublutetia, j’ignorais quelle suite aurait mon travail. Aussi, c’est assez sereinement que j’y ai mis le mot « fin » : j’étais loin de penser que cela deviendrait un vrai livre, chez un vrai éditeur, avec un vrai dessin de couverture, et j’étais prêt à passer à autre chose.
Quand j’ai terminé le deuxième volume, j’étais heureux d’achever un tome 2 que j’estimais plus ambitieux que le premier. Bien sûr, fidèle à ma réputation de névrosé, je me suis imaginé – quelques jours – que je ne trouverai jamais d’idée pour le tome 3. Mais rien de bien grave : je savais que j’allais retrouver Keren et Nathan, là était le principal. C’était, en quelque sorte, une position de confort.
Hier, j’ai achevé l’écriture de ce fameux tome 3. Les idées n’ont finalement pas manqué, mais… ce tome 3 est aussi le dernier de la trilogie. Il n’y aura plus d’autres aventures de Keren et Nathan (et j’ai d’ailleurs fait en sorte de m’ôter toute possibilité de le faire si l’envie m’en prenait). La fin d’un cycle, quand on est lecteur, c’est toujours un petit déchirement ; alors quand on est l’auteur… "

A la fin du tome 1 le lecteur est laissé habilement dans le désir de plus en savoir et de repartir à l'aventure avec ces deux jeunes attachants. De plus l'auteur m'intrigue (voir ci-dessus) quand il parle de la fin de sa trilogie... Comment s’ôter l'envie de continuer ... Je sais ce qu'il me reste à faire emprunter et lire dès que possible les deux autres volumes.



 Bonne lecture à vous, petits et grands !

Aparté : Je suis encore sous terre, dans le métro, avec ma nouvelle lecture. Il s'agit d'un recueil de nouvelles de Bernard Ollivier, " Nouvelles d'en bas " . Je vous en reparle très vite car il s'agit d'un partenariat avec le site Babelio et que j'apprécie beaucoup cette lecture.

dimanche 24 février 2013

Ne regrette rien Benjamin Biolay et OrelSan



@Didi 2013


Des couloirs infinis de glace et de marbre
Un froid qui brûle un froid qui détruit
Le soleil se cabre
Nos pas se suivent dans la neige
Sur la grand’ roue dans les manèges
Ne regrette rien
Tout au long de la vie un œil invisible
Que l’on soit l’aigle ou le colibri on reste la cible
Nos pas se suivent dans la neige
Nos cœurs se taillent
Nos corps se piègent
Ne regrette rien



Mes pas dans la neige 2013


Communément on le recense sous le nom de l’amour
Communément on le ressent mieux la nuit que le jour
Mieux la nuit que le jour


Des couloirs infinis
Peu de feuilles aux arbres
Des flocons tombent au ralenti



@Didi hiver 2012


 Le soleil se sabre
Nos pas se suivent dans la plaine
Lorsque trop loin nos corps se plaignent
Ne regrette rien



Le soleil se sabre @Didi 2012


 Tout au long de la vie
La tournée des lacs
Des bras de mères de quelques taudis
Sont remis à sac
Nos pas se suivront dans la tombe
Viens on s’envole vas-y on tombe
Ne regrette rien



@Didi2011

Communément on le recense sous le nom de l’amour
Communément on le ressent mieux l a nuit que le jour
Mieux la nuit que le jour
Mieux la nuit que le jour


@Didi2010


OrelSan : Est-ce que nos instants d’extase
Laisseront des traces
Ou presque des remords
Une amertume après la fonte des classes
Avec le temps les sentiments les plus profonds s’effacent
On joue nos rôles du mieux possible
Un jour on tombe les masques
Interroge l’avenir son désastre
Peu d’option relations néfastes nos passions trépassent
Si l’amour est dans l’air des classes
Ne regrette pas l’espace
Les vibrations l’excitation
Les nuits d’action
Le ciel est gris
Les anges pleurent
Les nouvelles déceptions
Feront les vieilles rancœurs
La routine les sales manies les mauvaises habitudes prennent de l’ampleur
Le quotidien cohabite mal avec les êtres branleurs
Trop de classe pour un seul coup de maitre chanteur
Les mêmes disputes et je discute avec le sampleur
Ne regrette pas les fresques l’apogée
La beauté du geste
Ne regrette pas l’effort les chasses au trésor
Des couloirs infinis de glace et de marbre
Un froid qui brûle un froid qui détruit
Le soleil se farde
Nos pas se suivent dans la neige
Sur la grand’ roue dans les manèges ne regrette rien
Ne regrette rien ne regrette rien
Ne regrette rien 


@Didi2012


OrelSan : Interroge l’avenir son désastre
Peu d’options relations néfastes relations néfastes
Si l’amour est dans l’air des classes
Ne regrette pas l’espace
Les vibrations l’excitation
Les nuits d’action
Le ciel est gris les anges pleurent
Les nouvelles déceptions feront les vieilles rancœurs
La routine les sales manies Les mauvaises habitudes prennent de l’ampleur
Le quotidien cohabite mal avec mes rêves de branleur
On tombe le masque on va se foutre du maitre chanteur
Les mêmes disputes
Et je discute avec le sampleur
Et je discute avec le sampleur
Et je discute avec le sampleur
Et je discute avec le sampleur .



