Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l’origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ?
Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu’elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huis-clos :
«Ma faim qui d’aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale.»Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien ? SOURCE ÉDITIONS DIALOGUES
Livre voyageur de Noukette du blog "Dans la bibliothèque de Noukette"
Mon avis :
Une lecture très émouvante, un livre sur l'essentiel, celui qui nous reste quand le superflu n'est plus possible.
Une histoire avec une bonne part de mystère, que s'est-il passé ??? (un peu comme dans "La route" de Cormac Mac Carthy ). Mais finalement on ne s'en intéresse pas plus que cela, par contre l'on s'inquiète fortement en suivant cette mère et son enfant isolés dans la maison familiale.
La narratrice est la mère, la petite fille ne prend pas la parole dans ce livre elle est "la petite", celle de toutes les intentions, de toutes les précautions. L'enfant à protéger quoi qui l'en coûte.
Les chapitres sont en fait de très courts paragraphes qui s'enchaînent comme si l'on se trouvaient dans les pensées de cette femme, cette mère.
Devant cette catastrophe il y a comme un retour à l'essentiel, se nourrir, se laver, se vêtir, se chauffer. Mais aussi lire et écrire, véritable espace de liberté et aussi se souvenir, l'espace du rêve quand l'avenir est bouché.
" Les livres rescapés la nourrissent et l'enivrent. Quand elle n'a plus envie d'écrire, elle a encore faim de lire. Alors, elle lit passionnément, elle lit goulûment, jusqu'à l'épuisement. Et sa troupe de spectres familiers ne la quitte pas même dans le sommeil.Dans les ténèbres de ses rêves, elle tombe amoureuse d'un lutteur rencontré dans un hôtel du New Hampshire, puis d'un privé du Montana, qu'elle quitte après un dernier baiser. Passagère du vent, elle décide ensuite de rallier l'Europe. Après une douce ballade de la mer salée, elle fait une escale idéalement épicurienne dans les bras d'un crétois qui la traite de souris papivore."
Quelle belle lecture, j'en ai aimé le style, la cadence, la poésie, la nostalgie, la longueur et le parti pris final.
Une lecture qui fait honneur aux mamans dont c'est la fête aujourd'hui et à qui je souhaite ne jamais se trouver dans cette terrible situation...
Bonne fête ma maman ! (petit message personnel)
Un lecture "éclair" comme une étoile filante, comme la vie qui s'enfuit parfois bien trop vite ...
Merci beaucoup Noukette pour ce très beau livre voyageur, il est prêt pour un nouveau voyage !
" Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé,
dans la solitude morne de votre chambre,
vous vous réveillez l'ivresse déjà dissimulée ou disparue,
demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle,
demandez quelle heure il est ;
et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau l'horloge, vous répondront :
"Il est l'heure de s’enivrer ! "
Charles Baudelaire





