 

mercredi 20 février 2013

Le Mont-Saint-Michel


Mont St Michel, entre ciel et terre

Au bout d'un long chemin venteux,
Par delà les bocages brumeux,
Sur le trait clair de l'horizon,
Il resplendit de sa lumière,
Comme une étoile en bord de mer.

Le cheval nous menait à ses pierres,
Tirant la charrette derrière lui,
Longeant la sinueuse rivière,
Arrivés, nous étions si petits.

Quittant la baie et ses dangers,
Au pied des murs fortifiés,
La crainte nous avait quitté,
Nous étions en sécurité,
Nous voilà enfin sur le rocher,
Que les siècles ont immortalisé.

Il y a mille ans de cela,
L'archange commanda de sa voix,
Une chapelle que l'homme fera,
Car pour la grandeur des cieux,
Paix et sagesse vivent en ces lieux.

Le maçon ainsi commandé,
Façonna cette île déchirée
Par les vents et les marées
Pour devenir à tout jamais,
Un symbole et joyaux de beauté.

Frédéric Reszel

dimanche 17 février 2013

Le voile noir Anny Duperey

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J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents - de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre. Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n'ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance. C'est impardonnable.
Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. J'avais depuis des années l'envie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie d'écrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées l'une l'autre.
Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. J'ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort - il ne me reste rien d'avant, d'eux, que ces images en noir et blanc. A.D.

Mon avis : 

Un livre très introspectif, un livre où l'auteur essaye de repartir à la recherche du souvenir de ses parents. 


Ce livre est très intime, très noir aussi... Le voile noir s'étend sur les souvenirs d'Anny Duperey qui tente de le souvenir de ses parents. 

Une cassure, une perte de racine, un lourd poids insupportable. 

Et surtout ce voile noir qui a enlevé tous ses souvenirs comme pour se préserver de tant de douleurs. 



J'ai déjà lu Anny Duperey avec des romans comme : "Une soirée " et " Allons voir plus loin veux-tu ". Bien avant mon blog donc difficile d'en parler même si j'en garde un bon souvenir.

J'aurais pu la rencontrer lors d'une fête du livre à Saint-Etienne, mais je n'ai pu le faire elle en était la marraine et souvent invitée aux différentes conférences.

A l'époque je ne savais pas que cette femme avait vécu ce drame, maintenant que je le sais et bien mon regard est un peu différent. 

C'est une femme si solaire et si gaie.



Du moins dans ce qu'elle donne en tant qu'actrice et l'image dans la série "Une famille formidable" est bien loin de cette terrible blessure qu'elle porte en elle.



Les photos de son père sont très belles, empruntent d'une tristesse nostalgique. Elles semblent  comme présager de ce grand malheur, c'est étonnant...
Mais, elles sont aussi d'une si belle luminosité et de joie de vivre, dans l'avant ...


 
Des moments drôles



Anny Duperey enfant avant le drame

J'ai acheté " Le voile noir" dans les bacs d'occasions de la librairie Gibert Joseph qui a malheureusement  fermé ses portes... Coût : 1.50 euros c'est un vrai cadeau... 

Il me reste des livres de cette auteure amoureuse des chats et des poules aussi.

 


Mango a parlé également cette semaine de ce livre : ICI
et Keisha du blog En lisant en voyageant nous parle du livre Le poil et le plume et c'est là


Un extrait :

A la suite de plusieurs rêve, Anny Duperey essaye de l'interpréter ou du moins d'en retirer quelque chose 
"Je ne ferai donc pas de suppositions trop hasardeuses quant à ce que peuvent signifier ces deux-là (elle parle de deux de ses rêves qu'elle a retenu).

J'en retiens simplement que je gratte, que je creuse, que je tends vers les racines ainsi que le fais dans ce livre. Et ô miracle s'il pouvait advenir que de tout ce travail qu'au bout de cette recherche dans le noir de ma mémoire - comme de ce labour d'un terre sèche et morte au fond d'une cave - naisse en moi une force neuve et vivante, comme les fleurs de mes rêves. "


Bonne lecture à vous,
 accompagnés de belles photos en noir et blanc !